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Prévisions relatives aux taux hypothécaires au Canada 2026-2030

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Les prévisions des taux hypothécaires au Canada pour 2026 indiquent que les coûts d’emprunt devraient demeurer relativement stables. La Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur autour de 2,25 % pendant la majeure partie de l’année. Dans ce contexte, les taux hypothécaires variables devraient rester globalement inchangés, tandis que les taux fixes pourraient augmenter légèrement en fonction de l’évolution des rendements obligataires du gouvernement du Canada.

De nombreux emprunteurs au Canada arrivent à leur renouvellement hypothécaire pour la première fois depuis le début de la hausse des taux d’intérêt en 2022, et la majorité d’entre eux feront face à une augmentation marquée de leurs versements hypothécaires. Une baisse de taux en 2026 demeure peu probable, à moins que des tensions commerciales avec les États-Unis ou un ralentissement économique mondial aient un impact marqué sur l’économie canadienne. Les marchés financiers vont même plus loin : ils anticipent désormais une hausse plutôt qu’une baisse comme prochain geste de la Banque.


Les grandes lignes

  • La Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur près de 2,25 % en 2026.
  • Les taux fixes devraient rester relativement stables, avec un léger potentiel de hausse si les rendements obligataires augmentent.
  • De nombreux emprunteurs qui renouvellent leur hypothèque en 2026 pourraient faire face à des paiements mensuels plus élevés.

Meilleurs taux hypothécaires

4,44 % 3 ans fixe
4,39 % 5 ans fixe
3,60 % 3 ans variable
3,45 % 5 ans variable

Voir tous les taux

Pourquoi les renouvellements hypothécaires en 2026 pourraient entraîner des versements plus élevés pour 33 % des emprunteurs

D’ici la fin de 2026, environ 33 % des titulaires d’un prêt hypothécaire au Canada devraient faire face à une hausse de leurs versements mensuels. Près de 75 % des personnes touchées par une augmentation détiennent une hypothèque à taux fixe sur 5 ans. Pour ceux qui renouvellent une hypothèque à taux fixe en 2026, la hausse moyenne des paiements devrait tourner autour de 20 %. Cette augmentation reflète le passage des taux exceptionnellement bas de la période pandémique aux coûts d’emprunt plus élevés d’aujourd’hui.

La situation est toutefois très différente pour les personnes ayant une hypothèque à taux variable. Celles qui détiennent une hypothèque à taux ajustable (ARM) ont déjà absorbé la majorité des hausses de taux passées et, selon les attentes actuelles pour 2026, plusieurs pourraient commencer à bénéficier d’un certain allègement de leurs paiements.

Cela dit, les titulaires d’hypothèques à taux variable (VRM) pourraient connaître des ajustements importants à leur renouvellement. Environ 10 % des personnes renouvelant une hypothèque à taux variable devraient voir leurs paiements augmenter de plus de 40 %. À l’inverse, près de 25 % pourraient constater une baisse d’au moins 7 % de leurs versements. Cet écart marqué s’explique en grande partie par les stratégies adoptées pour gérer la hausse des taux durant le cycle de resserrement. Les emprunteurs qui ont augmenté leurs versements mensuels afin de couvrir à la fois le capital et les intérêts sont généralement mieux positionnés au renouvellement. À l’opposé, ceux dont l’hypothèque a connu un amortissement négatif risquent de faire face à des hausses beaucoup plus importantes de leurs versements.

À la mi-2026, cette pression commence à se manifester dans les données. Selon le bulletin Market Pulse du premier trimestre 2026 d’Equifax Canada, les soldes de prêts hypothécaires en défaillance ont augmenté d’environ 32 % sur un an à l’échelle nationale, et de 52 % en Ontario. La part des hypothèques en retard de 90 jours ou plus demeure toutefois faible, à environ 0,2 %. Les insolvabilités de consommateurs ont atteint leur plus haut niveau depuis 2009. Le bilan national de Statistique Canada montre par ailleurs que la valeur totale des intérêts hypothécaires payés par les ménages est repartie à la hausse à mesure que la vague de renouvellements s’installe, même si la composante des coûts d’intérêt hypothécaire (CIH) de l’Indice des prix à la consommation a reculé sur 12 mois. Ces deux séries mesurent des réalités différentes, soit les dollars totaux payés par rapport à la variation annuelle moyenne des prix, ce qui explique pourquoi elles peuvent évoluer chacune de leur côté.

Prévisions des taux hypothécaires au Canada (mise à jour de septembre 2026)

Les perspectives en matière de taux hypothécaire au Canada pour 2026 dépendent principalement de la trajectoire de l’inflation et de la réponse de la Banque du Canada aux conditions économiques. La majorité des économistes des grandes banques canadiennes anticipent une stabilité des coûts d’emprunt sur l’ensemble de l’année. Toutefois, les taux hypothécaires pourraient fluctuer en fonction des nouvelles données économiques et de l’évolution des marchés financiers. La croissance s’est nettement raffermie au deuxième trimestre : Statistique Canada rapporte que le PIB réel a progressé de 0,8 % au trimestre, soit 3,3 % en rythme annualisé, la plus forte cadence en plus de 3 ans. Les exportations ont augmenté de 3,6 % grâce au rebond des expéditions automobiles, les dépenses en immobilisations des entreprises ont augmenté après 5 baisses trimestrielles consécutives, les ouvrages d’ingénierie progressant de 2,3 %, et l’investissement résidentiel a augmenté de 2,5 %. L’organisme a aussi révisé la croissance du premier trimestre à un gain annualisé de 0,3 %, à partir de la stagnation initialement publiée, ce qui signifie que le Canada n’est pas entré en récession technique.

La position externe du Canada s’est raffermie au même moment. Le compte courant est passé d’un déficit révisé de 8,3 milliards de dollars au premier trimestre à un excédent de 8,8 milliards de dollars au deuxième, le premier excédent depuis 2022 et le plus important depuis 2005, la balance des biens passant d’un déficit de 6,4 milliards de dollars à un excédent de 12,2 milliards de dollars. Les investisseurs étrangers ont acheté un montant record de 80,8 milliards de dollars d’obligations du gouvernement du Canada pendant la même période, ce qui touche directement les taux fixes, puisque ces obligations servent de référence aux prêteurs.

Le trimestre a nettement dépassé les quelque 2,5 % projetés par la Banque du Canada dans son Rapport sur la politique monétaire de juillet. La Banque a néanmoins maintenu sa prévision de croissance pour l’ensemble de 2026 à 0,7 %, ce qui reflète le début d’année plus faible, et les économistes sondés par Bloomberg ont également maintenu leurs prévisions près de ce niveau. L’élan s’est depuis essoufflé : l’estimation anticipée de Statistique Canada situe la production de juillet à un niveau essentiellement inchangé par rapport à juin, avant l’entrée en vigueur des tarifs américains le 22 août. L’Enquête sur la population active d’août pointe dans la même direction, l’emploi ayant diminué de 42 000 après 3 mois de fortes embauches, même si le taux de chômage est demeuré à 6,4 %.

Taux directeur de la Banque du Canada (taux variables)

Les prévisions des six grandes banques canadiennes indiquent que le taux directeur devrait demeurer stable autour de 2,25 % pendant la majeure partie de l’année. D’ici la fin de 2026, la plupart anticipent un niveau similaire à celui du début d’année.

