La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 % | Annonce de septembre 2026
La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 % alors que l’incertitude commerciale restreint ses options
La Banque du Canada a maintenu aujourd’hui son taux cible du financement à un jour à 2,25 %, marquant un septième statu quo consécutif. Le taux directeur n’a pas bougé depuis octobre 2025.
Si vous vous demandez s’il vaut mieux opter pour un taux fixe ou variable pour votre prochain prêt, le chiffre le plus déterminant cette semaine n’était pas celui publié par la Banque. Le rendement des obligations de 5 ans du gouvernement du Canada a grimpé tout au long du mois d’août, entraînant la hausse du taux hypothécaire fixe. Voici ce qui a changé depuis l’annonce du 15 juillet et ce que cela signifie pour votre stratégie.
Meilleurs taux hypothécaires
Ce que la Banque du Canada a décidé
Le taux directeur de la Banque du Canada s’établit actuellement à 2,25 %, le taux officiel d’escompte à 2,5 % et le taux de rémunération des dépôts à 2,20 %, des niveaux inchangés depuis la dernière baisse survenue le 29 octobre 2025. Comme l’annonce de septembre ne s’accompagnait pas d’un Rapport sur la politique monétaire, le gouverneur Tiff Macklem et la première sous-gouverneure Carolyn Rogers ont répondu aux questions sans s’appuyer sur de nouvelles projections économiques. La prochaine mise à jour des prévisions sera présentée lors de l’annonce du 28 octobre.
Le cadre d’analyse retenu par la Banque pour le mois de septembre découle de sa décision de juillet, lorsqu’elle a jugé que le taux actuel était approprié pour soutenir la reprise et ramener l’inflation à sa cible. À ce moment, la Banque prévoyait une croissance de 0,7 % pour 2026, suivie d’une accélération à 1,8 % en 2027 et en 2028. Sa trajectoire d’inflation prévoyait un apaisement de l’IPC global aux alentours de 2,5 % au cours de la seconde moitié de l’année, avant un retour à 2 % au début de 2027.
L’évolution de l’inflation depuis cette annonce présente un portrait ambigu. L’IPC global a atteint 3 % en juillet, touchant la limite supérieure de la fourchette cible de 1 % à 3 % de la Banque. De leur côté, les mesures clés privilégiées par l’institution ont affiché une moyenne de 2 %, l’IPC-tronq s’établissant à 1,9 % et l’IPC-méd à 2 %. La quasi-totalité de cet écart s’explique par la flambée des prix de l’essence. Si on exclut l’essence, l’inflation s’est établie à 2,2 %. La Banque a répété à plusieurs reprises qu’elle ne tiendrait pas compte d’un choc énergétique temporaire tant que celui-ci demeurait contenu, et l’inflation fondamentale ne lui donne aucune raison de changer de cap.
Pourquoi la Banque a fait une pause après une croissance de 3,3 %
La semaine dernière, quelques jours à peine avant la décision, Statistique Canada rapportait que le PIB réel avait progressé de 3,3 % en rythme annuel au deuxième trimestre, soit le rythme trimestriel le plus rapide en plus de trois ans. Ce chiffre a dépassé la prévision de 2,5 % établie par la Banque en juillet pour le T2, tandis que la même publication révisait à la hausse la croissance du T1, la faisant passer d’une stagnation initiale à 0,3 % en rythme annuel. Sur une base individuelle, le PIB réel par habitant a augmenté de 1 % au cours du trimestre, sous l’effet du déclin démographique observé depuis maintenant trois trimestres consécutifs.
Une donnée aussi robuste plaiderait normalement contre le maintien du taux directeur, et les gains n’ont rien d’étroit. La consommation a affiché des gains solides et l’activité sur le marché du logement a rebondi après plusieurs trimestres de faiblesse. Une partie de cette vigueur découle toutefois de facteurs temporaires, et le moment du trimestre compte davantage que son ampleur. Les dépenses en immobilisations des entreprises, s’est redressé après cinq trimestres consécutifs de repli. Les ouvrages d’ingénierie (qui désignent les projets d’infrastructures d’envergure non résidentiels) ont progressé de 2,3 %, et les dépenses en ordinateurs et matériel périphérique ont bondi de 16,7 %, principalement stimulées par l’importation de processeurs destinés aux centres de données. L’investissement résidentiel s’est relevé de 2,5 %, le marché de la revente en tête au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique. Le reste de cette croissance provient des exportations, et c’est précisément sur ce terrain que la situation du T2 se complique.
