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La stagflation est-elle une réelle menace pour le Canada?

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La stagflation est-elle une réelle menace pour le Canada?

La stagflation est l’un de ces termes économiques qui refont surface dès que la croissance paraît fragile et que les pressions inflationnistes persistent. Elle évoque immédiatement les années 1970 et ravive les craintes d’un recul du niveau de vie, d’une inflation tenace et de décideurs coincés entre de mauvaises options. Au Canada, ces inquiétudes sont revenues alors que de nombreux ménages font face à des enjeux d’abordabilité, à des perspectives d’emploi inégales et à une grande incertitude quant à l’orientation future des taux d’intérêt.

La question la plus utile n’est toutefois pas de savoir si la stagflation fait un bon titre, mais bien si le Canada y est réellement confronté. Les étiquettes économiques peuvent aider à cerner les risques, mais elles peuvent aussi simplifier à l’excès une réalité plus nuancée. Comprendre ce qu’est véritablement la stagflation, pourquoi elle revient dans le débat canadien et en quoi le contexte actuel diffère est beaucoup plus pertinent que de réagir au terme lui-même.

Voyons ce que signifie la stagflation, pourquoi elle refait surface dans la conversation économique au Canada et ce que l’environnement actuel implique concrètement pour les Canadiens, en particulier lorsqu’il est question de décisions hypothécaires et de planification financière à long terme.


Les grandes lignes

  • La stagflation survient lorsque l’inflation persistante s’accompagne d’un chômage élevé et d’une croissance économique stagnante.
  • L’économie canadienne est fragmentée, avec une croissance inégale, une inflation persistante dans les dépenses essentielles et un marché du travail en ralentissement, mais toujours résilient.
  • Pour les emprunteurs hypothécaires, la gestion de l’incertitude par une stratégie adaptée est plus importante que de tenter d’anticiper les mouvements de taux.

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Ce que signifie réellement la stagflation

La stagflation est une situation économique rare dans laquelle une croissance faible ou stagnante, une inflation durablement élevée et une hausse du chômage se produisent simultanément. En temps normal, l’inflation tend à ralentir lorsque la croissance économique faiblit. La stagflation rompt ce lien, ce qui la rend particulièrement difficile à gérer pour les autorités économiques.

Ce qui rend la stagflation problématique, c’est surtout sa persistance. Un chevauchement temporaire entre un ralentissement économique et une hausse des prix ne suffit pas à parler de stagflation. Historiquement, la véritable stagflation apparaît lorsque des chocs d’offre, des contraintes de politique économique et une détérioration du marché du travail s’alimentent mutuellement sur une période prolongée.

Cette distinction est essentielle. Les économies modernes peuvent connaître de l’inflation en période de ralentissement sans pour autant entrer en stagflation. Les marchés du travail sont aujourd’hui plus flexibles, et les cadres de politique économique beaucoup plus adaptables qu’ils ne l’étaient il y a plusieurs décennies.

Pourquoi la stagflation revient dans le débat au Canada

La stagflation refait surface dans les discussions au Canada parce que l’économie envoie des signaux contradictoires. La croissance a ralenti sans pour autant s’arrêter; l’inflation met plus de temps à se normaliser dans certaines catégories clés; le marché du travail demeure volatil; et la confiance des ménages comme des entreprises s’est affaiblie.

Même si certains indicateurs économiques laissent entrevoir une certaine résilience, la réalité vécue par les ménages paraît souvent plus difficile. Les coûts du logement, de l’alimentation, des assurances et du service de la dette sont des dépenses incontournables qui pèsent lourdement sur les budgets. Ces pressions influencent davantage la perception économique que les chiffres globaux de croissance et expliquent pourquoi l’anxiété économique demeure élevée. Cela dit, un malaise économique ne signifie pas automatiquement un dysfonctionnement économique.

Une croissance qui paraît meilleure sur papier que dans la réalité

La croissance canadienne a été soutenue en partie par les dépenses publiques et la dynamique commerciale, plutôt que par un investissement robuste du secteur privé. Cela peut maintenir le PIB en territoire positif sans améliorer de façon tangible la situation financière des ménages.