BanqueJuinJuilSeptOctDéc
BMO2,25 %2,25 %2,25 %2,25 %2,25 %
CIBC2,25 %2,25 %2,25 %2,25 %2,25 %
Banque Nationale2,25 %2,25 %2,25 %2,50 %2,75 %
RBC2,25 %2,25 %2,25 %2,25 %2,25 %
Banque Scotia2,25 %2,25 %2,25 %2,50 %2,75 %
TD2,25 %2,25 %2,25 %2,25 %2,25 %
Données en date du 13 juillet 2026

Rendements des obligations du Canada à 5 ans (taux fixes)

Les prévisions des six grandes banques suggèrent que les rendements obligataires devraient rester relativement stables en 2026, avec une progression possible d’un creux près de 3 % en début d’année à environ 3,25 % d’ici la fin de 2026. Cette évolution pourrait entraîner une hausse graduelle des taux hypothécaires fixes, bien que des augmentations importantes soient peu probables. Les taux fixes pourraient fluctuer légèrement au fil de l’année en fonction de l’inflation, de l’emploi et des conditions des marchés financiers mondiaux. La tendance générale demeure toutefois à la stabilité relative. Au début de juillet, le rendement de l’obligation du Canada à 5 ans a bondi à environ 3,18 %, un sommet de sept semaines, alors que la reprise des tensions entre les États-Unis et l’Iran a fait grimper le pétrole et les rendements des obligations américaines, avant de refluer à environ 3,13 % au 10 juillet. Cette pression est revenue en force à la fin de juillet et au début d’août : le blocage du détroit d’Ormuz et la fermeture partielle des routes maritimes de la mer Rouge ont ramené le rendement vers 3,18 % à 3,23 % durant la première semaine d’août, puis jusqu’à un sommet de 12 mois près de 3,36 % le 21 août. La principale pression à la hausse sur les taux fixes canadiens continue donc de provenir de l’étranger plutôt que de l’intérieur, une dynamique expliquée plus loin.

Cette pression s’est poursuivie en septembre. Le rendement a clôturé à 3,26 % le 26 août, avant de remonter vers un sommet de 52 semaines près de 3,35 % le 1er septembre et de se maintenir autour de ce niveau depuis la décision du 2 septembre de la Banque du Canada, ce qui le situe au-dessus des prévisions de fin d’année du tableau ci-dessous plutôt qu’en dessous. Le rapport décevant sur l’emploi d’août l’a à peine fait bouger. Les repères de financement qui sous-tendent la tarification des taux fixes, soit le taux de swap de 4 ans et le taux des obligations hypothécaires du Canada de 5 ans, n’ont reculé que de 1 et 3 points de base ce jour-là, ce qui explique pourquoi une donnée intérieure faible a apporté si peu de soulagement sur les grilles de taux. La forme de la courbe a aussi changé. Le rendement de l’obligation du Canada à 1 an se situait près de 2,67 % en août, laissant le 5 ans plus de 60 points de base au-dessus, après plusieurs années où les rendements à court terme étaient généralement plus élevés. Pour qui compare les termes, cet écart explique pourquoi un terme fixe plus court se négocie aujourd’hui sous le taux fixe de 5 ans chez la plupart des prêteurs.

BanqueT2 2026T3 2026T4 2026
BMO3,15 %3,05 %2,95 %
CIBC3,00 %3,15 %3,25 %
Banque Nationale3,20 %3,15 %3,15 %
RBC3,10 %3,20 %3,30 %
Banque Scotia3,01 %3,15 %3,25 %
TD3,10 %3,00 %2,95 %
Les données sont à jour en date du 13 juillet 2026.
Les rendements des obligations du Canada à 5 ans constituent le principal indicateur utilisé par les prêteurs pour établir les taux fixes de 5 ans. Les institutions financières ajoutent généralement une marge d’environ 1 % à 2 % pour tenir compte des coûts de financement, du risque de crédit et des marges opérationnelles. Cette marge varie selon le prêteur et les conditions du marché. Les taux hypothécaires réels peuvent donc différer même si les rendements obligataires demeurent stables, et les prévisions ne constituent pas des taux garantis.

Les taux d’intérêt vont-ils baisser en 2026?

Le taux directeur de la Banque du Canada a diminué de 100 points de base en 2025 (un point de base équivaut à 0,01 %). La Banque du Canada pourrait envisager une baisse de taux seulement si l’économie montre des signes de faiblesse marqués en 2026.

Pour l’instant, la plupart des six grandes banques canadiennes prévoient que le taux directeur restera stable tout au long de 2026. La Banque Scotia et la Banque Nationale font exception, les deux prévoyant une hausse du taux à 2,75 % d’ici la fin de 2026.

Les taux hypothécaires fixes sont influencés par les variations des rendements des obligations du gouvernement du Canada, qui évoluent en fonction des attentes des marchés financiers. À l’heure actuelle, ces attentes laissent entrevoir une légère hausse des taux, en particulier pour le taux fixe de 5 ans.

Après les données du deuxième trimestre, les économistes ont largement réaffirmé le statu quo, et la Banque l’a livré le 2 septembre. RBC prévoit que la Banque du Canada maintiendra ses taux pour le reste de 2026, décrivant son scénario de base comme une reprise cyclique graduelle et notant que l’économie a abordé cette période de perturbation commerciale à partir d’une position plus solide. Capital Economics estime que les vents contraires tarifaires rendent peu probable la poursuite du rythme du deuxième trimestre, citant l’estimation stable de juillet comme preuve que la croissance perdait déjà de l’élan. Ni l’une ni l’autre de ces lectures n’appuie une baisse.

Le rapport sur l’emploi d’août n’a pas modifié cette conclusion, mais il a nuancé le discours entourant une éventuelle hausse. L’emploi a reculé de 42 000 et la croissance des salaires a ralenti à 2,0 %. Gestion de placements Manuvie y voit la preuve que tout signal d’une hausse imminente était prématuré, tandis que la CIBC lit ces mêmes données faibles comme une raison pour la Banque de rester sur la touche plutôt que d’agir dans un sens ou dans l’autre. Une embauche faible plaide contre une hausse bien avant de plaider pour une baisse, puisque le taux de chômage demeure plus d’un demi-point de pourcentage sous son niveau d’il y a un an.

La Banque du Canada haussera-t-elle son taux directeur en 2026?

La plupart des analystes de taux prévoient que les taux se stabiliseront et demeureront inchangés tout au long de 2026. Le Conseil de direction de la Banque du Canada estime que le taux directeur actuel est adéquat pour maintenir l’inflation près de la cible de 2 % tout en soutenant l’économie. Cela dit, le niveau d’incertitude demeure élevé et les perspectives pourraient évoluer en fonction des développements économiques mondiaux.

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre pour une septième fois consécutive, comme l’anticipaient les marchés et les 35 économistes d’un sondage Reuters mené à la fin d’août. La décision n’était pas accompagnée d’un Rapport sur la politique monétaire; la prochaine mise à jour complète des prévisions arrivera le 28 octobre. Le Conseil de direction a indiqué que l’économie et l’inflation avaient évolué essentiellement comme prévu en juillet, tout en signalant que les risques à la hausse entourant l’inflation ont augmenté et que les nouveaux droits de douane rendent les perspectives de croissance plus incertaines. Il n’a donné aucune indication sur la suite, se disant seulement prêt à ajuster la politique monétaire selon les besoins. Dans son résumé des délibérations du Conseil de direction du 10 juin, la Banque avait indiqué qu’elle resterait agile, et sa déclaration préliminaire du 2 septembre a maintenu cette posture, tout en rappelant que la politique monétaire ne peut pas renverser les effets des droits de douane ni influencer les prix mondiaux de l’énergie.

La question d’une hausse est aujourd’hui plus vive que celle d’une baisse, et les 2 groupes qui fixent les prix ne s’entendent pas. Les marchés monétaires intègrent une hausse partielle à la décision du 9 décembre et anticipent environ 100 points de base de hausses au cours des 12 prochains mois. La plupart des économistes bancaires voient encore le taux directeur figé à 2,25 % jusqu’à la fin de 2026, la première hausse arrivant en 2027, et Capital Economics a devancé sa propre prévision de première hausse de juin 2027 à décembre 2026. Cet écart entre les anticipations des marchés et les prévisions des économistes compte davantage pour les emprunteurs à taux fixe que le maintien de septembre lui-même, puisque les rendements obligataires suivent ce que le marché anticipe plutôt que ce que le consensus prévoit. La Banque publiera son résumé des délibérations le 16 septembre. L’inflation d’août, publiée le 14 septembre, s’est maintenue à 3,0 % tandis que l’inflation hors essence est passée à 2,4 %.