Les deux rapports couvrant le T2 décrivent ces exportations sous des angles différents. Dans les comptes du PIB, le volume des exportations s’est accru de 3,6 %, enregistrant sa plus forte hausse trimestrielle depuis le début de 2023, porté par les voitures de tourisme et les camions légers (+27 %) grâce à la reprise de la production automobile canadienne. La balance des paiements, qui mesure la valeur plutôt que le volume, place l’énergie au premier rang. Les exportations de biens ont augmenté de 13,1 % pour atteindre un sommet record de 232,1 milliards de dollars, tandis que les produits énergétiques ont bondi de 27,4 %. Le pétrole brut et le bitume ont atteint à eux seuls un montant record de 44,8 milliards de dollars, la guerre avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ayant fait grimper les prix. La balance des biens du Canada est ainsi passée d’un déficit de 6,4 milliards de dollars au T1 à un excédent de 12,2 milliards de dollars, le plus élevé depuis 2008, et le compte courant a affiché son premier excédent depuis 2022.
Cependant, en observant le calendrier, on constate que cette période de référence s’est terminée le 30 juin. Les négociations commerciales entre le gouvernement fédéral et Washington ont échoué en août, et les États-Unis ont imposé des tarifs douaniers de 50 % sur environ 28 milliards de dollars d’exportations canadiennes le 22 août. Le Canada a répliqué dollar pour dollar avec des contre-tarifs sur 27,6 milliards de dollars de marchandises américaines prenant effet le 8 septembre. Les estimations avancées de Statistique Canada prévoient un PIB nul pour juillet. Le trimestre soumis à l’analyse de la Banque et l’économie réelle sur laquelle elle doit appliquer sa politique ne sont pas alignés sur sa trajectoire actuelle.
Les tarifs douaniers et le moteur de la croissance ne se chevauchent que partiellement. L’énergie a jusqu’ici été exclue des mesures américaines, au même titre que la potasse, les minéraux critiques et les produits déjà assujettis aux tarifs de l’article 232, ce qui protège la principale source de valeur des exportations du trimestre. Les véhicules automobiles ne bénéficient pas d’une telle protection, alors qu’ils ont tiré la hausse des volumes. Même après ce rebond, les exportations automobiles sont demeurées sous leur moyenne trimestrielle de 2023 et 2024. Une même hausse de prix se retrouve des deux côtés du problème de la Banque. Le pétrole brut qui a fait grimper les revenus d’exportation au T2 devient l’essence qui maintient l’inflation près de 3 %, et les marges des raffineries sont restées assez élevées pour soutenir à elles seules les prix à la pompe.
Conserver le taux directeur inchangé constitue une réponse logique à cet écart. La Banque possède d’ailleurs sa propre grille de lecture quant à l’effet des contre-tarifs sur les prix. Son étude sur la vague de 2025 a révélé que ces mesures avaient augmenté le coût des biens ciblés d’environ 6 % et ajouté près de 0,3 % à l’IPC global au plus fort du choc. CIBC évalue l’impact de cette nouvelle vague à un niveau similaire de 0,3 %, estimant que le gouvernement fédéral a ciblé des biens disposant de substituts faciles et que le frein à la croissance l’emportera sur la poussée inflationniste. Oxford Economics l’évalue à un niveau plus élevé, soit jusqu’à 0,5 point de pourcentage sur les prix à la consommation l’an prochain. La Banque obtiendra les données de l’emploi d’août le 4 septembre et celles de l’inflation d’août le 14 septembre, deux rapports qui décriront les conditions économiques après l’entrée en vigueur des tarifs. Ajuster le taux dans un sens ou dans l’autre le 2 septembre aurait orienté la politique monétaire sur la base d’un trimestre déjà révolu.
Pourquoi le taux hypothécaire fixe a augmenté en août alors que le taux directeur est resté inchangé
Le taux hypothécaire fixe n’est pas établi en fonction du taux cible du financement à un jour, mais plutôt en fonction des rendements obligataires du gouvernement du Canada. Les investisseurs obligataires fixent ces rendements en tenant compte du risque d’inflation mondiale, de l’offre des titres du Trésor américain et du marché du pétrole, des facteurs sur lesquels la Banque du Canada n’a aucun contrôle. Un taux directeur stable aux côtés de taux fixes à la hausse ne constitue donc pas une contradiction, puisque ces deux composantes dépendent de marchés distincts.
