Les chiffres du PIB au Canada : Ce que les emprunteurs devraient savoir
Le produit intérieur brut (PIB) du Canada a progressé à un rythme annualisé de 3,3 % au deuxième trimestre de 2026, sa plus forte croissance trimestrielle en plus de 3 ans, puis a calé en juillet. Statistique Canada a indiqué le 29 septembre que le PIB réel était demeuré inchangé en juillet, et son estimation avancée laisse entrevoir une croissance de 0,2 % en août. L’organisme a aussi révisé le premier trimestre à la hausse, ce qui clôt le débat sur une récession technique soulevé en mai. Voici ce que ces données signifient pour les emprunteurs, en date du 6 octobre 2026.
Les grandes lignes
- L’économie canadienne a progressé de 3,3 % en rythme annualisé au deuxième trimestre de 2026, puis a calé en juillet, et elle a évité une récession technique.
- Le Canada a affiché son plus important excédent du compte courant depuis 2005, et les investisseurs étrangers ont acheté un montant record d’obligations du gouvernement du Canada.
- Une forte croissance n’a pas fait monter directement les taux : la Banque du Canada a laissé son taux directeur inchangé le 2 septembre, mais les rendements obligataires ont grimpé et poussé les taux fixes à la hausse.
Meilleurs taux hypothécaires
Les derniers chiffres du PIB au Canada
Le produit intérieur brut (PIB) mesure l’activité économique du Canada à partir de la valeur totale des biens et services produits au pays au cours d’une période donnée. En divisant le PIB total par la population, on obtient le PIB par habitant.
Suivi dans le temps, le PIB indique si l’économie est en croissance ou en contraction. Un PIB en hausse est un signe de bonne santé économique, tandis qu’un PIB en baisse indique que l’économie ne fonctionne pas à pleine capacité et qu’elle pourrait ralentir.
Selon Statistique Canada, le PIB réel a progressé de 0,8 % au deuxième trimestre de 2026, soit un rythme annualisé de 3,3 %. Il s’agit de la plus forte croissance trimestrielle en plus de 3 ans, nettement au-dessus des quelque 2,5 % que la Banque du Canada avait projetés pour le trimestre dans son Rapport sur la politique monétaire de juillet. La publication du 29 septembre de l’organisme a ensuite montré un PIB réel inchangé en juillet, de sorte que le deuxième trimestre apparaît désormais comme une poussée suivie d’une pause.
Mesurée par industrie plutôt que par les dépenses, la production a augmenté de 0,9 %, 17 des 20 secteurs industriels étant en expansion. La demande intérieure finale, qui regroupe les dépenses des ménages, des entreprises et des administrations publiques sans les fluctuations du commerce et des stocks, a progressé de 3,9 % en rythme annualisé après un léger recul au premier trimestre.
Pour un emprunteur, le chiffre compte moins que ce qu’il indique à la Banque du Canada. Un trimestre aussi vigoureux a éliminé tout argument voulant que l’économie ait besoin d’argent moins cher, ce qui explique pourquoi le marché obligataire anticipe plutôt une hausse de taux qu’une baisse cet automne.
Ce qui a porté la croissance du deuxième trimestre
Les exportations en tête, grâce au rebond automobile
Les exportations ont progressé de 3,6 %, leur plus forte hausse trimestrielle depuis le premier trimestre de 2023. Les expéditions de voitures et de camions légers ont bondi de 27 %, après la pénurie de semi-conducteurs qui a paralysé les usines canadiennes à la fin de 2025 et les arrêts de production prolongés du début de 2026. Les exportations de produits métalliques intermédiaires, de produits énergétiques et de machines et d’équipement industriels ont aussi contribué à la hausse.
Les importations n’ont augmenté que de 0,3 %. Comme les exportations ont largement devancé les importations, le commerce net a contribué à lui seul environ 4,4 points de pourcentage à la croissance annualisée. C’est la nuance la plus importante du rapport : le rattrapage automobile est ponctuel et ne se répétera pas.
