Taux d’inflation et IPC au Canada aujourd’hui
Le taux d’inflation correspond au taux d’augmentation du prix des biens et services dans l’économie canadienne au fil du temps. L’inflation est mesurée à l’aide de l’indice des prix à la consommation (IPC), qui mesure l’évolution des prix d’un panier de biens et de services au fil du temps.
La Banque du Canada se base sur les données de l’IPC pour surveiller l’incidence des mesures de politique monétaire sur l’économie et ajuster le taux d’intérêt directeur afin de ramener l’inflation à l’intérieur de la fourchette cible. Le taux d’inflation du Canada s’est maintenu à 3,0 % en août, au même niveau qu’en juillet, le ralentissement des prix de l’essence ayant été contrebalancé par la hausse des prix des voyages organisés et des loyers, tandis que les mesures de l’inflation fondamentale privilégiées par la Banque du Canada sont demeurées près de la cible de 2 %.
Les grandes lignes
- L’IPC global du Canada s’est maintenu à 3,0 % en août 2026, un deuxième mois consécutif au même niveau.
- En excluant l’essence, l’inflation est passée à 2,4 %, contre 2,2 %, ce qui signifie que la pression sous-jacente s’est accentuée même si le taux global n’a pas bougé.
- La croissance des prix dans les épiceries est passée sous l’inflation globale pour la première fois depuis juillet 2024.
Meilleurs taux hypothécaires
Taux d’inflation actuel au Canada : 3,0 %
L’inflation a progressé de 3,0 % d’une année à l’autre en août, une hausse identique à celle de juillet, selon Statistique Canada. Le taux global est resté stable, mais pour une raison différente de celle qui l’avait fait grimper un mois plus tôt. La croissance des prix de l’essence a ralenti à 22,8 % sur un an, contre 25,7 % en juillet, ce qui a exercé une pression à la baisse sur l’IPC d’ensemble, alors que la hausse des prix des voyages organisés et des loyers tirait dans l’autre sens. Sur une base mensuelle, l’IPC a reculé de 0,1 %, ou progressé de 0,2 % en données désaisonnalisées.
La composition compte davantage que la stabilité du taux global. En excluant l’essence, l’IPC a progressé de 2,4 % en août, après s’être maintenu à 2,2 % pendant trois mois consécutifs, ce qui signifie que la pression sous-jacente sur les prix s’est accentuée pendant que le taux global faisait du surplace. En excluant l’énergie dans son ensemble, l’inflation s’établissait à 2,3 %, et en excluant à la fois les aliments et l’énergie, à 2,1 %. L’agrégat de l’énergie demeurait quant à lui en hausse de 15,4 % sur un an.
Les mesures de l’inflation fondamentale que surveille la Banque du Canada et sur lesquelles elle fonde ses décisions de politique monétaire sont demeurées stables en août. L’IPC-tronq s’est maintenu à 1,9 % sur un an pour un troisième mois consécutif, l’IPC-méd est resté à 2,0 % et l’IPC-comm a fléchi à 2,6 %, contre 2,7 %. La moyenne de l’IPC-tronq et de l’IPC-méd s’établissait à 2,0 %, ce qui demeure compatible avec des pressions sous-jacentes à la cible de la Banque, même avec un taux global un point de pourcentage plus élevé.
Les voyages ont assuré la contrepartie. Les prix des voyages organisés ont bondi de 26,1 % sur un an en août, contre 15,2 % en juillet, en partie en raison d’un effet de glissement annuel : les voyages des résidents canadiens aux États-Unis ont fortement diminué en 2025, ce qui avait retenu ces prix, et ce frein a maintenant cessé d’influencer la comparaison sur 12 mois. L’instauration de suppléments pour le carburant s’est ajoutée à cette hausse. Sur une base mensuelle, les prix des voyages organisés ont en fait reculé de 2,9 %.