Le mois d’août en a fait la démonstration à deux reprises. Le 17 août, les prêteurs ont augmenté les taux fixes de 5 à 20 points de base pour les termes de 3, 4 et 5 ans. L’élément déclencheur a été le rendement obligataire de 5 ans du Canada, qui a clôturé à 3,31 % en réaction aux données de l’inflation de juillet légèrement plus chaudes que prévu. Quatre jours plus tard, une vague de vente massive sur le marché obligataire mondial a poussé les rendements vers un sommet sur 12 mois près de la barre des 3,36 %. Les prêteurs ont alors ajusté leurs grilles de taux à la hausse une seconde fois, la plupart de 10 à 15 points de base et, dans certains cas, jusqu’à 20 points de base. Tous les prêteurs n’ont pas suivi ces deux mouvements, et certains ont même réduit certains termes ciblés. Le rendement des obligations du gouvernement du Canada n’a pas poursuivi sa montée en flèche par la suite. Selon le tableau officiel de la Banque, il a clôturé à 3,26 % le 26 août, soit environ 10 points de base sous son niveau du 21 août.
Les prêteurs ont maintenu cette tarification sans revenir en arrière. Cette montée n’a rien de proprement canadien. Les rendements des obligations à long terme ont augmenté dans l’ensemble des grands marchés au cours de l’été, et le Canada a suivi, ce qui a resserré les conditions financières sans aucune décision de politique monétaire. L’Institut C.D. Howe en tire la conclusion pratique : quand les marchés obligataires resserrent les conditions d’eux-mêmes, la Banque a moins besoin de le faire. Ce mouvement est peut-être aussi allé trop loin. Desjardins estime que les marchés anticipent un taux directeur supérieur à 3,00 % en 2027, alors que sa propre prévision s’établit à 2,75 %, jugeant que des tarifs douaniers permanents réduisent la croissance potentielle et, par conséquent, le taux neutre. Si cette lecture se confirme, les rendements obligataires peuvent reculer et les taux fixes s’assouplir sans que la Banque abaisse son taux directeur.
Pour l’emprunteur, la conclusion pratique se résume rapidement : si vous cherchez un taux hypothécaire fixe, le chiffre qui détermine votre coût est le rendement obligataire, et celui-ci peut fluctuer quotidiennement sans aucune intervention de la Banque. Si vous détenez un produit à taux variable, ce sont les décisions de la Banque du Canada qui comptent, et l’annonce de septembre confirme que rien ne change pour l’instant.

Ce que signifie le statu quo si vous avez un prêt à taux variable
Pour les emprunteurs détenant un prêt hypothécaire à taux variable ou ajustable, le coût de votre emprunt et vos versements mensuels demeurent inchangés pour ce cycle. Les prêteurs établissent leur taux préférentiel à partir du taux directeur de la Banque du Canada; un maintien laisse donc le taux préférentiel intact, et tout produit indexé sur ce dernier demeure inchangé.
Si vous avez un prêt à taux variable à versements fixes, votre paiement reste le même et la répartition entre le capital et les intérêts ne bouge pas. Si vous avez un prêt à taux ajustable, votre versement fluctue avec le taux préférentiel; il demeure donc stable pour le moment.
Le véritable changement réside dans la suite des choses. Pendant la majeure partie de 2024 et de 2025, le choix d’un taux variable s’appuyait sur la perspective de baisses successives dont l’emprunteur pouvait profiter au fil du temps. Cet argument ne tient plus aujourd’hui. Les anticipations des marchés ont basculé : on ne se demande plus quand la Banque réduira son taux, mais plutôt quand elle le haussera. Le consensus actuel table sur un statu quo pour le reste de 2026, la première hausse étant attendue au premier semestre de 2027. Dans un sondage Bloomberg, 63 % des économistes partageaient cette vision, ce qui correspond aux anticipations des swaps à un jour. L’échéancier implicite des marchés a d’ailleurs fluctué de manière notable au cours du mois d’août; toute probabilité avancée aujourd’hui doit donc être considérée comme un simple constat temporaire.
Si vous hésitez entre un taux fixe ou variable, faites d’abord vos calculs. L’utilisation d’une calculatrice de choc des paiements vous montrera exactement ce qu’une hausse de 25 ou 50 points de base ferait à vos obligations mensuelles. Déterminer si votre budget peut absorber cette variation est la vraie question à vous poser.
Ce que signifie le statu quo si vous avez un taux fixe ou un renouvellement hypothécaire à venir
Rien ne change en cours de terme pour les détenteurs de taux fixes. Votre taux d’intérêt et votre versement mensuel ont été bloqués lors de la signature, et une décision de politique monétaire n’affecte pas un terme fixe en cours.
C’est sur le renouvellement hypothécaire que la décision de septembre fait sentir ses effets. Le taux offert aujourd’hui n’est plus celui du milieu de juillet, deux vagues de hausses ayant été appliquées par les prêteurs entre-temps. Toute personne dont la date d’échéance survient dans les 6 prochains mois a intérêt à commencer à magasiner dès maintenant. De toute façon, la réunion d’octobre de la Banque ne dictera pas la tarification des taux fixes.