Les dépenses des entreprises en immobilisations repartent après 5 trimestres de recul
Les dépenses en immobilisations des entreprises ont progressé de 2,3 %, mettant fin à 5 baisses trimestrielles consécutives. Les dépenses en machines et en matériel ont atteint leur plus haut niveau depuis le deuxième trimestre de 2024, et les dépenses en ordinateurs et en périphériques ont bondi de 16,7 %, surtout en raison des importations de processeurs destinés aux centres de données. Les entreprises ont aussi dépensé davantage pour des camions moyens et lourds et pour du matériel de communication, audio et vidéo, tandis que les dépenses en ouvrages d’ingénierie ont rebondi après 2 baisses trimestrielles.
Cette ligne compte davantage que sa taille ne le laisse croire. Les dépenses des entreprises sont la composante la plus sensible à l’incertitude, puisque les entreprises reportent leurs achats d’équipement lorsqu’elles ne peuvent pas anticiper les règles commerciales. Un redressement ici indique que les entreprises canadiennes avaient commencé à composer avec l’incertitude tarifaire plutôt que de se figer. Il laisse aussi penser que l’économie n’avait pas besoin d’être secourue par des taux plus bas.
Les ménages continuent de dépenser et épargnent un peu plus
Les dépenses de consommation finale des ménages ont augmenté de 0,8 % au trimestre, soit 3,3 % en rythme annualisé, portées par les fonds communs de placement et autres services de placement, les véhicules de tourisme et le loyer. Les dépenses en services ont devancé celles en biens. Les ménages ont acheté moins d’essence et moins d’aliments, vraisemblablement en réaction aux prix plus élevés à la pompe et à l’épicerie.
Le taux d’épargne des ménages est passé de 3,3 % à 3,7 %, aidé en partie par un versement ponctuel du crédit pour la TPS et la TVH en juin, lors de la transition vers l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels (ACEBE). La rémunération des salariés a progressé de 1,5 %. En contrepartie, les entreprises ont réduit leurs stocks de 17 milliards de dollars après les avoir accrus de 10 milliards de dollars au premier trimestre.
Des ménages qui dépensent régulièrement tout en épargnant un peu plus, c’est le portrait d’une économie qui absorbe des coûts d’emprunt élevés sans fléchir. C’est en bonne partie pourquoi la Banque du Canada a pu maintenir son taux directeur lors de 7 décisions consécutives.
Le plus important excédent du compte courant depuis 2005
La veille de la publication du PIB, Statistique Canada a annoncé que le compte courant du Canada était passé d’un déficit révisé de 8,3 milliards de dollars au premier trimestre à un excédent de 8,8 milliards de dollars au deuxième. Il s’agit du premier excédent depuis le deuxième trimestre de 2022 et du plus important depuis le quatrième trimestre de 2005, nettement au-delà des prévisions.
Le compte courant mesure si le Canada a gagné davantage du reste du monde qu’il n’a dépensé. Le renversement vient des biens : la balance commerciale des biens est passée d’un déficit de 6,4 milliards de dollars à un excédent de 12,2 milliards de dollars, le plus élevé depuis le troisième trimestre de 2008. Les exportations de biens ont bondi de 13,1 % pour atteindre 232,1 milliards de dollars, dépassant le record précédent de 209 milliards de dollars établi au premier trimestre de 2025. Les produits énergétiques ont mené la hausse, en progression de 27,4 %, alors que les prix mondiaux du pétrole grimpaient, le pétrole brut et le bitume atteignant un sommet record de 44,8 milliards de dollars. Ce chiffre mesure la valeur des exportations, alors que les comptes du PIB mesurent leur volume, ce qui explique pourquoi les véhicules automobiles dominent dans une publication et l’énergie dans l’autre.
Pourquoi le compte courant touche votre hypothèque
Le compte courant est la publication que les médias hypothécaires ignorent le plus souvent, et c’est celle qui se rattache le plus directement à ce que vous paierez pour un taux fixe.