Perspectives des taux hypothécaires fixes et variables au Canada

Les perspectives des taux fixes et variables au Canada peuvent diverger, car ils réagissent à des dynamiques économiques différentes et à des moments distincts. Les taux fixes ont tendance à bouger en premier, dès que les marchés financiers anticipent un changement dans les conditions économiques. Les taux variables, quant à eux, s’ajustent après une modification du taux directeur par la Banque du Canada.

Pourquoi les taux fixes et variables évoluent différemment au Canada

Les taux hypothécaires fixes sont principalement influencés par les rendements des obligations du gouvernement du Canada de maturité équivalente. Ces rendements fluctuent quotidiennement en fonction des conditions des marchés mondiaux, de l’évolution des taux des obligations américaines, des perspectives de croissance économique, des attentes en matière d’inflation et des anticipations liées aux décisions de politique monétaire. Lorsque ces mouvements se maintiennent dans une direction, les taux fixes suivent généralement la même tendance.

Les taux variables évoluent plus directement en fonction du taux directeur de la Banque du Canada. La Banque revoit ce taux lors de 8 annonces planifiées par année, mais elle peut aussi intervenir à tout moment en cas de choc économique majeur ou imprévu. Lorsqu’un changement survient, les prêteurs ajustent leur taux préférentiel, généralement dans la journée suivant l’annonce.

Au début de septembre 2026, cette transmission demeure le principal risque à la hausse pour les taux fixes canadiens. La Réserve fédérale américaine a de nouveau maintenu son taux directeur entre 3,50 % et 3,75 % le 29 juillet, un cinquième maintien consécutif, trois des douze membres votants ayant exprimé leur dissidence en faveur d’une hausse face à une inflation persistante. L’inflation américaine a depuis ralenti, l’IPC global reculant à 3,4 % sur un an en juillet et l’IPC de base à 2,5 %, mais les deux mesures demeurent au-dessus de la cible de 2 % de la Fed et les rendements des obligations du Trésor américain sont restés élevés. Le rapport sur l’emploi salarié d’août est ensuite ressorti bien au-dessus des attentes, avec 162 000 emplois créés et un taux de chômage stable à 4,1 %, et les marchés à terme se sont mis à anticiper une probabilité supérieure à une chance sur deux d’une hausse de la Réserve fédérale en septembre. Comme les rendements obligataires canadiens ont tendance à suivre les rendements américains, cette pression a porté le rendement de l’obligation du gouvernement du Canada (GdC) à 5 ans à un sommet de 12 mois près de 3,36 % le 21 août, amenant les prêteurs à relever les taux fixes à deux reprises en 5 jours. Le rendement est redescendu à 3,26 % le 26 août, puis est remonté vers 3,35 %, et les prêteurs ont maintenu leur tarification plus élevée tout au long de la période.

Deux forces tirent les taux fixes canadiens dans des directions opposées, ce qui explique qu’ils dérivent plutôt qu’ils ne bondissent. Vers le haut, les commentaires fermes de responsables de la Réserve fédérale maintiennent les rendements du Trésor américain à des niveaux élevés, et les rendements canadiens ont tendance à suivre. Le 27 août, depuis le symposium de Jackson Hole, la présidente de la Réserve fédérale de Cleveland, Beth Hammack, l’une des 3 dissidentes favorables à une hausse en juillet, a affirmé que le moment était venu d’agir sur les taux, une position qu’elle a maintenue après la publication de l’IPC de juillet montrant un ralentissement de l’inflation. L’endettement des gouvernements fait désormais partie de cette pression à la hausse : l’augmentation des émissions obligataires dans la plupart des grandes économies, et la concurrence croissante pour le capital des investisseurs venant des entreprises qui financent des centres de données et d’autres infrastructures d’intelligence artificielle, laissent moins d’appétit pour absorber de nouvelles émissions à des rendements plus bas. Vers le bas, les investisseurs étrangers ont acheté un montant record de 80,8 milliards de dollars d’obligations du gouvernement du Canada au deuxième trimestre, et le Canada a affiché son plus important excédent du compte courant depuis 2005. Une forte demande pour la dette canadienne soutient le prix des obligations et retient les rendements. Le résultat net de ce bras de fer est un environnement de taux fixes qui évolue par petits pas, même si tous ces pas vont dans la même direction depuis le printemps.

Prévisions hypothécaires des principaux économistes pour 2026

La plus récente enquête de la Banque du Canada auprès des participants au marché, qui recueille et publie les opinions d’économistes et de stratèges du secteur financier canadien, prévoit que les baisses de taux sont terminées et que les taux devraient demeurer stables pour le reste de l’année.

Les résultats du plus récent sondage du deuxième trimestre de 2026, publié le 27 juillet 2026, suggèrent que le cycle de baisses de taux est désormais terminé. Les taux devraient ainsi se maintenir à 2,25 % en 2026, avec une première hausse largement attendue seulement au deuxième trimestre de 2027. Ce même sondage anticipe désormais une nouvelle hausse, à 2,75 %, dès le troisième trimestre de 2027, soit un trimestre plus tôt que ce qu’indiquait le sondage précédent. Le niveau actuel de 2,25 % se situe dans la portion inférieure du taux neutre nominal, où la politique monétaire ne stimule ni ne freine l’économie. La prochaine enquête trimestrielle de la Banque auprès des participants au marché est attendue au quatrième trimestre de 2026, après l’annonce de taux d’octobre.

Prévisions concernant les taux directeurs

2026Taux d’intérêt directeur (attentes basées sur la réponse médiane)
Juillet2,25 %
Septembre2,25 %
Octobre2,25 %
Décembre2,25 %

Prévisions concernant le rendement des obligations canadiennes à 5 ans

2026 Rendement des obligations canadiennes à 5 ans (prévisions basées sur la réponse médiane)
Décembre3,15 %

Prévisions nesto concernant le taux directeur au Canada pour 2026

Taux directeur (%)
T22,25 %
T32,25 %
T42,25 %

Prévisions des taux hypothécaires canadiens pour octobre 2026

« La politique monétaire ne peut pas renverser les effets des droits de douane ni influencer les prix mondiaux de l’énergie. Ce que nous pouvons faire, c’est nous assurer que les événements mondiaux ne mettent pas en péril la stabilité des prix au Canada. »

Prévisions des taux d’intérêt de la Banque du Canada pour 2026

Le 15 juillet, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % pour une sixième fois consécutive, exactement comme le prévoyaient les 36 économistes sondés dans le cadre d’un sondage Reuters de juillet. La décision est survenue en même temps que le Rapport sur la politique monétaire trimestriel de la Banque, qui présente une lecture plus constructive de l’économie que le rapport d’avril. Statistique Canada a depuis confirmé cette lecture, et davantage : le PIB du deuxième trimestre a progressé de 3,3 % en rythme annualisé, nettement au-dessus des quelque 2,5 % projetés par la Banque, et le premier trimestre a été révisé à un gain annualisé de 0,3 %, à partir de la stagnation initialement publiée. La Banque a néanmoins maintenu sa prévision de croissance pour l’ensemble de 2026 à 0,7 %, puis à 1,8 % en 2027 et en 2028. Comme l’Enquête sur la population active d’août montre un recul de l’emploi de 42 000 et un taux de chômage stable à 6,4 %, et que les mesures de l’inflation fondamentale de la Banque avoisinent la cible de 2 %, la plupart des observateurs s’attendent à ce qu’elle maintienne son taux directeur pendant une bonne partie du reste de 2026.