Cinq des huit composantes principales ont ralenti par rapport à juillet. Les transports (+7,5 %) demeuraient en tête, suivis des loisirs, de la formation et de la lecture (+5,6 %) et des aliments (+2,8 %). Le logement (+1,5 %) s’est accéléré, après 1,3 %, et les dépenses courantes, l’ameublement et l’équipement du ménage (+0,4 %) formaient de nouveau la composante la plus faible. Les vêtements et chaussures ont ralenti à 1,2 %, après 2,4 %, l’indice des vêtements à lui seul reculant de 1,1 % sur un an, les vêtements pour hommes ayant diminué de 2,3 % et ceux pour enfants de 1,9 %.
Inflation par catégorie d’IPC, août 2026
| Catégorie d’IPC | IPC |
|---|---|
| Transports | 7,5 % |
| Loisirs, formation et lecture | 5,6 % |
| Aliments | 2,8 % |
| Soins de santé et soins personnels | 2,2 % |
| Boissons alcoolisées, produits du tabac et cannabis récréatif | 1,7 % |
| Logement | 1,5 % |
| Vêtements et chaussures | 1,2 % |
| Dépenses courantes, ameublement et équipement du ménage | 0,4 % |
Taux d’inflation par province, août 2026
| Province | Taux d’inflation |
|---|---|
| Nouvelle-Écosse | 5,1 % |
| Nouveau-Brunswick | 4,6 % |
| Île-du-Prince-Édouard | 4,4 % |
| Manitoba | 4,4 % |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 4,3 % |
| Alberta | 3,8 % |
| Saskatchewan | 3,5 % |
| Québec | 3,1 % |
| Colombie-Britannique | 3,0 % |
| Ontario | 2,4 % |
Le mazout explique en grande partie les chiffres des provinces de l’Atlantique. Les prix du mazout et des autres combustibles ont progressé de 43,7 % sur un an en août, contre 29,5 % en juillet, et le mazout y sert au chauffage résidentiel plus couramment que partout ailleurs au pays. La Nouvelle-Écosse, à 5,1 %, et le Nouveau-Brunswick, à 4,6 %, absorbent un choc des coûts de chauffage qu’une moyenne nationale masque. L’Ontario, à 2,4 %, demeure la seule province sous le taux national avec la Colombie-Britannique, qui l’égalait exactement à 3,0 %.
L’inflation alimentaire passe sous le taux global
Les prix des aliments achetés en magasin ont progressé de 2,8 % sur un an en août, après 3,1 % en juillet. Ce recul franchit un seuil qui mérite d’être souligné : pour la première fois depuis juillet 2024, la croissance des prix dans les épiceries a été plus lente que celle de l’IPC d’ensemble. Jusqu’en juillet, l’inflation alimentaire avait dépassé l’inflation globale pendant 18 mois consécutifs.
Les produits laitiers ont mené ce ralentissement. Leurs prix n’ont progressé que de 0,7 % sur un an en août, après une hausse de 3,1 % en juillet, le fromage et le yogourt y ayant le plus contribué. Des hausses plus modestes pour le porc frais ou surgelé (+1,6 %), les condiments, épices et vinaigres (+0,7 %) et les fruits frais (+4,7 %) s’y sont ajoutées.
Un rythme de hausse plus lent n’équivaut pas à un soulagement à la caisse. Les prix dans les épiceries demeurent supérieurs de 29,0 % à ceux d’août 2021. L’inflation mesure la vitesse de la variation, non le niveau : un ménage qui compare sa facture à celle d’il y a cinq ans fait face à une hausse cumulative qu’un seul mois de ralentissement ne renverse pas.
Les coûts de logement remontent avec l’accélération des loyers
La croissance du coût du logement est passée à 1,5 % sur un an en août, après 1,3 % en juillet, mettant fin à une série de ralentissements qui l’avait menée à son rythme le plus lent depuis mai 2020. L’inflation du logement demeure sous la barre de 2 % depuis le début de 2026, le marché immobilier canadien restant peu dynamique, mais la direction a changé.
Les loyers en sont la cause. Les prix des loyers ont augmenté de 2,8 % sur un an en août, contre 2,5 % en juillet, les hausses observées au Manitoba (+4,3 %) et en Ontario (+2,4 %) ayant le plus contribué à cette accélération. Le logement représente la pondération la plus élevée des huit composantes de l’IPC : un revirement des loyers déplace donc le taux global davantage qu’un mouvement comparable dans toute autre catégorie.