Les taux hypothécaires fixes au Canada sont établis à partir des rendements des obligations du gouvernement du Canada. Ces rendements baissent quand les investisseurs veulent acheter ces obligations et montent quand ils s’en détournent. Au deuxième trimestre, les investisseurs étrangers ont acheté un montant record de 80,8 milliards de dollars d’obligations du gouvernement du Canada, et l’investissement direct étranger est passé de 18,8 à 25,9 milliards de dollars. Un pays qui affiche un excédent du compte courant et une demande étrangère record pour sa dette publique voit ses coûts d’emprunt reposer sur des assises solides.
Ce soutien explique pourquoi les taux fixes canadiens ont dérivé plutôt que bondi pendant une bonne partie de l’année, même si les rendements américains ont grimpé. Il n’a pas empêché leur hausse en septembre. Le rendement de l’obligation du gouvernement du Canada à 5 ans a atteint un sommet de 52 semaines près de 3,73 % le 28 septembre, sous l’effet d’un repli généralisé des marchés obligataires. Les prêteurs ont relevé leurs taux fixes d’environ 10 à 20 points de base. La forte demande étrangère a ralenti la montée sans pouvoir l’inverser, de sorte qu’une personne qui magasine un taux fixe de 5 ans aujourd’hui paie plus cher que celle qui le faisait au printemps.
Le Canada était-il en récession en 2026?
Le Canada n’était pas en récession. Statistique Canada a révisé la croissance du premier trimestre, d’un recul annualisé de 0,1 % à un gain annualisé de 0,3 %. Cette révision élimine la deuxième des 2 baisses trimestrielles consécutives qui avaient alimenté les craintes de récession à la publication des chiffres du premier trimestre en mai, et une récession technique se définit généralement par 2 trimestres consécutifs de contraction. La Banque du Canada n’avait jamais employé le mot récession, décrivant plutôt une économie faible et en situation d’offre excédentaire.
Pour les emprunteurs, l’étiquette compte moins qu’il n’y paraît. Une récession n’aurait pas donné de baisse de taux à elle seule, et son absence ne donne pas de hausse. Ce que la révision change, c’est le point de départ : le Canada a abordé cette escalade commerciale en meilleure posture que ne le laissaient croire les données du printemps. La Banque du Canada dispose ainsi de plus de marge pour attendre et de moins de raisons d’agir rapidement dans un sens ou dans l’autre.
Le PIB est resté inchangé en juillet, et l’estimation d’août laisse entrevoir 0,2 %
Le PIB réel du Canada est demeuré inchangé en juillet, après une progression de juin que Statistique Canada a révisée à 0,4 %, contre 0,3 % auparavant. La production dépassait de 1,4 % son niveau d’il y a un an. Les industries productrices de biens et de services sont demeurées stables, et la répartition sous ce chiffre global était inégale.
La construction a progressé de 1,3 %, une quatrième hausse mensuelle consécutive, et les services publics de 1,7 % sous l’effet de la demande d’électricité en période de chaleur. Ces gains ont été contrebalancés par un recul de 0,9 % de la fabrication, le premier en 4 mois. Services économiques RBC l’attribue en bonne partie à une chute de 5,7 % des produits du pétrole et du charbon après un arrêt imprévu dans une raffinerie du sud-ouest de l’Ontario. L’extraction minière, l’extraction de pétrole et de gaz et l’exploitation en carrière ont reculé de 0,5 %, le commerce de gros de 0,4 % et le commerce de détail de 1,0 %.
L’estimation avancée de Statistique Canada laisse entrevoir un gain de 0,2 % en août, avec des hausses dans l’extraction minière et le commerce de détail et un recul dans l’extraction de pétrole et de gaz. Les estimations avancées sont préliminaires et susceptibles d’être révisées, et l’organisme publiera le chiffre officiel d’août le 30 octobre 2026. L’estimation de Services économiques RBC pour la croissance du troisième trimestre se situait à 1,8 % en rythme annualisé avant les données de juillet, et un mois de juillet stable fait peser un risque à la baisse sur cette estimation.