Le portrait du renouvellement est également moins sombre que ce que suggère la couverture médiatique. Dans ses divulgations du T3, la BMO a indiqué qu’environ la moitié des prêts hypothécaires renouvelés l’ont été avec un versement inférieur à ce que l’emprunteur payait auparavant. Les clients ayant signé au sommet du dernier cycle de resserrement renouvellent encore à des taux plus bas, même si les taux fixes ont remonté par rapport à leurs creux du printemps.
Un blocage de taux constitue une protection pratique pendant que vous magasinez. Il gèle les prix d’aujourd’hui pour une période déterminée, évitant qu’une répétition des mouvements obligataires d’août n’augmente votre taux au milieu de vos démarches.
Ce qui pourrait faire changer d’idée la Banque avant la réunion d’octobre
Le calendrier d’ici la prochaine décision comporte quatre dates clés. Statistique Canada publiera les données sur l’emploi d’août le 4 septembre et celles sur l’inflation d’août le 14 septembre. Les contre-tarifs du Canada entreront en vigueur le 8 septembre. La Banque publiera son résumé des délibérations le 16 septembre, offrant le regard le plus détaillé sur la réflexion du Conseil de direction.
Chaque élément pointe dans une direction précise. Le marché du travail joue dans les deux sens. Le taux de chômage est légèrement descendu à 6,4 % en juillet, mais la demande de main-d’œuvre demeure modérée et l’économie est en situation d’offre excédentaire, ce qui freine l’inflation plutôt que de l’alimenter. Une inflation fondamentale qui s’élargirait au-delà de l’essence renforcerait le scénario d’une hausse, la tolérance de la Banque à l’égard du choc énergétique ayant toujours été conditionnée au fait que ce débordement ne se produise pas. Le marché du travail pointe dans la même direction. Plus de 180 000 emplois ont été créés de mai à juillet, et le taux de chômage a atteint son plus bas niveau en 2 ans. Inversement, un impact tarifaire suffisamment lourd pour miner la croissance renforcerait le scénario d’une baisse. Les Services économiques RBC évaluent les mesures américaines actuelles à environ 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis et à près de 0,4 % du PIB et des emplois au Canada. Il s’agit d’un effet réel, sans être décisif.
L’analyse de RBC du 27 août situe le risque principal dans une escalade plutôt que dans les tarifs déjà appliqués. Une escalade majeure nuirait suffisamment à la croissance pour contrebalancer les craintes d’inflation, ce qui militerait alors pour des baisses de taux. En s’en tenant aux mesures actuelles, RBC s’attend à ce que la Banque maintienne son taux directeur pour le reste de 2026.
Ces deux risques ne pèsent toutefois pas de façon égale. Desjardins souligne que la Banque avait un plan pour une inflation tirée par le pétrole et un plan pour une escalade commerciale, sans jamais préciser ce qu’elle ferait si les deux se matérialisaient en même temps. Son mandat relatif à l’inflation l’oblige à accorder la priorité aux pressions sur les prix plutôt qu’à la croissance lorsque les deux entrent en conflit, ce qui repousse une baisse plus loin que ne le laisse croire une lecture équilibrée.
Aucun de ces deux extrêmes ne constitue le scénario de base aujourd’hui, mais l’équilibre s’est déplacé. Les risques à la hausse entourant l’inflation ont augmenté, tandis que les droits de douane rendent les perspectives de croissance plus incertaines, et la Banque s’est gardée de s’engager dans un sens ou dans l’autre. L’hypothèse de travail pour un emprunteur reste que le taux directeur demeurera à 2,25 % cet automne, tout mouvement devant être traité comme une exception. Nos prévisions des taux hypothécaires suivent ces mêmes indicateurs sur un horizon à plus long terme.
En conclusion
Le taux directeur s’établit à 2,25 % depuis près d’un an, et la décision du 2 septembre est venue confirmer ce statu quo. L’annonce apporte néanmoins des éclaircissements : la Banque est à l’aise d’attendre de voir comment évoluera le contexte commercial, et cette patience laisse intacte la partie la plus active de la tarification hypothécaire.
Toute personne qui magasine ou renouvelle son prêt cet été et qui s’est concentrée uniquement sur l’annonce principale a manqué deux hausses de taux fixes en l’espace de 5 jours en août. Si vous devez renouveler avant la fin de l’année ou réaliser un achat prochainement, contactez les experts hypothécaires de nesto pour évaluer les taux fixes et variables adaptés à votre date de renouvellement et à votre budget.
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