Les loyers demandés pointent dans l’autre sens, et les deux mesures ne se contredisent pas. Le loyer demandé moyen pour l’ensemble des types de propriétés s’est établi à 2 037 $ en juillet, en baisse de 4,0 % sur un an et un 22e mois consécutif de recul annuel, selon le Rapport national sur les loyers de Rentals.ca et Urbanation. Les loyers demandés reflètent le prix affiché pour un logement vacant, tandis que la composante du loyer dans l’IPC reflète ce que les locataires de l’ensemble du parc paient réellement, y compris les renouvellements dans les logements soumis au contrôle des loyers qui rattrapent des hausses de marché antérieures. Les nouveaux baux peuvent donc devenir moins chers pendant que le loyer moyen payé continue d’augmenter.
Pour un ménage qui hésite entre louer et acheter, c’est cette distinction qui compte concrètement. Un loyer demandé en baisse n’est accessible qu’en déménageant. Le loyer que vous payez déjà suit plutôt la série de l’IPC, et en août cette série s’est accélérée.
Qu’est-ce que l’inflation et comment la mesure-t-on
L’inflation mesure l’augmentation du coût des biens et des services au fil du temps. L’inflation réduit le pouvoir d’achat au fil du temps; à mesure que l’inflation augmente, votre dollar n’a plus la même valeur qu’auparavant.
L’inflation est mesurée à l’aide de l’indice des prix à la consommation (IPC), qui mesure l’évolution des prix en comparant les prix de détail d’un panier de biens et de services au fil du temps. L’IPC est divisé en huit grandes catégories, chacune étant pondérée et se voyant attribuer une part en fonction de l’importance du bien ou du service selon les habitudes de dépenses des consommateurs. Les pondérations du panier sont généralement mises à jour sur une base annuelle.
Pondérations du panier de l’IPC
| Catégorie | Poids du panier de l’IPC |
|---|---|
| Logement | 28,30 % |
| Transports | 18,54 % |
| Aliments | 16,93 % |
| Dépenses courantes, ameublement et équipement du ménage | 12,80 % |
| Loisirs, formation et lecture | 9,81 % |
| Soins de santé et soins personnels | 5,40 % |
| Vêtements et chaussures | 4,50 % |
| Boissons alcoolisées, produits du tabac et cannabis récréatif | 3,73 % |
L’IPC est calculé sur la base de la variation en pourcentage sur une période de 12 mois et constitue un indicateur clé des pressions inflationnistes dans l’économie canadienne. Les données de l’IPC sont mesurées dans chaque province et territoire et pondérées en fonction de l’importance de cette province dans les dépenses de consommation au Canada.
Pondérations du panier de l’IPC par province
| Lieu | Poids |
|---|---|
| Canada | 100 % |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 1,32 % |
| Île-du-Prince-Édouard | 0,36 % |
| Nouvelle-Écosse | 2,50 % |
| Nouveau-Brunswick | 1,92 % |
| Québec | 20,74 % |
| Ontario | 39,76 % |
| Manitoba | 3,18 % |
| Saskatchewan | 2,85 % |
| Alberta | 12,56 % |
| Colombie-Britannique | 14,63 % |
| Whitehorse, Yukon | 0,08 % |
| Yellowknife, Territoires du Nord-Ouest | 0,07 % |
| Iqaluit, Nunavut | 0,03 % |
Les mesures de l’inflation fondamentale privilégiées par la Banque du Canada
La Banque du Canada suit trois mesures de l’inflation fondamentale et s’en sert pour prendre ses décisions de politique monétaire.
IPC-tronq
Cette mesure exclut les composantes de l’IPC dont les prix ont connu des variations extrêmes au cours d’un mois donné. Elle réduit l’incidence des variations volatiles dues à des conditions qui ne touchent qu’une composante en particulier. Par exemple, une sécheresse extrême affectant les prix des cultures pourrait gonfler artificiellement la composante alimentaire au cours d’un mois donné. L’IPC-tronq retire 40 % du panier total de l’IPC, calculé en supprimant les 20 % les plus élevés et les 20 % les plus bas des variations de prix mensuelles pondérées. L’IPC-tronq s’établissait à 1,9 % en août 2026.