Cette lecture stable de juillet est la donnée la plus prospective du rapport, et c’est elle qui explique pourquoi un trimestre vigoureux n’a pas modifié les perspectives de taux. La vigueur du deuxième trimestre décrit une période qui s’est terminée en juin, avant l’entrée en vigueur des droits de douane américains le 22 août. Services économiques CIBC note que les données de juillet précèdent en grande partie l’escalade tarifaire, de sorte que les rapports sur l’emploi et l’inflation attendus en octobre pèseront plus lourd dans la décision de la Banque du Canada du 28 octobre. Dans un discours prononcé le 21 septembre, la Banque a indiqué que si les nouveaux droits de douane demeurent en vigueur, la croissance du quatrième trimestre pourrait être réduite environ de moitié, sous 1 %.
L’activité immobilière et de l’habitation a repris, puis fait une pause
L’investissement résidentiel a progressé de 2,5 % au deuxième trimestre, après s’être contracté lors des 2 trimestres précédents. Statistique Canada attribue ce gain au réchauffement du marché de la revente, avec des frais de transfert de propriété plus élevés en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique, ainsi qu’à la construction de nouveaux immeubles à logements, menée par la Colombie-Britannique.
Les frais de transfert de propriété méritent qu’on s’y attarde, car c’est la ligne des comptes nationaux qui réagit le plus directement au volume de reventes. Ils regroupent les droits de mutation, les frais juridiques, les commissions immobilières et les frais d’inspection. Ils augmentent donc quand plus de propriétés changent de mains, et non quand les prix montent. C’est un signal de volume, pas de prix.
L’élan a ensuite fait une pause. L’Association canadienne de l’immeuble (ACI) rapporte que les ventes nationales de propriétés ont reculé de 0,7 % de juillet à août en données désaisonnalisées, ce qui laisse l’activité à peu près stable pour un quatrième mois d’affilée. Le prix moyen national s’établissait à 668 219 $, en hausse de 0,6 % sur un an. Services économiques RBC relie le recul d’août à l’escalade commerciale, qui a ébranlé la confiance des acheteurs, et s’attend à une stabilisation au deuxième semestre de 2026 plutôt qu’à un renversement. Les données par conseil immobilier ont été inégales d’une région à l’autre plutôt que uniformément favorables, les prix demeurant inférieurs à ceux d’il y a un an dans la majeure partie de l’Ontario et de la Colombie-Britannique.
La hausse des taux fixes est la prochaine pression sur l’habitation. Les services immobiliers et de location comptent parmi les plus importantes industries de l’économie canadienne selon la production, ce qui explique pourquoi l’activité immobilière influence le chiffre national de croissance davantage que sa part de l’emploi ne le laisserait croire. Nos perspectives du marché immobilier canadien suivent les données mensuelles sur les ventes et les prix.
Le PIB par habitant a progressé plus lentement après la révision de la population
Le PIB réel par habitant du Canada a tout de même augmenté au deuxième trimestre, mais moins que ce qui avait d’abord été annoncé, parce que Statistique Canada a révisé ses estimations de la population à la hausse en septembre. L’organisme compte maintenant environ 240 000 résidents non permanents de plus qu’auparavant, ce qui porte la croissance démographique annuelle à environ 0,5 % au deuxième trimestre et remplace le portrait d’un recul de la population. Services économiques RBC estime que la croissance du PIB par habitant du deuxième trimestre a été révisée à 0,7 % sur un an, contre 1,7 % auparavant.
Pendant une bonne partie de 2023 et de 2024, le PIB total du Canada progressait pendant que le PIB par habitant reculait, la croissance démographique dépassant celle de la production. L’économie croissait, mais les Canadiens ne s’enrichissaient pas individuellement. Le portrait de 2026 est plus équilibré : la production croît plus vite qu’une population dont la progression est la plus lente jamais enregistrée, de sorte que l’activité économique moyenne par personne remonte légèrement. RBC note que les freins démographiques structurels demeurent importants et qu’un nouveau ralentissement de la croissance de la population est possible si le gouvernement fédéral maintient sa cible de 5 % pour les résidents non permanents.