Un second sondage Reuters, mené à la fin d’août après l’échec des négociations commerciales et l’entrée en vigueur des tarifs américains, révèle que les 35 économistes interrogés prévoient tous un maintien le 2 septembre et aucun changement pour le reste de 2026. La Banque a livré ce maintien, son septième consécutif, tout en modifiant son langage sur les risques : les risques à la hausse entourant l’inflation ont augmenté, et les nouveaux droits de douane rendent les perspectives de croissance plus incertaines. Ce même sondage situe la première hausse au quatrième trimestre de 2027, 47 % des répondants anticipant au moins une hausse d’ici la fin du deuxième trimestre de 2027. Aucun ne prévoit de baisse. Pour les emprunteurs, un septième maintien consécutif signifie concrètement que les taux variables restent où ils sont et que les taux fixes continuent de suivre les marchés obligataires plutôt que la Banque du Canada.

Par conséquent, toute modification des taux en 2026 devrait être graduelle et mesurée, visant davantage des ajustements fins que des mesures de relance ou de resserrement d’envergure. Pour les emprunteurs hypothécaires, cela signifie que, même si les coûts d’emprunt pourraient légèrement diminuer pour certaines personnes au fil du temps, un retour aux taux d’avant la pandémie demeure peu probable.

La Banque du Canada avait par ailleurs écarté les craintes de récession tout au long du printemps, décrivant l’économie comme faible et en situation d’offre excédentaire, mais pas en récession. La révision à la hausse du premier trimestre a depuis clos la question, en confirmant qu’il n’y a jamais eu de deuxième baisse trimestrielle consécutive, condition d’une récession technique. Parmi les grandes banques, RBC ne prévoit aucun changement du taux directeur en 2026 avant que la Banque n’amorce des hausses en 2027.

Calendrier des changements de taux de la Banque du Canada en 2026

DateAnnonce du taux de la BdC (%)Taux cible
28 janvierAucun changement2,25 %
18 marsAucun changement2,25 %
29 avrilAucun changement2,25 %
10 juinAucun changement2,25 %
15 juilletAucun changement2,25 %
2 septembreAucun changement2,25 %
28 octobreÀ déterminerÀ déterminer
9 décembreÀ déterminerÀ déterminer
Dates d’annonce des taux directeurs et changements de la Banque du Canada.

Calendrier des changements de taux de la Banque du Canada en 2025

DateAnnonce du taux de la BdC (%)Taux cible
29 janvier-0,253,00 %
12 mars-0,252,75 %
16 avrilAucun changement2,75 %
4 juinAucun changement2,75 %
30 juilletAucun changement2,75 %
17 septembre-0,252,50 %
29 octobre-0,252,25 %
10 décembreAucun changement2,25 %
Dates d’annonce des taux directeurs et changements de la Banque du Canada

Quels facteurs influencent les décisions de la Banque du Canada en matière de taux d’intérêt?

Inflation

L’inflation s’est maintenue à 3,0 % sur 12 mois en août, au même niveau qu’en juillet. La composition s’est toutefois déplacée sous ce taux global inchangé. La croissance des prix de l’essence a ralenti à 22,8 %, contre 25,7 %, ce qui a tiré l’indice d’ensemble vers le bas, tandis que les voyages organisés ont accéléré à 26,1 %, contre 15,2 %, en raison d’un effet de glissement annuel, et que les loyers ont progressé à 2,8 %, contre 2,5 %. En excluant l’essence, l’IPC a progressé de 2,4 % après trois mois consécutifs à 2,2 %. La croissance des prix dans les épiceries a ralenti à 2,8 % et est passée sous l’IPC d’ensemble pour la première fois depuis juillet 2024. L’inflation du logement est remontée à 1,5 %, après 1,3 %. Les mesures de l’inflation fondamentale privilégiées par la Banque du Canada sont demeurées stables : l’IPC-tronq s’est maintenu à 1,9 % pour un troisième mois, l’IPC-méd à 2,0 %, et l’IPC-comm a fléchi à 2,6 %.

Pour qui suit les taux, le détail qui compte est la hausse de l’inflation hors essence à 2,4 %. La Banque traitait le dépassement du taux global comme un phénomène énergétique appelé à s’estomper, et un taux global stable qui masque une pression sur les prix plus largement répartie est précisément le risque qu’elle a nommé le 2 septembre en indiquant que les risques à la hausse entourant l’inflation avaient augmenté. Le taux global se situe toujours au-dessus de la trajectoire du Rapport sur la politique monétaire de juillet de la Banque, même si ce rapport anticipait déjà une inflation élevée avant un retour graduel près de 2 % au début de 2027. Des mesures fondamentales près de la cible continuent de plaider pour un maintien plutôt que pour une hausse. L’inflation de septembre sera publiée le 19 octobre, neuf jours avant la décision du 28 octobre, et c’est la donnée la plus susceptible de déterminer si décembre demeure un maintien.

L’inflation est le facteur le plus important qui motive les décisions de la Banque du Canada en matière de taux d’intérêt. Pour que la Banque du Canada atteigne son objectif d’inflation de 2 %, elle doit ajuster les taux d’intérêt directeurs afin de contrôler l’inflation.

Lorsque l’inflation dépasse cet objectif, la Banque du Canada augmente le taux directeur. À leur tour, les banques commerciales et les prêteurs augmentent leurs taux préférentiels, ce qui a une incidence directe sur les prêts et les hypothèques afin de décourager l’emprunt et les dépenses et de contribuer aux efforts de la BdC pour ramener l’inflation à son objectif de 2 %.

Si l’inflation était inférieure à l’objectif de 2 %, la Banque du Canada pourrait abaisser le taux directeur pour stimuler l’économie. Les prêteurs, à leur tour, diminuent leurs taux préférentiels pour encourager l’emprunt et la dépense.

Dates de publication de l’indice des prix à la consommation (IPC) en 2026

DateIndice des prix à la consommation (variation d’une année sur l’autre)
19 janvier+2,4 %
26 février+2,3 %
16 mars+1,8 %
20 avril+2,4 %
19 mai+2,8 %
22 juin+3,2 %
20 juillet+2,8 %
17 août+3,0 %
14 septembre+3,0 %
19 octobreÀ déterminer
16 novembreÀ déterminer
14 décembreÀ déterminer
Dates de publication de l’indice des prix à la consommation (IPC) de Statistique Canada. (Mise à jour le 14 septembre 2026)

Emploi

Le Canada a perdu 42 000 emplois en août 2026, alors que les prévisionnistes anticipaient une création d’environ 15 000 postes, tandis que le taux de chômage est demeuré à 6,4 %, selon l’Enquête sur la population active de Statistique Canada publiée le 4 septembre. Le taux d’emploi a reculé de 0,1 point de pourcentage pour s’établir à 60,8 %. Ce repli interrompt une bonne séquence : l’emploi avait progressé de 181 000 entre avril et juillet, et le taux de chômage avait reculé d’un demi-point de pourcentage au cours des 3 mois précédents. Comme il s’agit de la première lecture du marché du travail publiée après la décision du 2 septembre de la Banque du Canada, ce rapport amorce le dossier qu’elle évaluera le 28 octobre. Les données sur l’emploi de septembre seront publiées le 9 octobre.

Le taux de chômage est demeuré stable uniquement parce que la population active a diminué en même temps que l’emploi. Le taux d’activité a reculé de 0,1 point de pourcentage pour s’établir à 65,0 %, et environ 1,5 million de personnes étaient sans emploi en août, dont 24 % cherchaient du travail depuis 27 semaines ou plus. Les pertes se sont concentrées dans le travail à temps plein, en baisse de 36 000, contre un recul plus modeste de 5 800 dans le travail à temps partiel. Cette répartition compte pour l’admissibilité hypothécaire, puisque c’est le revenu d’emploi à temps plein que les prêteurs peuvent utiliser en entier pour calculer votre capacité d’emprunt.