Les entreprises demeurent prudentes en matière d’embauche et d’expansion, tandis que les consommateurs s’appuient davantage sur l’épargne et l’endettement pour maintenir leurs dépenses. Ce décalage explique pourquoi la confiance reste fragile, même lorsque l’économie évite une contraction franche. Une croissance plus faible reflète souvent un ajustement, et non un effondrement.

Une inflation plus tenace que prévu

L’inflation a reculé par rapport à ses sommets, mais elle demeure persistante dans les catégories qui comptent le plus pour les ménages. Les coûts liés au logement, aux services, aux assurances, à l’alimentation et à l’énergie s’ajustent lentement et sont moins sensibles aux variations des taux d’intérêt.

Une grande partie de cette persistance inflationniste est de nature structurelle plutôt que liée à la demande. Les contraintes d’offre et les mécanismes de fixation des prix plus rigides font en sorte que l’inflation peut perdurer, même lorsque la demande ralentit. Une inflation persistante n’indique pas nécessairement une perte de contrôle, mais elle complique les décisions de politique économique.

Un marché du travail qui se refroidit de façon inégale

Le marché du travail canadien s’est assoupli, mais de manière inégale. Certaines régions et certains secteurs font face à des mises à pied ou à un ralentissement de l’embauche, tandis que d’autres demeurent relativement solides. La croissance des salaires a ralenti, et la qualité de l’emploi devient une préoccupation croissante.

La stagflation classique suppose une détérioration soutenue du marché du travail combinée à une faible croissance et à une inflation élevée. Au Canada, le marché du travail s’est refroidi, mais il n’a pas montré la dégradation généralisée associée à une véritable stagflation.

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En quoi le contexte actuel diffère d’une véritable stagflation

Plusieurs éléments clés de la stagflation classique sont absents. L’inflation est inconfortable, mais elle n’est pas hors de contrôle. Le chômage a augmenté modestement, tout en demeurant bien en deçà des niveaux observés lors de crises majeures. La croissance est faible, mais elle n’est pas inexistante.

La situation actuelle se décrit mieux comme une fragmentation que comme une stagnation. Différentes régions, industries et catégories de ménages vivent simultanément des réalités économiques distinctes. Cette complexité rend les trajectoires plus difficiles à prévoir, mais elle signifie aussi que les résultats ne sont pas figés d’avance.

Ce que la Banque du Canada peut – et ne peut pas – faire face aux risques de stagflation

La Banque du Canada fait face à un délicat exercice d’équilibre lorsque les risques de ralentissement économique coexistent avec des risques inflationnistes. Réduire les taux trop agressivement pourrait raviver l’inflation, tandis que les maintenir trop élevés trop longtemps risque d’accentuer les pressions économiques.

L’ancien gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, résumait bien ce dilemme : « Dans ce contexte, une banque centrale devrait se dire : “Je dois baisser les taux pour amortir le choc, mais je dois aussi les augmenter pour empêcher l’inflation de repartir.” Dans ce genre de situation, on est plus porté à faire très peu, et c’est exactement ce que nous observons. »

La politique monétaire a aussi ses limites. Elle ne peut pas régler les chocs commerciaux, les contraintes d’offre ou les déséquilibres structurels. Comme l’a souligné Frances Donald, économiste en chef chez RBC : « La politique monétaire n’est pas le bon remède pour une économie qui devient fragmentée à ce point. »

Ce que cela signifie pour les taux hypothécaires au Canada

Les taux hypothécaires ne réagissent pas de façon uniforme à l’incertitude économique. Les taux variables sont étroitement liés aux décisions de politique monétaire, tandis que les taux fixes sont déterminés par les marchés obligataires, qui intègrent les anticipations d’inflation, les flux de capitaux mondiaux et l’appétit pour le risque des investisseurs.

Cette distinction entre la façon dont les taux fixes et variables sont établis est essentielle pour les Canadiens qui tentent d’interpréter les manchettes économiques et les prévisions de taux hypothécaires.