Le PIB par habitant suit de plus près le revenu et la capacité de dépenser, et donc la capacité de porter un versement hypothécaire, que le PIB total. C’est aussi l’une des mesures que la Banque du Canada surveille pour juger si la croissance est réelle ou simplement démographique.
Comment le PIB influence les taux hypothécaires au Canada
Le PIB ne fixe pas les taux hypothécaires, mais il les influence par 2 canaux distincts, qui n’agissent ni au même rythme ni sur les mêmes produits. Savoir quel canal vous concerne, c’est la différence entre réagir à chaque manchette et savoir lesquelles comptent vraiment.
Le canal du taux directeur et les taux variables
La Banque du Canada tient compte du PIB, de l’inflation et de l’emploi pour fixer son taux directeur. Une croissance plus forte réduit les arguments en faveur d’une baisse, puisqu’elle indique une capacité excédentaire moindre. Une croissance plus faible renforce au contraire les arguments en faveur d’une baisse.
Quand la Banque modifie son taux directeur, les prêteurs ajustent leur taux préférentiel en environ une journée. Les taux variables étant établis comme un escompte sur le taux préférentiel, le changement se transmet presque immédiatement. Ce canal est lent à se déclencher et rapide à se transmettre. La Banque se réunit 8 fois par année, mais lorsqu’elle bouge, les versements variables suivent.
Le canal des rendements obligataires et les taux fixes
Les taux fixes sont établis à partir des rendements des obligations du gouvernement du Canada de terme équivalent, et non du taux directeur. Les marchés obligataires sont prospectifs et négocient en continu : ils réagissent aux données du PIB le matin même de leur publication, des mois avant que la Banque du Canada n’agisse sur la même information.
Les prêteurs ajoutent généralement une marge d’environ 1 % à 2 % au rendement obligataire correspondant, pour couvrir les coûts de financement, le risque de crédit et les marges d’exploitation. Cette marge varie selon les conditions du marché, ce qui explique pourquoi les taux fixes ne suivent pas les rendements point pour point. Ce canal est rapide à se déclencher et plus lent à se transmettre : les rendements bougent dès la publication, puis les prêteurs ajustent leurs taux fixes dans les jours et les semaines qui suivent. Notre guide sur le rendement des obligations du gouvernement du Canada à 5 ans explique ce lien en détail.
Pourquoi une forte croissance ne fait pas toujours monter les taux
Une donnée de PIB vigoureuse fait monter les taux seulement si les marchés y voient une information nouvelle sur l’avenir. Le deuxième trimestre de 2026 illustre bien pourquoi ce lien peut se rompre.
La vigueur venait d’un rattrapage automobile ponctuel, la période s’est terminée en juin, et les données de juillet montraient déjà une économie stable. Entretemps, un droit de douane américain de 50 % est entré en vigueur le 22 août sur environ 28 milliards de dollars de produits canadiens. Les contre-mesures canadiennes visant environ 27,6 milliards de dollars de produits américains sont entrées en vigueur le 8 septembre. Les États-Unis ont ensuite imposé, le 29 septembre, des interdictions d’importation visant certaines boissons alcoolisées, certains produits laitiers et des produits de motocyclettes provenant du Canada. Les marchés ont lu les données de croissance comme tournées vers le passé et l’escalade commerciale comme tournée vers l’avenir, ce qui explique pourquoi un trimestre qui plaiderait normalement pour un resserrement n’a pas modifié la décision de la Banque du Canada du 2 septembre.
