La valeur nette des ménages canadiens : ce que les dernières données signifient pour votre hypothèque
Le rapport du deuxième trimestre de 2026 de Statistique Canada révèle que la valeur nette des ménages a progressé de 2,9 % pour franchir le cap des 19 billions de dollars pour la première fois, atteignant 19,1 billions de dollars en date du 11 septembre 2026. La valeur nette par habitant a grimpé de 13 785 $ au cours du trimestre, pour une moyenne nationale de 462 336 $.
Cette hausse provient des marchés financiers plutôt que de l’immobilier. La valorisation des actions a porté le ratio des actifs financiers aux actifs non financiers à son plus haut niveau depuis 2000 : les ménages détiennent maintenant 1,24 $ d’actifs financiers pour chaque dollar d’actifs non financiers. Pour les emprunteurs, le chiffre le plus important se trouve plus loin dans la publication : le ratio du service de la dette des ménages est descendu à 14,52 %, son plus bas niveau en quatre ans.
Les grandes lignes
- La valeur nette des ménages a augmenté de 2,9 % au deuxième trimestre de 2026, atteignant 19,1 billions de dollars.
- Le ratio du service de la dette des ménages a reculé à 14,52 %, contre 14,68 % au premier trimestre.
- Les emprunts hypothécaires ont ralenti à 19,4 milliards de dollars, leur rythme le plus faible depuis le début de 2024.
Meilleurs taux hypothécaires
Les marchés financiers, et non l’immobilier, ont porté la hausse
La richesse des ménages canadiens repose sur l’immobilier depuis près d’une décennie. Le deuxième trimestre de 2026 a rompu avec cette tendance. La valeur nette des ménages a gagné un demi-billion de dollars grâce à la vigueur des portefeuilles d’actions, tandis que l’immobilier résidentiel n’a presque rien ajouté à cette progression.
Les ménages ont acheté pour 53,8 milliards de dollars de parts de fonds communs de placement au cours du trimestre. Sur les quatre trimestres terminés en juin 2026, ils ont enregistré trois des cinq plus importantes entrées de fonds d’investissement jamais observées, pour un investissement net total de plus d’un quart de billion de dollars. L’accumulation de devises et de dépôts a aussi repris après les retraits nets du premier trimestre.
Statistique Canada y voit un signal à surveiller : de fortes entrées en actions accompagnées de flux de dépôts plus faibles pourraient indiquer un appétit accru pour le risque chez certains ménages, alors que d’autres subissent une pression croissante sur l’accessibilité. Le bilan moyen s’est amélioré. Il ne s’ensuit pas que tous les bilans l’ont fait.
Qui détient réellement ces 19,1 billions de dollars
Une hausse de richesse portée par les marchés se concentre là où les actifs se trouvent déjà. Le quintile de richesse le plus élevé détient 69,0 % de tous les actifs financiers et 49,7 % des actifs non financiers : un trimestre alimenté par la valorisation des actions profite donc de façon disproportionnée aux ménages qui étaient déjà les plus fortunés.
Cette nuance compte pour quiconque interprète un chiffre global de richesse comme une mesure du sort des Canadiens. Un locataire qui épargne pour une mise de fonds ne détient ni portefeuille d’actions important ni propriété, et un trimestre comme celui-ci ne le rapproche d’aucun des deux. Un propriétaire avec une hypothèque a vu la valeur de sa propriété stagner, pendant que son portefeuille d’actions, s’il en possède un, faisait le travail.
La valeur des propriétés a stagné tandis que les ventes reprenaient
La valeur de l’immobilier résidentiel des ménages a légèrement augmenté de 0,4 % pour atteindre 8 523,3 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2026, et demeure inférieure de 0,3 % à son niveau d’un an plus tôt. Autrement dit, les prix ont fait du surplace après deux trimestres de reprise modeste.
L’activité raconte une histoire plus encourageante que la valeur. La valeur totale des transactions de revente a progressé de 7,2 % sur une base désaisonnalisée après un premier trimestre plus discret, et l’investissement résidentiel a rebondi de 2,5 % en termes réels après deux baisses trimestrielles consécutives. Ces deux chiffres partent toutefois d’un creux : il s’agit du deuxième trimestre le plus faible pour les ventes immobilières depuis 2021.
Pour un acheteur, un marché où les transactions se redressent plus vite que les prix constitue un contexte d’entrée raisonnable. La concurrence revient avant les valorisations, soit l’inverse des conditions qui ont exclu les acheteurs du marché en 2021 et en 2022.
Les emprunts hypothécaires ont ralenti et le service de la dette s’est allégé
Voilà la section de la publication qui touche le plus directement une décision hypothécaire, et elle a évolué en faveur des emprunteurs.