Par secteur, l’emploi a diminué dans les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et les autres services de soutien (-20 000), l’administration publique (-8 800), les ressources naturelles (-7 700) et les services publics (-5 600). La fabrication a été le seul secteur à afficher une hausse marquée, avec 22 000 emplois de plus, principalement en Ontario, alors qu’il s’agit du secteur le plus exposé aux droits de douane américains. Le nombre d’employés du secteur public a reculé de 20 000, un troisième recul mensuel consécutif.

Chez les jeunes de 15 à 24 ans, l’emploi a reculé de 19 000 et le taux de chômage a augmenté de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 12,9 %, interrompant une baisse de 1,7 point de pourcentage enregistrée entre avril et juillet. Le taux de chômage a augmenté à 6,0 % chez les hommes du principal groupe d’âge actif et a reculé à 5,0 % chez les femmes du même groupe d’âge. Les étudiants de retour aux études ont malgré tout connu un été plus favorable que l’an dernier, avec un taux de chômage de 9,2 % chez ceux âgés de 20 à 24 ans, contre 12,3 % à l’été 2025.

Sur le plan régional, les pertes se sont concentrées dans les 2 provinces les plus populeuses. L’emploi a reculé de 19 000 au Québec, où le taux de chômage s’est maintenu à 5,6 %, et de 18 000 en Ontario, où il a progressé à 6,9 %. En Colombie-Britannique, le taux de chômage a augmenté de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 6,5 %. Le Nouveau-Brunswick a ajouté 2 400 emplois, et l’emploi a peu varié dans les autres provinces.

Le salaire horaire moyen des employés a augmenté de 2,0 % sur 12 mois pour atteindre 37,02 $, après une hausse de 2,8 % en juillet (données non désaisonnalisées). BMO y voit la lecture la plus faible depuis 2017, hors période pandémique. Contrairement au recul de l’emploi, il s’agit d’une tendance et non d’une donnée isolée, et cela compte pour les taux : c’est le ralentissement des salaires qui empêche un choc des prix de l’énergie de se transformer en inflation persistante, soit précisément le risque signalé par la Banque en septembre.

Toutes les données du rapport ne pointent pas dans la même direction. Le nombre total d’heures travaillées a progressé de 0,6 % en août, s’ajoutant à un gain comparable en juillet, ce qui laisse le troisième trimestre sur une trajectoire annualisée d’environ 5 %. La Banque Scotia y voit des employeurs qui allongent les heures de leur personnel actuel plutôt que d’embaucher, un résultat qu’elle qualifie de plus restrictif que conciliant. Statistique Canada note aussi que le taux de mises à pied dans les industries dépendantes de la demande d’exportation américaine s’est établi en moyenne à 0,9 % au cours des 12 mois se terminant en août, contre 0,7 % dans les autres industries, un canal à surveiller à mesure que les droits de douane d’août se répercutent.

Les économistes se sont montrés prudents plutôt qu’inquiets. Desjardins souligne qu’une fête du Travail et une rentrée scolaire plus tardives qu’à l’habitude ont peut-être repoussé une partie des embauches de fin d’été en septembre. Pour la TD, un seul mois de données faibles ne définit pas le marché du travail, tandis que RBC continue de pointer l’accélération des départs à la retraite et le ralentissement de la croissance démographique comme les principaux freins à l’emploi cette année, ce qui l’amène à traiter le taux de chômage comme le meilleur baromètre de la conjoncture. Gestion de placements Manuvie y voit la preuve que tout signal d’une hausse de taux imminente était prématuré. Pour les emprunteurs, l’effet concret est mince : une embauche plus faible et des salaires plus modérés affaiblissent les arguments en faveur d’une hausse, mais les rendements obligataires canadiens ont à peine bougé à la publication, de sorte que la tarification des taux fixes est restée telle quelle.

Les décisions de la Banque du Canada en matière de taux d’intérêt visent à soutenir des niveaux d’emploi maximaux durables tout en maintenant la croissance de la production, en gardant l’inflation prévisible et stable tout en stimulant l’économie. Pour que l’économie maintienne l’inflation à l’objectif de 2 %, elle doit conserver son niveau d’emploi maximal durable. Cela signifie que l’économie fonctionne à sa capacité de production maximale et peut se maintenir sans déclencher d’inflation.

Lorsque l’emploi tombe en dessous du niveau maximum soutenable, les gens ne trouvent pas de travail et leurs revenus et leur épargne diminuent. Ce phénomène affecte les habitudes de consommation et pousse l’inflation à la baisse, éventuellement en deçà de l’objectif de 2 %. Lorsque l’emploi est supérieur à ce niveau, les employeurs ne trouvent pas suffisamment de travailleurs pour répondre à la demande, ce qui entraîne une hausse des prix et des salaires et une augmentation de l’inflation. Il est difficile de trouver l’équilibre parfait entre l’inflation et le taux d’emploi, car tous deux sont mesurés à partir de données recueillies sur leurs performances du mois précédent, et non en temps réel.

La croissance économique (PIB)

La croissance économique indique à la Banque du Canada la capacité excédentaire dont dispose l’économie. Lorsque la production croît plus vite que le potentiel productif, cette capacité excédentaire se referme et les pressions inflationnistes s’accumulent, ce qui plaide pour un taux directeur plus élevé. Lorsque la croissance stagne, l’offre excédentaire s’élargit et les pressions s’atténuent, ce qui plaide pour un taux plus bas.

Le PIB réel a progressé de 0,8 % au deuxième trimestre de 2026, soit 3,3 % en rythme annualisé, la plus forte cadence trimestrielle en plus de 3 ans. Les exportations ont augmenté de 3,6 %, menées par un bond de 27,0 % des expéditions de voitures et de camions légers, la production automobile s’étant remise de la pénurie de semi-conducteurs et des arrêts de production des 2 trimestres précédents. Les dépenses en immobilisations des entreprises ont augmenté, mettant fin à 5 baisses trimestrielles consécutives, les ouvrages d’ingénierie progressant de 2,3 % et les dépenses en ordinateurs et matériel périphérique de 16,7 %. L’investissement résidentiel a augmenté de 2,5 %. Mesurée par industrie, la production a progressé de 0,9 %, 17 des 20 secteurs étant en expansion.

La composition compte davantage que le chiffre global. Les importations n’ont progressé que de 0,3 %, de sorte que le commerce net a contribué à lui seul environ 4,4 points de pourcentage à la croissance annualisée, un rattrapage ponctuel qui ne se répétera pas. La période de référence s’est aussi terminée en juin, et l’estimation anticipée de juillet indique une production essentiellement stable. C’est pourquoi un trimestre assez vigoureux pour justifier un resserrement n’a pas modifié la décision du 2 septembre. La Banque a elle-même qualifié ce redressement de généralisé, tout en notant qu’une partie de cette vigueur découlait de facteurs temporaires.

La croissance atteint les taux hypothécaires par 2 canaux plutôt qu’un seul. Une croissance plus forte réduit l’urgence pour la Banque du Canada d’abaisser son taux directeur, qui détermine le taux préférentiel et donc les taux variables. Séparément, les marchés obligataires réévaluent les rendements du gouvernement du Canada dès la publication des données, des mois avant que la Banque n’agisse, et ces rendements déterminent les taux fixes. Pour une analyse complète de cette publication, consultez notre guide sur les chiffres du PIB au Canada.