Les taux fixes canadiens comportent aussi une composante importée, et septembre l’a clairement montré. Les rendements obligataires canadiens ont tendance à suivre ceux des obligations du Trésor américain, et un repli généralisé des marchés obligataires, alimenté par les craintes d’inflation liées à l’énergie, a fait grimper les rendements dans les deux pays. La hausse de la Réserve fédérale américaine du 16 septembre a ajouté à cette pression. La croissance canadienne avait alors déjà calé, mais le rendement de l’obligation du gouvernement du Canada à 5 ans a quand même atteint un sommet de 52 semaines près de 3,73 % le 28 septembre. Pour un emprunteur canadien, cela signifie que les taux fixes peuvent subir une pression à la hausse venue de l’étranger même quand la croissance et l’embauche au pays plaideraient pour le contraire.
Ce que les dernières données signifient pour les emprunteurs
La croissance du PIB est l’un des principaux indicateurs que la Banque du Canada prend en compte pour fixer son taux directeur, lequel influence les taux offerts par les prêteurs. Un deuxième trimestre plus ferme a éliminé tout argument à court terme en faveur d’une baisse. En parallèle, le PIB stable de juillet, les droits de douane entrés en vigueur le 22 août et une Enquête sur la population active d’août montrant un recul de l’emploi de 42 000 ont éliminé l’essentiel des arguments en faveur d’une hausse. La Banque a toutefois indiqué qu’une transmission des prix de l’énergie à d’autres prix pourrait changer la donne. C’est cet équilibre qui explique le maintien du 2 septembre et des taux hypothécaires variables qui devraient rester stables, tandis que les taux fixes comportent un risque à la hausse.
La conclusion pratique demeure la même depuis le début de l’année : attendre une baisse de taux n’est pas une stratégie, puisque rien dans cette publication ne rend une baisse plus probable et que les prévisions existantes penchent plutôt dans l’autre sens.
Si vous renouvelez en 2026 ou en 2027
Rien dans ces données ne change les calculs du renouvellement. Les emprunteurs qui quittent des taux de la période pandémique renouvelleront à des taux nettement plus élevés. Commencez à magasiner de 4 à 6 mois avant l’échéance et obtenez une garantie de taux. Chez nesto, la garantie de taux de 150 jours s’applique aux termes fixe 5 ans et variable 5 ans, et tous les autres termes offrent une garantie pouvant aller jusqu’à 120 jours. Une garantie de taux vous protège si les taux montent et ne vous coûte rien s’ils baissent, ce qui demeure la meilleure façon de gérer le choc des paiements.
Si vous achetez une propriété en 2026 ou en 2027
Faites vos calculs avec les taux d’aujourd’hui et le test de résistance hypothécaire plutôt qu’avec une prévision. Vous êtes évalué au plus élevé de votre taux contractuel majoré de 2 % ou du plancher de 5,25 %, de sorte que chaque hausse des taux fixes réduit le prix de la propriété que vous pouvez vous permettre. Obtenir une préqualification et connaître votre capacité d’emprunt à l’avance vous permet d’agir avec confiance. Une préqualification n’est pas une garantie de taux comme une préapprobation : votre escompte est confirmé une fois que vous avez une promesse d’achat acceptée.
Si vous refinancez en 2026 ou en 2027
Les données de croissance influencent le refinancement indirectement, par le taux que vous porterez ensuite plutôt que par votre admissibilité. Avec un taux directeur appelé à se maintenir et des taux fixes soumis à une pression à la hausse venue des marchés obligataires, la décision repose sur l’usage des fonds et sur la pénalité de remboursement anticipé. Attendre un meilleur taux n’est pas un plan, puisque les prévisions actuelles n’en montrent pas.