IPC-méd
Cette mesure filtre également les mouvements de prix volatils pour des composantes similaires à l’IPC-tronq. Elle utilise toutefois le point médian, ou la médiane, de la variation de prix de la fourchette d’une composante. L’IPC-méd s’établissait à 2,0 % en août 2026.
IPC-comm
Cette mesure suit les variations de prix qui sont communes à toutes les catégories du panier. Un modèle statistique appelé modèle factoriel détecte les variations communes, en filtrant les mouvements de prix propres à une composante. L’IPC-comm s’établissait à 2,6 % en août 2026.
Où s’oriente le taux directeur de la Banque du Canada?
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre 2026, un septième maintien consécutif, comme l’anticipaient les 35 économistes d’un sondage Reuters mené à la fin d’août. Le Conseil de direction a indiqué que l’économie et l’inflation avaient évolué essentiellement comme prévu en juillet, tout en signalant que les risques à la hausse entourant l’inflation ont augmenté et que les nouveaux droits de douane rendent les perspectives de croissance plus incertaines. Il n’a donné aucune indication sur son prochain geste.
Le rapport de l’IPC d’août lui donne peu de raisons de changer de cap. Les mesures fondamentales sont demeurées là où la Banque les souhaite, l’IPC-tronq à 1,9 % et l’IPC-méd à 2,0 %, et le taux global est resté stable plutôt que de s’éloigner davantage de la cible. Le détail qui complique le portrait est la hausse de l’inflation hors essence à 2,4 %, puisque la Banque traitait le dépassement du taux global comme un phénomène énergétique appelé à s’estomper. Qu’un choc énergétique s’élargisse est précisément le risque qu’elle a nommé en septembre.
Les anticipations des marchés devancent celles des économistes. Les marchés monétaires intègrent une hausse partielle à la décision du 9 décembre, alors que la plupart des économistes bancaires voient encore le taux directeur figé à 2,25 % jusqu’à la fin de 2026, la première hausse arrivant en 2027. Cet écart compte davantage pour les taux hypothécaires fixes que le maintien de septembre lui-même, puisque les rendements des obligations du gouvernement du Canada suivent ce que les marchés anticipent plutôt que ce que les prévisions annoncent. La prochaine annonce de taux est prévue le 28 octobre 2026, en même temps que le prochain Rapport sur la politique monétaire complet.
Pour un résumé complet de la décision de septembre, consultez notre article « À quoi s’attendre de l’annonce des taux de la Banque du Canada » et, pour une perspective à plus long terme, nos Prévisions des taux hypothécaires au Canada.
Le 2 septembre, la Banque du Canada a maintenu son taux cible du financement à un jour à 2,25 % pour une septième décision consécutive, laissant le taux préférentiel inchangé à 4,45 %. La reprise s’est généralisée depuis le printemps : la croissance du deuxième trimestre s’est établie à 3,3 % en données annualisées, devant la propre projection de 2,5 % de la Banque, les gains touchant la consommation, le logement, les exportations et les investissements des entreprises. Le marché du travail s’est depuis refroidi : l’emploi a reculé de 42 000 en août tandis que le taux de chômage s’est maintenu à 6,4 %, toujours sous la fourchette de 6,5 % à 7 % qu’il occupait depuis la fin de 2024. La demande de main-d’œuvre demeure modérée et l’économie est en situation d’offre excédentaire. L’inflation s’est maintenue à 3,0 % sur 12 mois en août, soutenue par l’essence alors que le