Le ratio du service de la dette des ménages, qui mesure les versements obligatoires de capital et d’intérêts en proportion du revenu disponible, a reculé à 14,52 % au deuxième trimestre de 2026, en baisse de 0,16 point de pourcentage par rapport à un premier trimestre que Statistique Canada a depuis révisé à 14,68 %. Le ratio avait atteint un sommet de 15,16 % au premier trimestre de 2023 : les coûts de possession s’allègent donc depuis plus de trois ans. Les versements totaux sur la dette ont augmenté de 1,0 % alors que le revenu progressait de 2,1 %, et c’est précisément un revenu qui croît plus vite que les versements qui fait baisser ce ratio.
Les intérêts demeurent le point de pression à l’intérieur de ce total. Les paiements d’intérêts ont progressé de 1,4 % et les paiements d’intérêts hypothécaires de 1,6 %, la plus forte hausse trimestrielle en deux ans, à mesure que les emprunteurs ayant bloqué des taux de l’époque de la pandémie renouvellent à des taux plus élevés. Le service de la dette s’est allégé parce que le revenu a augmenté plus vite, et non parce que les intérêts hypothécaires ont diminué.
Les emprunts eux-mêmes ont ralenti. Les emprunts des ménages sur le marché du crédit, désaisonnalisés, ont reculé de 5,0 milliards de dollars pour s’établir à 29,4 milliards, les emprunts hypothécaires chutant pour un deuxième trimestre consécutif à 19,4 milliards, leur rythme le plus lent depuis le premier trimestre de 2024. Les emprunts non hypothécaires, y compris le crédit à la consommation, ont ralenti à 10,0 milliards de dollars.
Deux ratios se sont améliorés en conséquence. La dette des ménages sur le marché du crédit est passée de 178,6 % à 176,4 % du revenu disponible, la plus forte baisse depuis le troisième trimestre de 2024, ce qui laisse environ 1,76 $ de dette pour chaque dollar de revenu disponible. La dette en proportion de l’actif total des ménages a fléchi à 14,8 %, son plus bas niveau depuis le premier trimestre de 2022. Les prêts hypothécaires résidentiels représentent toujours près des trois quarts de l’ensemble de la dette des ménages.
Ce que cela signifie pour votre hypothèque
Un trimestre où la richesse a grimpé grâce aux actions, où les prix des propriétés ont stagné et où le service de la dette s’est allégé mène à des décisions précises plutôt qu’à une impression générale.
Si vous renouvelez, le chiffre à prendre au sérieux est celui des intérêts hypothécaires. Une hausse de 1,6 % des paiements d’intérêts hypothécaires en un seul trimestre traduit le repositionnement des renouvellements par rapport aux taux de l’époque de la pandémie, et magasiner son renouvellement plutôt que de signer la première offre constitue le levier le plus puissant dont vous disposez en cours d’hypothèque. Changer de prêteur au renouvellement n’entraîne aucune pénalité de remboursement anticipé.
Si vous achetez, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur aux deux dates de décision du deuxième trimestre et les rendements des obligations du gouvernement du Canada sont demeurés à peu près stables : ni la tarification fixe ni la tarification variable n’a beaucoup bougé sur le trimestre. C’est votre taux de qualification qui détermine toujours votre capacité d’emprunt, puisque toute nouvelle hypothèque est soumise au test de résistance, au plus élevé de votre taux contractuel majoré de 2 % ou du plancher de 5,25 % fixé par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF).
Bien que la recherche d’un taux bas soit une priorité pour la plupart des acheteurs, il est tout aussi important de rechercher le bon prêt hypothécaire.
Le bon prêt hypothécaire est une solution d’emprunt qui répond à vos besoins actuels et atténue les risques futurs. Un taux bas assorti d’une structure de pénalités punitive peut coûter plus cher qu’un taux légèrement supérieur accompagné de conditions souples. Si vous choisissez un prêt uniquement selon son taux et devez ensuite déménager pour le travail, vous pourriez faire face à une pénalité importante que la transférabilité ou un calcul de pénalité de libération plus équitable aurait permis d’éviter. Un expert hypothécaire autorisé peut chiffrer les deux scénarios avant que vous vous engagiez.
L’offre de logements demeure la contrainte à long terme
Rien dans les mouvements du trimestre ne change le portrait structurel. Le déséquilibre entre l’offre et la demande continue de soutenir les prix de l’immobilier, et la pénurie de logements a des conséquences importantes pour les premiers acheteurs et les ménages à faible revenu en particulier.
La hausse de 2,5 % de l’investissement résidentiel au trimestre constitue un véritable point positif à ce chapitre, puisque la construction neuve demeure la seule réponse durable à une pénurie d’offre. Un trimestre de reprise après deux baisses ne règle toutefois rien. Les acheteurs qui hésitent entre entrer maintenant ou attendre soupèsent une contrainte d’offre persistante face à un environnement de prix qui a cessé de grimper, et ces deux forces pointent dans des directions opposées.