Dates de publication du produit intérieur brut (PIB) en 2026

DatePériode de référenceRésultat du PIB réel
29 maiPremier trimestre 2026Déclaré inchangé, révisé ensuite à +0,1 % (+0,3 % annualisé)
30 juinAvril 2026+0,5 %, révisé ensuite à +0,6 %
31 juilletMai 2026+0,3 %
28 aoûtJuin 2026 et deuxième trimestre+0,3 % (mensuel); +0,8 % (trimestriel), soit +3,3 % annualisé
29 septembreJuillet 2026À déterminer
30 novembreTroisième trimestre 2026À déterminer
Dates de publication du produit intérieur brut de Statistique Canada. (Mise à jour le 28 août 2026)

L’économie américaine

Selon les dernières données du Bureau of Labor Statistics des États-Unis, l’IPC global américain a progressé de 3,4 % sur un an en juillet 2026, en recul par rapport à son sommet du printemps, tandis que l’IPC de base excluant les aliments et l’énergie a ralenti à 2,5 %. Les deux mesures demeurent au-dessus de la cible de 2 % de la Réserve fédérale, le logement ayant été le principal facteur en juillet. Le marché du travail américain a ensuite surpris dans l’autre sens : après un recul de 23 000 en juillet, l’emploi salarié a progressé de 162 000 en août, soit environ le triple des attentes et le plus fort gain mensuel depuis mars, les mois précédents ayant été révisés à la hausse de 55 000 et le taux de chômage demeurant à 4,1 %. Les marchés à terme ont réagi en anticipant une probabilité supérieure à une chance sur deux d’une hausse de la Réserve fédérale en septembre. La Réserve fédérale a maintenu son taux directeur entre 3,50 % et 3,75 % le 29 juillet, un cinquième maintien consécutif, trois des douze membres votants ayant exprimé leur dissidence en faveur d’une hausse face à une inflation persistante. Les rendements des obligations du Trésor américain sont demeurés élevés tout l’été et, comme les rendements obligataires canadiens ont tendance à les suivre, ce contexte demeure la principale influence externe sur les taux hypothécaires fixes canadiens. Les 2 marchés du travail évoluant en sens contraire la même semaine illustrent clairement pourquoi un rapport canadien décevant sur l’emploi ne fait pas automatiquement baisser les taux fixes au Canada. Le Rapport sur la politique monétaire de juillet de la Banque du Canada situe la croissance américaine à environ 2,5 %, soutenue surtout par une consommation vigoureuse et l’essor des investissements liés à l’intelligence artificielle; dans sa déclaration de septembre, la Banque indique que la croissance américaine reste solide et que le dollar canadien s’est légèrement apprécié en raison de la faiblesse du dollar américain.

Les tarifs douaniers et leur influence sur les taux d’intérêt au Canada

Les tensions commerciales et les annonces de tarifs douaniers peuvent sembler éloignées du marché hypothécaire, mais elles exercent en réalité une influence directe sur le coût de l’emprunt. Depuis le début de 2025, les États-Unis ont imposé des tarifs plus élevés sur plusieurs produits canadiens. Ces frictions commerciales entre le Canada et les États-Unis ajoutent une couche de complexité supplémentaire aux décisions monétaires et à la lutte contre l’inflation. La Banque du Canada réagit souvent à ces pressions en maintenant son taux directeur plus élevé plus longtemps, ou en retardant les baisses prévues, afin de prévenir une nouvelle poussée des prix à la consommation.

La situation s’est encore compliquée au cours de l’été. Le 1er juillet, les États-Unis ont refusé de renouveler l’ACEUM (aussi appelé CUSMA ou USMCA) pour une nouvelle période de 16 ans lors de son premier examen conjoint, laissant l’accord en vigueur jusqu’en 2036, mais assujetti à des examens annuels et à une période prolongée d’incertitude commerciale pour les exportateurs canadiens. Ce calendrier d’examens annuels est distinct d’un risque à évolution plus rapide : en vertu de l’article 34.6 de l’ACEUM, toute partie peut se retirer entièrement de l’accord avec un préavis écrit de seulement six mois, une voie beaucoup plus rapide vers une rupture que l’échéance de 2036. Aucune partie ne s’en est prévalue jusqu’à présent, mais son existence explique en partie pourquoi l’incertitude commerciale devrait persister bien au-delà de l’examen de 2026. À peu près au même moment, la reprise des tensions entre les États-Unis et l’Iran a fait osciller les prix du pétrole, le brut de référence bondissant d’environ 7 % au cours de la semaine du 8 juillet après une période de calme relatif. Ces tensions se sont intensifiées à la fin de juillet, avec le blocage du détroit d’Ormuz et la fermeture partielle des routes maritimes de la mer Rouge, ce qui a maintenu les coûts de l’énergie élevés jusqu’en août. Le Rapport sur la politique monétaire du 15 juillet de la Banque du Canada souligne que, malgré ces examens désormais annuels de l’ACEUM, un nombre croissant d’entreprises canadiennes trouvent des façons de composer avec l’incertitude, et que les dépenses gouvernementales contribuent elles aussi à soutenir l’activité économique sur l’horizon de projection.

Les conditions commerciales se sont ensuite nettement détériorées à la fin d’août. Les négociations avec les États-Unis ont échoué le 22 août, et un tarif américain de 50 % est entré en vigueur le jour même sur environ 28 milliards de dollars de produits canadiens, en vertu de l’article 338 de la loi tarifaire de 1930. Les contre-mesures canadiennes visant environ 27,6 milliards de dollars de produits américains sont entrées en vigueur le 8 septembre, accompagnées de mesures de soutien aux entreprises touchées, après le retrait des poissons et fruits de mer de cette liste le 26 août.

L’exposition mesurée est plus étroite que ne le laisse croire le taux annoncé. Les produits visés représentent environ 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis, un chiffre que la Banque du Canada a repris dans sa déclaration préliminaire de septembre, et plus de 80 % des exportations canadiennes y entrent toujours en franchise de droits en vertu de l’ACEUM. La concentration est régionale et sectorielle plutôt que nationale, touchant surtout les producteurs de plastiques, de machinerie électrique, de meubles et de produits du bois au Québec, en Colombie-Britannique et en Ontario. Pour les taux, la plupart des économistes y voient un frein à la croissance plutôt qu’une nouvelle source d’inflation, ce qui renforce le maintien. La Banque a toutefois précisé que les nouveaux droits de douane et les contre-mesures canadiennes feront augmenter les coûts de certaines entreprises et pourraient se répercuter sur les prix à la consommation avec le temps. Comme les deux séries de mesures sont arrivées après la période d’enquête d’août, les premières données sur l’emploi et l’inflation qui les refléteront pleinement arriveront en octobre.

Pourquoi les tarifs douaniers ont une incidence sur les taux hypothécaires canadiens :

  • Ces tarifs font grimper les coûts des matériaux importés et des biens intermédiaires (comme les métaux, les pièces automobiles ou les machines) utilisés dans la production canadienne. Ces coûts plus élevés accentuent les pressions inflationnistes, ce qui peut rendre la Banque du Canada plus réticente à réduire son taux directeur.
  • Les tarifs sur les exportations canadiennes vers les États-Unis, comme l’acier, le bois d’œuvre ou les produits manufacturés, augmentent les coûts et ralentissent la demande pour les producteurs canadiens. Cette baisse de la demande peut entraîner une diminution des investissements, une baisse des exportations et un ralentissement de la croissance économique, ce qui atténue partiellement l’effet inflationniste des tarifs à l’importation.
  • L’incertitude entourant les menaces commerciales et les tarifs peut aussi accroître la prime de risque exigée par les investisseurs pour les actifs libellés en dollars canadiens. Cela a pour effet d’élargir l’écart entre les taux d’intérêt mondiaux ou américains et les rendements canadiens, menant à des taux hypothécaires à long terme plus élevés au Canada.
  • Si les négociations commerciales progressent et que les tarifs sont allégés, les pressions inflationnistes pourraient diminuer, donnant ainsi à la Banque du Canada plus de marge de manœuvre pour réduire les coûts d’emprunt.