Dates de publication du PIB au Canada et ce qu’il faut surveiller avant la décision du 28 octobre sur le taux directeur
Statistique Canada publie le PIB par industrie chaque mois, environ 2 mois après le mois de référence, et le PIB selon les revenus et les dépenses chaque trimestre. Les chiffres du deuxième trimestre constituent désormais la toile de fond. Le tableau ci-dessous présente toutes les publications de 2026 et leur résultat à ce jour, et la liste qui suit couvre celles qui sont les plus susceptibles de modifier le portrait d’ici la décision de la Banque du Canada du 28 octobre.
| Date | Période de référence | Résultat du PIB réel |
|---|---|---|
| 29 mai | Premier trimestre 2026 | D’abord -0,1 % en rythme annualisé, révisé ensuite à +0,3 % annualisé (+0,1 % trimestriel) |
| 30 juin | Avril 2026 | +0,5 %, révisé ensuite à +0,6 % |
| 31 juillet | Mai 2026 | +0,3 % |
| 28 août | Juin 2026 et deuxième trimestre | Juin +0,3 %, révisé ensuite à +0,4 %; deuxième trimestre +0,8 % (+3,3 % annualisé) |
| 29 septembre | Juillet 2026 | 0,0 % (essentiellement inchangé); estimation avancée d’août +0,2 % |
| 30 octobre | Août 2026 | À déterminer (estimation avancée +0,2 %) |
| 30 novembre | Troisième trimestre 2026 | À déterminer |
- 9 octobre : Enquête sur la population active de septembre, première donnée sur l’emploi à montrer dans quelle mesure l’escalade tarifaire a touché l’embauche.
- 19 octobre : indice des prix à la consommation de septembre. À surveiller : l’inflation énergétique gagne-t-elle les mesures fondamentales de la Banque?
- 28 octobre : décision de la Banque du Canada et Rapport sur la politique monétaire, avec un nouveau modèle de prévision utilisé pour la première fois.
- 30 octobre : PIB réel par industrie d’août, qui confirmera ou révisera l’estimation avancée de 0,2 %.
- 30 novembre : PIB du troisième trimestre selon les revenus et les dépenses, premier trimestre complet incluant l’escalade tarifaire.
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Foire aux questions (FAQ) sur le produit intérieur brut (PIB) du Canada
Quel est le PIB du Canada?
Le produit intérieur brut (PIB) mesure la production économique totale du Canada sur une période donnée. Il représente la valeur monétaire de tous les biens et services finis produits au pays par les entreprises canadiennes. Statistique Canada publie le PIB mensuellement par industrie et trimestriellement selon les revenus et les dépenses.
Comment le PIB du Canada s’est-il comporté au deuxième trimestre de 2026?
Le PIB du Canada a progressé de 0,8 % au deuxième trimestre de 2026, soit 3,3 % en rythme annualisé, sa plus forte croissance trimestrielle en plus de 3 ans. La progression a été menée par une hausse de 3,6 % des exportations, une hausse de 2,3 % des dépenses en immobilisations des entreprises et un gain de 0,8 % des dépenses des ménages.
Que montre la publication du PIB de juillet?
La publication du PIB de juillet montre un PIB réel du Canada essentiellement inchangé, après une progression de juin révisée à 0,4 %. La construction et les services publics ont progressé, tandis que la fabrication, le commerce de détail et l’extraction minière ont reculé, et l’estimation avancée de Statistique Canada laisse entrevoir un gain de 0,2 % en août, que l’organisme confirmera ou révisera le 30 octobre 2026.
Le Canada est-il en récession en 2026?
Le Canada n’est pas en récession. Statistique Canada a révisé la croissance du premier trimestre d’un recul annualisé de 0,1 % à un gain annualisé de 0,3 %, ce qui élimine la deuxième des 2 baisses trimestrielles consécutives qu’exige une récession technique. Le deuxième trimestre a ensuite progressé de 3,3 % en rythme annualisé.
Comment le PIB influence-t-il les taux hypothécaires au Canada?
Le PIB influence les taux hypothécaires par 2 canaux. Une croissance plus forte réduit l’urgence pour la Banque du Canada d’abaisser son taux directeur, qui détermine le taux préférentiel et donc les taux variables, tandis que les marchés obligataires réévaluent les rendements du gouvernement du Canada, qui déterminent les taux fixes.
Une forte croissance du PIB signifie-t-elle que les taux hypothécaires vont monter?