blocage du détroit d’Ormuz se prolonge, même si la croissance des prix de l’essence a elle-même ralenti à 22,8 %, contre 25,7 %. En excluant l’essence, l’inflation est passée à 2,4 % après trois mois consécutifs à 2,2 %, tandis que les mesures de l’inflation fondamentale sont restées près de la cible, l’IPC-tronq à 1,9 % et l’IPC-méd à 2,0 %. Les conditions financières se sont également resserrées, les rendements des obligations à long terme ayant augmenté à l’échelle mondiale et au Canada. La Banque prévoit toujours que l’inflation s’établira à environ 2,5 % dans la deuxième moitié de 2026, puis reviendra à la cible de 2 % au début de 2027. Le gouverneur Tiff Macklem a été direct sur les limites de la politique monétaire dans ce contexte :
Contrairement à juillet, où la Banque jugeait les risques globalement équilibrés, cette décision s’articule autour de deux risques qui évoluent en sens opposé : les prix élevés du pétrole, ce qui accroît le risque de transmission aux prix d’autres biens et services, tandis que les nouveaux droits de douane américains et les contre-mesures canadiennes rendent les perspectives de croissance plus incertaines. Le Conseil de direction n’a donné aucune indication sur la suite, se disant seulement prêt à ajuster la politique monétaire selon les besoins. Le rapport d’inflation d’août n’a guère tranché la question, le taux global étant demeuré stable alors que la pression sur les prix s’élargissait en dessous. Les marchés obligataires évaluent à 52 % la probabilité d’une hausse de 25 points de base le 28 octobre, contre 48 % pour un statu quo. Les probabilités se déplacent d’ici le 9 décembre, qui survient après un autre rapport sur l’inflation et le Rapport sur la politique monétaire d’octobre de la Banque : les marchés évaluent alors à 99 % la probabilité d’une hausse. Consultez la déclaration préliminaire ainsi que notre analyse post-annonce sur la stratégie hypothécaire pour comprendre ce que cela signifie pour les prévisions des taux hypothécaires au Canada.
Historique des taux d’inflation au Canada
Le tableau ci-dessous donne un aperçu historique sur 10 ans des taux d’inflation au Canada, de janvier 2016 à aujourd’hui.
Données de Banque du Canada
| Année | Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sept | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2016 | 2,0 % | 1,4 % | 1,3 % | 1,7 % | 1,5 % | 1,5 % | 1,3 % | 1,1 % | 1,3 % | 1,5 % | 1,2 % | 1,5 % |
| 2017 | 2,1 % | 2,0 % | 1,6 % | 1,6 % | 1,3 % | 1,0 % | 1,2 % | 1,4 % | 1,6 % | 1,4 % | 2,1 % | 1,9 % |
| 2018 | 1,7 % | 2,2 % | 2,3 % | 2,2 % | 2,2 % | 2,5 % | 3,0 % | 2,8 % | 2,2 % | 2,4 % | 1,7 % | 2,0 % |
| 2019 | 1,4 % | 1,5 % | 1,9 % | 2,0 % | 2,4 % | 2,0 % | 2,0 % | 1,9 % | 1,9 % | 1,9 % | 2,2 % | 2,2 % |
| 2020 | 2,4 % | 2,2 % | 0,9 % | -0,2 % | -0,4 % | 0,7 % | 0,1 % | 0,1 % | 0,5 % | 0,7 % | 1,0 % | 0,7 % |
| 2021 | 1,0 % | 1,1 % | 2,2 % | 3,4 % | 3,6 % | 3,1 % | 3,7 % | 4,1 % | 4,4 % | 4,7 % | 4,7 % | 4,8 % |
| 2022 | 5,1 % | 5,7 % | 6,7 % | 6,8 % | 7,7 % | 8,1 % | 7,6 % | 7,0 % | 6,9 % | 6,9 % | 6,8 % | 6,3 % |
| 2023 | 5,9 % | 5,2 % | 4,3 % | 4,4 % | 3,4 % | 2,8 % | 3,3 % | 4,0 % | 3,8 % | 3,1 % | 3,1 % | 3,4 % |
| 2024 | 2,9 % | 2,8 % | 2,9 % | 2,7 % | 2,9 % | 2,7 % | 2,5 % | 2,0 % | 1,6 % | 2,0 % | 1,9 % | 1,8 % |
| 2025 | 1,9 % | 2,6 % | 2,3 % | 1,7 % | 1,7 % | 1,9 % | 1,7 % | 1,9 % | 2,4 % | 2,2 % | 2,2 % | 2,4 % |
| 2026 | 2,3 % | 1,8 % | 2,4 % | 2,8 % | 3,2 % | 2,8 % | 3,0 % | 3,0 % |
Quels sont les moteurs de l’inflation?