L’impact sur les hypothèques au Canada

Les pressions sur les prix liées aux tarifs douaniers peuvent se répercuter sur l’ensemble de l’économie et toucher tous les types d’emprunteurs. Lorsque les tarifs augmentent le coût des biens et des matériaux importés, ils alimentent souvent l’inflation, ce qui peut pousser la Banque du Canada à maintenir des taux d’intérêt élevés plus longtemps.

Acheteurs d’une première propriété : une inflation plus élevée peut rendre l’admissibilité à un prêt hypothécaire plus difficile, augmenter le coût total de l’emprunt et faire grimper les paiements mensuels. Les prêteurs pourraient aussi resserrer leurs critères d’admissibilité, limitant ainsi la capacité d’emprunt.

Renouvellements hypothécaires : des taux toujours élevés signifient peu de marge de manœuvre pour obtenir un allègement de taux au renouvellement. De nombreux emprunteurs quittant des taux historiquement bas risquent de voir leurs paiements mensuels augmenter sensiblement, que ce soit pour des hypothèques à taux fixe ou variable.

Refinancements : des coûts d’emprunt plus élevés peuvent réduire, voire éliminer l’avantage de consolider des dettes à taux d’intérêt plus élevé ou de puiser dans la valeur nette de leur propriété. Tant que les pressions inflationnistes liées aux tarifs douaniers ne s’atténueront pas, les propriétaires risquent de faire face à moins d’options avantageuses pour réorganiser leur hypothèque.

Ce que les prévisions concernant les taux hypothécaires signifient pour les emprunteurs au Canada

La hausse des coûts d’emprunt a déjà pesé sur la demande des consommateurs, et les taux hypothécaires devraient demeurer relativement stables tout au long de 2026, le risque sur la tarification des taux fixes penchant vers le haut plutôt que vers le bas. Les rendements obligataires pourraient toutefois connaître des hausses ponctuelles, surtout si les données économiques continuent de surprendre à la hausse. Cela pourrait ralentir la vitesse à laquelle les prêteurs ajustent leurs taux hypothécaires fixes.

Les renouvellements hypothécaires continueront d’exercer une pression importante en 2026. Une part élevée des emprunteurs renouvelleront des hypothèques contractées à une époque où le taux directeur de la Banque du Canada se situait à 1 % ou moins. Pour ces ménages, les taux de renouvellement seront nettement plus élevés que ceux auxquels ils étaient habitués, ce qui augmente le risque de choc de paiement.

Cet ajustement devrait maintenir une pression soutenue sur les budgets des ménages et continuer de freiner la demande sur le marché immobilier, en particulier chez les titulaires d’hypothèques à taux fixe confrontés à des hausses marquées de leurs versements. En contrepartie, ces coûts plus élevés pourraient contribuer à modérer les perspectives d’inflation, puisque les coûts liés au logement et aux intérêts hypothécaires se reflètent dans l’IPC canadien.

De nouvelles données montrent comment cela se traduit pour les titulaires de prêts hypothécaires et les emprunteurs canadiens. Le Rapport sur la stabilité financière de la Banque du Canada estime qu’une minorité d’emprunteurs, soit environ 4 % à l’échelle nationale et près de 9 % dans la région de Toronto, pourraient ne pas être admissibles à un refinancement aux taux et aux prix de 2027, même si la plupart peuvent tout de même renouveler auprès de leur prêteur actuel. Comme ne pas pouvoir se refinancer n’équivaut pas à un défaut de paiement, cela laisse simplement les ménages composer avec des obligations de crédit serrées, sans véritable solution. Les données du deuxième trimestre, publiées le 11 septembre, ont apporté le premier véritable allègement à ce portrait. La dette des ménages sur le marché du crédit est passée de 178,6 % à 176,4 % du revenu disponible, la plus forte baisse trimestrielle depuis le troisième trimestre de 2024, mettant fin à six hausses trimestrielles consécutives. Le ratio du service de la dette des ménages a fléchi à 14,52 %, contre 14,68 % après révision, son plus bas niveau en quatre ans, le revenu disponible ayant progressé de 2,1 % alors que les versements totaux sur la dette n’augmentaient que de 1,0 %. Les paiements d’intérêts hypothécaires ont tout de même grimpé de 1,6 %, la plus forte hausse trimestrielle en deux ans, à mesure que les renouvellements se repositionnent par rapport aux taux de l’époque de la pandémie. Les recherches de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) auprès des consommateurs vont dans le même sens : 35 % des emprunteurs qui ont renouvelé leur prêt disent avoir ressenti une pression financière accrue en raison de l’évolution des taux d’intérêt.

Prévisions des taux hypothécaires pour 2027 à 2030

Même s’il est presque impossible de prédire avec précision l’évolution des taux d’intérêt, la majorité des économistes s’entendent pour dire que les taux devraient se stabiliser à mesure que l’inflation demeure sous contrôle et à l’intérieur de la fourchette cible. Les coûts d’emprunt plus élevés toucheront un nombre croissant de ménages, notamment à mesure que les emprunteurs ayant verrouillé des taux historiquement bas arrivent à échéance et renouvellent à des niveaux beaucoup plus élevés. Cette vague de renouvellements devrait continuer de peser sur les budgets des ménages et de tempérer à la fois la demande immobilière et l’inflation, puisque les coûts liés au logement et aux intérêts hypothécaires se répercutent sur l’indice des prix à la consommation (IPC).

Au-delà de 2026, le scénario le plus probable demeure celui de baisses de taux plus lentes et d’une normalisation graduelle, avec des ajustements modestes dictés par les conditions économiques, plutôt que par des mesures d’urgence comme celles observées par le passé. Cela prépare le terrain pour un environnement pluriannuel où les taux hypothécaires se rapprochent davantage de leurs moyennes historiques, rendant la planification à long terme plus importante que le moment choisi pour obtenir un taux. Les prévisions consensuelles voient la Banque maintenir son taux à 2,25 % jusqu’à la fin de 2026, avant d’amorcer une remontée du taux directeur au deuxième trimestre de 2027, RBC anticipant par exemple une série de hausses d’un quart de point tout au long de 2027. Les anticipations des marchés devancent cet échéancier, ce qui vaut la peine d’être gardé en tête si vous hésitez entre un terme plus court et un terme plus long.

Prévisions concernant le taux directeur du Canada pour 2027

BanqueTaux directeur T1 2027Taux directeur T2 2027Taux directeur T3 2027Taux directeur T4 2027
BMO2,25 %2,25 %2,25 %2,25 %
CIBC2,25 %2,50 %2,75 %2,75 %
Banque Nationale2,50 %2,75 %
RBC2,50 %2,75 %3,00 %3,25 %
Banque Scotia3,00 %3,00 %3,00 %3,00 %
TD2,25 %2,25 %2,25 %2,25 %
Données en date du 13 juillet 2026

Prévisions concernant le rendement des obligations à 5 ans du gouvernement du Canada à l’horizon 2027

BanqueT1 2027T2 2027T3 2027T4 2027
BMO2,90 %2,95 %2,95 %2,95 %
CIBC3,30 %3,35 %3,40 %3,45 %
Banque Nationale3,10 %3,05 %
RBC3,40 %3,45 %3,50 %3,50 %
Banque Scotia3,35 %3,35 %3,35 %3,35 %
TD2,90 %2,90 %2,90 %2,90 %
Données en date du 13 juillet 2026

Enquête trimestrielle de la Banque du Canada auprès des participants au marché : prévisions trimestrielles 2027-2028

Les prévisions de la Banque du Canada, tirées de son enquête du deuxième trimestre de 2026, s’étendent jusqu’en 2027 et 2028 et donnent un aperçu de ce que nous pouvons attendre en matière de taux d’intérêt à l’avenir.