Nous sommes curieux…
Êtes-vous un acheteur d’une première maison?
Foire aux questions (FAQ) sur la valeur nette des ménages canadiens
Quelle est la valeur nette des ménages canadiens?
La valeur nette des ménages canadiens a atteint 19,1 billions de dollars au deuxième trimestre de 2026, en hausse de 2,9 % sur le trimestre et franchissant le cap des 19 billions pour la première fois. La valeur nette par habitant s’élevait en moyenne à 462 336 $, une progression de 13 785 $ sur le trimestre. La valeur nette correspond à l’ensemble des actifs des ménages moins l’ensemble de leurs passifs, et Statistique Canada la publie chaque trimestre dans les comptes du bilan national.
Qu’est-ce que le ratio du service de la dette et pourquoi est-il important?
Le ratio du service de la dette des ménages mesure les versements obligatoires de capital et d’intérêts sur la dette du marché du crédit en proportion du revenu disponible. Il est descendu à 14,52 % au deuxième trimestre de 2026, contre 14,68 % après révision, après avoir atteint un sommet de 15,16 % au premier trimestre de 2023. Il compte parce qu’il indique quelle part du revenu d’un ménage moyen est déjà engagée avant tout nouvel emprunt, soit la même question qu’un prêteur se pose à l’étude d’une demande.
La hausse de la richesse des ménages provient-elle de la valeur des propriétés?
Non. La hausse du deuxième trimestre de 2026 provient des marchés financiers. L’immobilier résidentiel n’a progressé que de 0,4 % pour atteindre 8 523,3 milliards de dollars et demeure inférieur de 0,3 % à son niveau d’un an plus tôt, tandis que la valorisation des actions a porté le ratio des actifs financiers aux actifs non financiers à son plus haut niveau depuis 2000. Les ménages détiennent maintenant 1,24 $ d’actifs financiers pour chaque dollar d’actifs non financiers.
Comment gérer ses coûts hypothécaires au moment du renouvellement?
Les ménages qui arrivent à échéance peuvent magasiner leur renouvellement plutôt que de signer la première offre de leur prêteur, puisque changer de prêteur au renouvellement n’entraîne aucune pénalité de remboursement anticipé. Parmi les autres leviers : utiliser ses privilèges de remboursement anticipé puis réamortir pour convertir un montant forfaitaire en versement régulier plus bas, ou prolonger la période d’amortissement lors d’un refinancement, ce qui réduit le versement tout en augmentant l’intérêt total. Un expert hypothécaire autorisé peut comparer ces options à vos propres chiffres.
Remarque : les prêts hypothécaires à risque et les prêts privés offrent des amortissements plus longs, mais ils conviennent aux emprunteurs qui recherchent une solution à court terme assortie d’une stratégie de sortie définie. Méfiez-vous de tout courtier qui propose ces produits avant de vous expliquer pourquoi vous ne vous qualifiez pas du côté du crédit de premier ordre.
Est-ce le bon moment pour acheter si les prix stagnent?
Des prix stables accompagnés d’une reprise des ventes décrivent un marché où la concurrence revient avant les valorisations, ce qui avantage davantage l’acheteur que l’inverse. La valeur des transactions de revente a progressé de 7,2 % au deuxième trimestre de 2026, alors que la valeur des propriétés n’a gagné que 0,4 %. La décision repose néanmoins sur votre admissibilité, votre mise de fonds et le coût de possession que vous pouvez soutenir, et non sur la direction trimestrielle d’une moyenne nationale.
Que peut-on faire pour remédier à la pénurie de logements?
Remédier à la pénurie de logements exige une approche à multiples facettes. Les législateurs peuvent encourager la construction de nouvelles unités par des mesures fiscales, en supprimant les obstacles municipaux à une densité plus élevée ou en rationalisant les approbations réglementaires. L’investissement dans le logement abordable et dans le locatif construit à cette fin allège aussi la pression sur le marché de la revente. L’investissement résidentiel a augmenté de 2,5 % au deuxième trimestre de 2026, un début plutôt qu’une solution.
En conclusion
Le franchissement du cap des 19 billions de dollars constitue un véritable jalon, et il en dit moins sur l’immobilier qu’aucun chiffre trimestriel de richesse depuis des années. Les marchés boursiers ont fait le travail, le quintile le plus fortuné détenait la majeure partie des actifs qui se sont appréciés, et la valeur des propriétés a à peine bougé.
Le chiffre qui devrait guider la prochaine décision d’un emprunteur est le ratio du service de la dette à 14,52 %, en baisse parce que les revenus ont progressé plus vite que les versements. Les intérêts hypothécaires continuent de grimper à mesure que les renouvellements se repositionnent, et c’est précisément pourquoi la conversation sur le renouvellement mérite d’avoir lieu tôt plutôt qu’à l’échéance. Statistique Canada publiera les données du troisième trimestre le 11 décembre 2026.
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