L’offre et la demande dans l’économie sont généralement les principaux moteurs de l’inflation. La demande de produits ou de services peut parfois être supérieure à l’offre disponible. Dans ce cas, les prix augmentent pour combler l’écart. C’est ce que l’on appelle l’inflation par la demande, qui s’est produite récemment dans l’économie lorsque les entreprises ont licencié des employés pendant la pandémie et ont ensuite dû faire face à des pénuries de main-d’œuvre, incapables de répondre à l’augmentation de la demande.
La hausse des coûts de production peut entraîner une augmentation des prix. C’est ce que l’on appelle l’inflation par les coûts, et l’exemple le plus clair à l’heure actuelle passe par l’énergie. Un conflit au Moyen-Orient a maintenu le brut et le carburéacteur à prix élevé jusqu’en août, ce qui a atteint les consommateurs par des prix de l’essence supérieurs de 22,8 % à ceux d’un an plus tôt, un mazout en hausse de 43,7 % et des transporteurs aériens instaurant des suppléments pour le carburant qui ont porté les prix des voyages organisés à +26,1 %. Un seul coût d’intrant a déplacé trois composantes distinctes de l’IPC.
Lorsque l’inflation reste élevée et que l’on s’attend à ce qu’elle le reste, les travailleurs peuvent demander des augmentations de salaire pour faire face à la hausse du coût de la vie. C’est ce que l’on appelle l’inflation intégrée, qui se produit lorsque les entreprises augmentent les prix de leurs produits ou services pour compenser les augmentations de salaires et maintenir leurs marges bénéficiaires. Cela crée une boucle, ou une spirale salaires-prix. À mesure que les prix augmentent, les travailleurs exigent des salaires plus élevés pour suivre l’inflation et le coût élevé de la vie, ce qui contribue encore davantage à l’inflation.
La croissance des salaires est l’indicateur à surveiller pour ce troisième canal. Le salaire horaire moyen a progressé de 2,0 % sur un an en août, après 2,8 % en juillet, soit moins vite que l’inflation globale. Des salaires qui suivent les prix de loin sont inconfortables pour les ménages et rassurants pour la Banque du Canada, puisqu’il s’agit du mécanisme qui transformerait un choc énergétique en inflation persistante.
Comment calculer le taux d’inflation
Pour calculer le taux d’inflation, vous devez connaître le prix actuel du bien ou du service et le coût de ce bien ou de ce service au cours de l’année où vous souhaitez calculer le taux.
Taux d’inflation = (IPC actuel – IPC précédent) / IPC précédent x 100
Cette méthode peut être appliquée au monde réel pour n’importe quel prix de biens ou de services, à condition de connaître le prix précédent. Par exemple, si vous souhaitez calculer le taux d’inflation d’une livre de cerises par rapport à l’année dernière, vous pouvez utiliser la formule ci-dessus. Si les cerises coûtaient 6,99 $ la livre en mai 2024 et 8,99 $ la livre en mai 2025, vous pouvez calculer le taux d’inflation comme suit :
Taux d’inflation = (8,99 $ – 6,99 $) / 6,99 $ x 100
Taux d’inflation = 28,61 %
La même formule s’applique à l’indice officiel. L’IPC d’ensemble s’établissait à 169,8 en août 2026 contre 164,8 en août 2025, tous deux sur la base 2002 = 100, ce qui donne (169,8 – 164,8) / 164,8 x 100 = 3,0 %.
Qui profite de l’inflation?
Les entreprises qui peuvent augmenter leurs prix et tirer profit de ces prix gonflés sont celles qui bénéficient le plus de l’inflation. Plus précisément, les secteurs tels que l’immobilier et les supermarchés sont les plus avantagés lorsque l’inflation est élevée. Une fois que les prix sont augmentés en raison de l’inflation, ils ne retombent pas à leur niveau antérieur, étant donné que les augmentations sont généralisées et ne se limitent pas à un pic ponctuel, comme lorsque la sécheresse affecte les récoltes de laitues. Au contraire, ils stagnent ou augmentent beaucoup plus lentement une fois l’inflation maîtrisée.