2027Taux d’intérêt directeur (attentes basées sur la réponse médiane)
Janvier2,25 %
Mars2,50 %
Avril2,50 %
Juin2,50 %
T32,75 %
T42,75 %
2028
T12,75 %
T22,75 %
T32,75 %
2027Rendement des obligations canadiennes à 5 ans (réponse médiane)
Décembre3,10 %

Prévisions de nesto concernant les taux directeurs au Canada pour la période 2027-2030

Taux directeur
T1 20272,50 %
T2 20272,50 %
T3 20272,50 %
T4 20272,50 %
T1 20282,75 %
T2 20282,75 %
T3 20282,75 %
T4 20282,75 %
T1 20293,00 %
T2 20293,00 %
T3 20293,00 %
T4 20293,25 %
T1 20303,25 %
T2 20303,25 %
T3 20303,25 %
T4 20303,50 %
Avertissement : Nos projections sont formulées sur la base des bons du Trésor américain à 10 ans (échéance 2029), de CME FedWatch et de Morningstar. Le calendrier des ajustements du taux directeur de la Banque du Canada et la phase du cycle économique du Canada doivent être pris en compte. Les crises économiques ou politiques peuvent avoir un impact important sur les prévisions. Nos analyses et prévisions de taux ont une probabilité d’exactitude de 50 % ou moins et ne doivent pas être considérées comme des conseils financiers permettant de prendre des décisions concernant votre stratégie hypothécaire.

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Foire aux questions (FAQ) sur les prévisions des taux hypothécaires au Canada

Est-ce que les taux d’intérêt hypothécaires baisseront en 2026?

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre 2026, pour une septième fois consécutive, et les taux hypothécaires devraient demeurer stables pour le reste de l’année plutôt que de baisser. Les anticipations des marchés pointent désormais vers une hausse plutôt qu’une baisse comme prochain geste de la Banque.

De combien les taux d’intérêt augmenteront-ils au cours des 5 prochaines années au Canada?

La majorité des prévisions suggèrent que les taux d’intérêt évolueront dans une fourchette plus normalisée, sans hausse ni baisse marquée. Cela dit, il demeure difficile d’anticiper avec précision l’évolution des taux sur un horizon de cinq ans, puisque les décisions de la Banque du Canada sont influencées par des pressions inflationnistes tant nationales qu’internationales. L’un des facteurs clés dans la lutte à long terme contre l’inflation demeure le coût de la vie, qui continuera d’augmenter à mesure que la population croît et vieillit, exerçant une pression structurelle sur l’économie.

Comment mes versements hypothécaires seront-ils touchés si je renouvelle en 2026?

Pour la majorité des emprunteurs qui renouvelleront leur hypothèque en 2026, les versements mensuels devraient être plus élevés qu’au moment de l’octroi initial. Les personnes ayant verrouillé un taux fixe en 2021 doivent s’attendre à des hausses notables. Pour les hypothèques à taux fixe, les augmentations pourraient atteindre en moyenne environ 20 %. Du côté des taux variables, les variations pourraient aller d’environ 7 % à plus de 40 %, selon qu’il s’agisse d’une hypothèque à taux ajustable (ARM) ou d’une hypothèque à taux variable à paiement fixe (VRM), et selon la façon dont le prêt a été géré durant la période de hausses de taux.

Quel est le meilleur moment pour obtenir une hypothèque?

Le meilleur moment pour obtenir une hypothèque, c’est lorsque votre situation financière est stable, que votre dossier de crédit est solide et que vous avez accumulé une mise de fonds suffisante ainsi que les frais de clôture. Les taux hypothécaires peuvent changer rapidement et demeurent difficiles à prévoir avec précision. Tenter de prévoir le bon moment pour entrer sur le marché n’est donc généralement pas la stratégie la plus fiable.

Devrais-je attendre que les taux baissent avant d’acheter?

Attendre une baisse des taux hypothécaires peut être risqué, parce que les prévisions peuvent changer et qu’une baisse n’est jamais garantie. Des taux plus bas peuvent aussi stimuler la demande et faire grimper le prix des propriétés. Si vous achetez lorsque vous êtes financièrement prêt, puis que les taux baissent par la suite, vous pourriez avoir la possibilité de passer d’un taux variable à un taux fixe, de choisir un terme fixe plus court, de combiner des options hypothécaires ou de refinancer afin de profiter de coûts d’emprunt plus avantageux.

Le rapport sur l’emploi d’août a-t-il modifié les prévisions de taux hypothécaires?

Le rapport sur l’emploi d’août n’a pas modifié les prévisions de taux hypothécaires. L’emploi a reculé de 42 000 et la croissance des salaires a ralenti à 2,0 %, ce qui affaiblit les arguments en faveur d’une hausse de la Banque du Canada, mais le taux de chômage est demeuré à 6,4 % et les rendements obligataires canadiens ont à peine bougé à la publication, de sorte que la tarification des taux fixes est restée essentiellement inchangée.

La Banque du Canada haussera-t-elle son taux directeur en décembre 2026?

La plupart des économistes ne s’attendent pas à ce que la Banque du Canada hausse son taux directeur lors de la décision du 9 décembre, même si les marchés monétaires intègrent une hausse partielle à cette rencontre. L’écart entre les anticipations des marchés et les prévisions des économistes est inhabituellement large en ce moment, et l’inflation de septembre, publiée le 19 octobre, est la prochaine donnée susceptible de le réduire.

Comment le PIB du deuxième trimestre a-t-il influencé les prévisions de taux hypothécaires?

La croissance du PIB de 3,3 % en rythme annualisé au deuxième trimestre n’a pas modifié les prévisions de taux hypothécaires pour 2026. Cette vigueur venait surtout d’un rebond ponctuel des exportations automobiles dans une période terminée en juin, et l’estimation anticipée de Statistique Canada indique une production stable en juillet, ce qui explique pourquoi la Banque du Canada a maintenu son taux directeur le 2 septembre.

Qu’a fait la Banque du Canada le 2 septembre 2026?

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre 2026, pour une septième décision consécutive, comme le prévoyaient les 35 économistes d’un sondage Reuters mené après l’escalade tarifaire d’août. Elle a aussi indiqué que les risques à la hausse entourant l’inflation ont augmenté et que les nouveaux droits de douane rendent les perspectives de croissance plus incertaines, sans donner d’indication sur son prochain mouvement.

Les taux hypothécaires vont-ils monter si l’économie canadienne continue de croître?

Les taux hypothécaires ne monteront pas nécessairement si l’économie canadienne continue de croître. Les taux fixes réagissent aux rendements des obligations du gouvernement du Canada, qui intègrent les attentes plutôt que les résultats passés, et les taux variables ne bougent que lorsque la Banque du Canada modifie son taux directeur. Une croissance soutenue qui referme l’offre excédentaire finirait par justifier des taux plus élevés, mais un seul trimestre vigoureux ne suffit pas.

En conclusion

Les taux hypothécaires fluctueront toujours, comme ils l’ont fait depuis l’apparition des hypothèques. En fin de compte, ce n’est pas tant le taux qui compte, mais la part de votre revenu disponible consacrée au remboursement de cette dette. L’objectif devrait être de maintenir des versements prévisibles, compatibles avec votre budget et viables à long terme, en cohérence avec votre situation personnelle et vos objectifs financiers. Dans le contexte actuel, les taux devraient se stabiliser sans revenir aux creux historiques. La flexibilité, la prévisibilité et la planification à long terme importent désormais davantage que le moment choisi pour obtenir un taux.

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À propos des contributeurs

Rédigé par

Ashley Howard

Révisé par

Samson Solomon

Expert en contenu hypothécaire

Samson est expert en contenu hypothécaire chez nesto, fort de plus de 25 ans d’expérience dans les services bancaires aux…