Pourquoi les taux fixes ne baissent pas toujours quand la croissance ralentit

Les taux hypothécaires fixes suivent l’évolution des rendements des obligations du gouvernement du Canada, lesquels intègrent le risque inflationniste. Lorsque les investisseurs estiment que les pressions inflationnistes pourraient persister, les rendements obligataires peuvent demeurer élevés, même si la croissance économique ralentit.

Dans un contexte où la croissance faiblit sans que l’inflation ne recule franchement, les taux fixes peuvent donc rester plus élevés plus longtemps. Cela remet en question l’idée selon laquelle un ralentissement économique mène automatiquement à une baisse des coûts d’emprunt à taux fixe.

Pourquoi les taux variables paraissent plus prévisibles, mais comportent des risques

Les taux variables réagissent plus directement aux décisions de la Banque du Canada, ce qui peut les rendre plus faciles à comprendre. Lorsque la Banque abaisse son taux directeur, les taux variables, qui sont indexés au taux préférentiel des prêteurs, suivent généralement le mouvement.

Cette prévisibilité s’accompagne toutefois de volatilité. Les emprunteurs doivent avoir la marge de manœuvre financière et la tolérance au risque nécessaires pour absorber des fluctuations. Une certaine prévisibilité au niveau des politiques ne garantit pas une prévisibilité équivalente pour les budgets des ménages.

Comment les Canadiens devraient réfléchir au risque dans ce contexte

Le risque le plus important n’est pas de mal qualifier l’économie, mais de prendre des décisions fondées sur des hypothèses trop simplistes. Que la stagflation se matérialise ou non, l’incertitude risque de persister.

Les étiquettes économiques ne paient pas les versements hypothécaires. Le terme, la structure, la flexibilité du prêt et la capacité d’absorption financière comptent bien davantage que le fait d’anticiper correctement le prochain virage macroéconomique. Les stratégies hypothécaires conçues pour la résilience tendent à à offrir de meilleurs résultats dans une grande variété de scénarios.

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Foire aux questions (FAQ) sur la stagflation

La stagflation survient lorsqu’une économie connaît simultanément une croissance faible, une inflation élevée et une hausse du chômage. Elle est rare, car ces conditions ne persistent généralement pas ensemble sur une longue période.

Non. Le Canada ne se trouve pas en situation de stagflation « classique ». La croissance a ralenti et l’inflation demeure élevée dans certains secteurs, mais le chômage n’a pas augmenté suffisamment pour répondre à l’ensemble des critères de la stagflation.

Les pressions sur le coût de la vie, la persistance de l’inflation dans les dépenses essentielles, le ralentissement de la croissance et l’incertitude économique donnent une impression de stagflation, même si les données ne confirment pas pleinement ce scénario.

Un contexte de stagflation peut maintenir les taux hypothécaires fixes à un niveau élevé en raison du risque inflationniste, tandis que les taux variables restent davantage liés aux décisions de politique monétaire de la Banque du Canada et peuvent demeurer volatils.

Les décisions hypothécaires devraient avant tout reposer sur les objectifs financiers à long terme, la situation personnelle, les flux de trésorerie, la flexibilité et la tolérance au risque de chaque emprunteur, plutôt que sur des étiquettes économiques. Les stratégies capables de fonctionner dans plusieurs scénarios sont généralement plus efficaces que les tentatives de synchronisation du marché.

En conclusion

La stagflation est un cadre d’analyse utile, mais ce n’est pas un diagnostic. Le Canada fait face à de réels défis, notamment une croissance inégale et des pressions persistantes sur les coûts, mais la réalité actuelle est plus nuancée qu’un simple terme ne le laisse entendre. Le paysage économique est marqué par la fragmentation, plutôt que par une stagnation généralisée.

Pour le marché hypothécaire canadien, cela signifie que la stratégie importe davantage que les prédictions. Les acheteurs et les propriétaires qui renouvellent ou refinancent naviguent dans un contexte où les taux peuvent évoluer de façon inégale, alors que la clarté économique peut prendre du temps à s’installer.

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