Les emprunteurs qui détiennent une dette à taux fixe y gagnent aussi, dans un sens plus étroit. L’inflation érode la valeur réelle d’un versement hypothécaire fixe au fil du temps : un versement établi en dollars de 2026 coûte moins en pouvoir d’achat à la fin d’un terme de cinq ans. Cet avantage ne tient toutefois que pendant que le taux demeure verrouillé, ce qui explique pourquoi il disparaît au renouvellement.
Qui souffre de l’inflation?
L’inflation nuit aux consommateurs, en particulier à ceux qui ont des revenus faibles ou fixes, car elle érode le pouvoir d’achat. Lorsque les revenus restent inchangés alors que le coût de tout augmente, vous en avez moins qu’avant pour votre argent. Les personnes à faible revenu ou disposant d’un budget fixe consacrent généralement une part importante de leur revenu à des dépenses comme le loyer et la nourriture, dont il est difficile de se passer lorsque les prix augmentent. Pour s’adapter, elles doivent sacrifier d’autres dépenses, ce qui affecte leur niveau de vie.
Le mois d’août montre à quel point cette réalité est inégale. Un locataire du Manitoba a composé avec des loyers en hausse de 4,3 % et une inflation provinciale de 4,4 %, tandis qu’un propriétaire ontarien faisait face à une inflation provinciale de 2,4 %. Un ménage néo-écossais qui se chauffe au mazout a absorbé une hausse de 43,7 % de ce coût, en plus du taux d’inflation provincial le plus élevé au pays, à 5,1 %. Le chiffre national de 3,0 % ne décrit aucune de ces situations avec précision.
Nous sommes curieux…
Foire aux questions (FAQ) sur l’inflation et l’IPC au Canada
Qu’est-ce que le taux d’inflation?
Le taux d’inflation est une mesure du rythme auquel les prix des biens et des services augmentent et, par conséquent, le pouvoir d’achat diminue. Les banques centrales tentent de limiter l’inflation afin de maintenir le bon fonctionnement de l’économie.
Quel est le taux d’inflation actuel au Canada?
Le taux d’inflation du Canada s’est établi à 3,0 % sur un an en août 2026, inchangé par rapport à juillet, selon Statistique Canada. En excluant l’essence, l’IPC a progressé de 2,4 %. La prochaine publication de l’IPC, qui portera sur les données de septembre, est prévue le 19 octobre 2026.
Pourquoi le taux d’inflation est-il important?
Le taux d’inflation est un indicateur économique important, car il affecte la valeur de la monnaie et indique la santé d’une économie. Un taux d’inflation modéré est généralement considéré comme normal dans une économie en croissance. Toutefois, une inflation élevée peut éroder le pouvoir d’achat et créer une incertitude économique.
Pourquoi l’inflation est-elle restée à 3,0 % si les prix de l’essence ont ralenti?
L’inflation est restée à 3,0 % en août parce que des hausses ailleurs ont compensé le ralentissement de l’essence. L’essence a ralenti à 22,8 % sur un an, contre 25,7 %, ce qui a tiré le taux d’ensemble vers le bas, tandis que les prix des voyages organisés ont bondi de 26,1 % et les loyers de 2,8 %. La preuve la plus claire de ce changement est l’inflation hors essence, passée à 2,4 % après trois mois à 2,2 %.
Quelle province affiche le taux d’inflation le plus élevé au Canada?
La Nouvelle-Écosse affichait le taux d’inflation provincial le plus élevé en août 2026, à 5,1 %, suivie du Nouveau-Brunswick à 4,6 %, puis de l’Île-du-Prince-Édouard et du Manitoba à 4,4 % chacun. L’Ontario affichait le taux le plus bas, à 2,4 %. La hausse de 43,7 % des prix du mazout sur un an explique une bonne partie de l’écart des provinces de l’Atlantique, puisque le mazout y sert plus couramment au chauffage résidentiel.
Les prix des aliments augmentent-ils encore plus vite que l’inflation?