Une forte croissance du PIB ne signifie pas automatiquement que les taux hypothécaires vont monter. Les taux réagissent à ce que les données laissent entrevoir pour l’avenir, et le deuxième trimestre de 2026 reflétait un rebond ponctuel des exportations automobiles dans une période terminée en juin, avant l’entrée en vigueur des derniers droits de douane. Les marchés ont donc traité la publication comme tournée vers le passé.
Le PIB du troisième trimestre sera-t-il plus faible que celui du deuxième?
Le PIB du troisième trimestre devrait être plus faible que celui du deuxième, puisque le deuxième trimestre a été porté par un rebond ponctuel des exportations automobiles qui ne se répétera pas et que la production de juillet est demeurée stable. Les heures travaillées pointent dans l’autre sens, en hausse de 0,6 % en août et sur une trajectoire annualisée d’environ 5 % pour le trimestre, de sorte que le ralentissement pourrait être plus modéré que ne le suggèrent les pertes d’emplois d’août. Les données du troisième trimestre seront publiées le 30 novembre 2026.
Quel a été l’excédent du compte courant du Canada au deuxième trimestre de 2026?
Le compte courant du Canada est passé à un excédent de 8,8 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2026, contre un déficit révisé de 8,3 milliards de dollars au premier, le premier excédent depuis 2022 et le plus important depuis 2005. Les investisseurs étrangers ont aussi acheté un montant record de 80,8 milliards de dollars d’obligations du gouvernement du Canada.
Quelle a été la croissance du PIB par habitant au deuxième trimestre de 2026?
Le PIB réel par habitant du Canada a progressé d’environ 0,7 % sur un an au deuxième trimestre de 2026, selon Services économiques RBC, après que la révision de la population de Statistique Canada en septembre a ramené le chiffre de 1,7 % à ce niveau. Le PIB par habitant suit le pouvoir d’achat des ménages de plus près que le PIB global.
Comment l’habitation a-t-elle contribué au PIB du deuxième trimestre?
L’habitation a contribué au PIB du deuxième trimestre par une hausse de 2,5 % de l’investissement résidentiel, après des contractions lors des 2 trimestres précédents. Statistique Canada attribue ce gain à des frais de transfert de propriété plus élevés en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique, ainsi qu’à la construction de logements neufs.
La Banque du Canada a-t-elle haussé ses taux après ces données?
La Banque du Canada n’a pas haussé ses taux en réaction aux données du deuxième trimestre. Elle a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre 2026, comme le prévoyaient tous les économistes d’un sondage Reuters mené après l’escalade tarifaire d’août, et sa prochaine décision aura lieu le 28 octobre 2026.
Quelle est la différence entre le PIB mensuel et le PIB trimestriel?
La différence entre le PIB mensuel et le PIB trimestriel tient à la méthode. Le PIB mensuel mesure la production par industrie et paraît environ 2 mois après le mois de référence, tandis que le PIB trimestriel mesure l’économie selon les revenus et les dépenses et couvre les exportations, l’investissement, les dépenses des ménages et les stocks.
Quand aura lieu la prochaine publication du PIB canadien?
La prochaine publication du PIB canadien est prévue le 30 octobre 2026, lorsque Statistique Canada diffusera le PIB réel par industrie d’août ainsi qu’une estimation avancée pour septembre. Le PIB du troisième trimestre suivra le 30 novembre 2026.
En conclusion
Les chiffres du deuxième trimestre confirment que le Canada a abordé cette escalade commerciale en meilleure posture que ne le laissaient croire les données du printemps, les exportations, les dépenses des entreprises, la consommation des ménages et la construction résidentielle y ayant toutes contribué. Le Canada a aussi enregistré sa plus forte position externe en 2 décennies. Ces chiffres décrivent toutefois une période déjà terminée. Le PIB stable de juillet, les droits de douane entrés en vigueur le 22 août et la faiblesse du marché du travail en août comptent davantage pour la suite. C’est pourquoi la Banque du Canada a maintenu son taux le 2 septembre plutôt que de réagir à un trimestre vigoureux.
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