Non. La croissance des prix dans les épiceries a ralenti à 2,8 % sur un an en août 2026, après 3,1 % en juillet, passant sous l’IPC d’ensemble pour la première fois depuis juillet 2024. Les produits laitiers ont mené ce ralentissement, à 0,7 %. Les prix demeurent toutefois supérieurs de 29,0 % à ceux d’août 2021 : un rythme de hausse plus lent n’équivaut donc pas à une baisse des prix.
Quel est l’impact de l’inflation sur les consommateurs?
L’inflation érode le pouvoir d’achat, ce qui signifie que les consommateurs doivent dépenser plus pour s’offrir la même quantité d’un bien ou d’un service pour lequel ils dépensaient moins auparavant. Cette situation affecte les personnes à faible revenu ou disposant d’un budget fixe, car elles doivent dépenser une plus grande partie de leur revenu à mesure que les prix augmentent, ce qui réduit leur niveau de vie.
Qu’est-ce que la désinflation?
La désinflation se produit lorsque le rythme de la hausse des prix ralentit, alors que les prix continuent malgré tout d’augmenter. Le Canada a traversé une longue période de désinflation en 2023 : l’IPC global est passé d’un sommet de 8,1 % en juin 2022 à 3,4 % en décembre 2023, sans que les prix reculent pour autant.
Qu’est-ce que la déflation?
La déflation est le contraire de l’inflation et se produit lorsque les prix baissent rapidement. Bien que cela puisse sembler une bonne chose pour ceux qui luttent pour supporter des prix trop élevés, une baisse rapide des prix peut entraîner une diminution des bénéfices des entreprises, car les consommateurs hésitent à dépenser en attendant que les prix baissent davantage. Si la baisse des prix se prolonge, elle peut entraîner des pertes d’emplois et des réductions de salaires qui affectent l’ensemble de l’économie.
La déflation peut être un signal d’alarme indiquant qu’une récession est imminente ou en cours. Un exemple de déflation prolongée s’est produit au Canada pendant la Grande Dépression, lorsque les prix ont chuté de manière significative, entraînant une montée en flèche du taux de chômage.
Qu’est-ce qu’un taux d’intérêt réel négatif?
Les taux d’intérêt réels ont été corrigés de l’inflation. Ils peuvent être calculés comme le taux d’intérêt moins le taux d’inflation global. Ce calcul reflète plus précisément le coût réel des fonds pour les emprunteurs et le rendement réel pour les prêteurs ou les investisseurs.
Par exemple, si vous détenez une obligation canadienne avec un rendement de 4 % et que l’inflation est actuellement de 3,0 %, votre taux de rendement réel est de 1,0 %. Un taux d’intérêt réel négatif résulte d’une inflation supérieure au taux d’intérêt. Par exemple, votre obligation canadienne avec un rendement de 4 % alors que l’inflation est actuellement de 5 % se traduirait par un taux de rendement réel négatif de 1 %.
Un taux d’intérêt réel négatif se produit dans l’économie canadienne lorsque le taux directeur est inférieur à l’inflation. En mars 2022, le taux directeur était de 0,5 % et l’inflation de 6,7 %, soit un taux d’intérêt réel négatif de 6,2 %.
En conclusion
Le taux d’inflation au Canada, mesuré par l’indice des prix à la consommation (IPC), s’est maintenu à 3,0 % en août 2026 pour un deuxième mois consécutif, le ralentissement des prix de l’essence ayant été contrebalancé par la hausse des prix des voyages organisés et des loyers. Les mesures de l’inflation fondamentale de la Banque du Canada sont demeurées près de la cible de 2 %, l’IPC-tronq à 1,9 % et l’IPC-méd à 2,0 %, tandis que l’inflation hors essence est passée à 2,4 %. Un taux global inchangé qui masque une pression sur les prix plus largement répartie : voilà le détail qui compte pour les taux.
Que vous soyez propriétaire avec un prêt hypothécaire, locataire, propriétaire d’une entreprise ou consommateur, il est essentiel de surveiller le taux d’inflation et de comprendre ses implications sur votre stratégie financière, vos projets d’achat immobilier et de prêt hypothécaire. La prochaine publication de l’IPC, portant sur septembre, arrive le 19 octobre 2026, neuf jours avant la décision du 28 octobre de la Banque du Canada.
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