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Taux directeur : la Banque du Canada le maintient à 2,25 %

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La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 % : la prochaine variation pointe vers le haut

Au Canada, le taux directeur de la Banque du Canada demeure fixé à 2,25 % en date du 10 juin 2026, prolongeant ainsi la plus longue période de stabilité monétaire observée depuis la fin du cycle de baisse en 2024. Il s’agit d’un cinquième maintien consécutif auquel la quasi-totalité des analystes s’attendait. Les marchés financiers avaient d’ailleurs anticipé ce statu quo, n’accordant qu’une probabilité d’environ 5 % à une variation d’un quart de point.

L’annonce du maintien en soi n’est toutefois pas l’élément le plus révélateur de la journée. C’est plutôt l’orientation future de la politique monétaire qui retient l’attention. Alors que les emprunteurs espéraient une nouvelle baisse depuis plus d’un an, le marché des swaps a discrètement ajusté ses prévisions, et la prochaine modification attendue est désormais une hausse. Ce revirement de situation redéfinit l’ensemble des décisions relatives au prêt hypothécaire pour la période estivale.

La conclusion logique à en tirer n’est donc pas un soulagement pour les consommateurs. Il s’agit d’un statu quo restrictif : les taux se stabilisent aujourd’hui, mais le vent de fraîcheur du crédit bon marché auquel les emprunteurs s’étaient habitués a cessé de souffler, et les taux fixes ont déjà entamé une progression de leur propre chef.

La Banque du Canada va-t-elle diminuer ses taux de nouveau en 2026? Les données disponibles avant le 10 juin indiquent que ce scénario demeure improbable. Les prévisions du marché chiffraient la probabilité d’une hausse lors de cette réunion à près de 5 % et celle d’une baisse à pratiquement zéro, tandis que les swaps de taux d’intérêt laissent présager une à trois augmentations d’un quart de point d’ici la fin de l’année. La BdC maintient le taux à 2,25 % depuis mars, cherchant l’équilibre entre une inflation alimentée par le secteur de l’énergie et le risque d’une récession technique s’étirant de la fin de 2025 au début de 2026.

Faits saillants et analyse des données

Voici le résumé de la décision de la Banque du Canada et les indicateurs économiques clés à retenir :

  • Le taux directeur demeure à 2,25 %, marquant un cinquième maintien d’affilée et la période de politique monétaire la plus stable depuis 2024.
  • La probabilité d’une hausse lors de cette réunion s’établissait à environ 5 %; l’éventualité d’une baisse n’était pas envisagée.
  • Le marché des swaps anticipe désormais une à trois hausses d’un quart de point d’ici la fin de l’année 2026, ce qui constitue une première trajectoire ascendante pour ce cycle.
  • L’inflation globale a augmenté à 2,8 % en avril, une poussée presque entièrement attribuable au prix de l’essence, tandis que les mesures fondamentales de la Banque du Canada ont atteint la cible de 2 %.
  • L’économie canadienne a enregistré une deuxième contraction trimestrielle consécutive, confirmant une récession technique, bien que le marché de l’emploi ait affiché un gain de 88 000 postes en mai.
  • Les taux hypothécaires fixes ont commencé à augmenter dans la foulée de la progression des rendements obligataires.

L’impact de la décision sur vos taux hypothécaires

Au Canada, le statu quo de la Banque du Canada force les deux compartiments du marché hypothécaire à évoluer dans des directions opposées. Comme les taux variables sont calqués sur le taux directeur, la stabilisation de ce dernier à 2,25 % signifie que les mensualités des prêts variables ou ajustables demeurent inchangées pour l’instant. Le taux préférentiel reste ainsi fixé à 4,45 % et l’offre de taux variable assuré le plus bas chez nesto s’établit à 3,40%.

La réalité est tout autre pour les taux fixes, car ceux-ci ne dépendent pas des décisions de la banque centrale. Ils suivent plutôt le marché obligataire, dont les rendements sont actuellement orientés à la hausse. Le taux fixe assuré de 5 ans le plus bas chez nesto s’établit à 4,09%, sous une pression à la hausse qui se fait sentir depuis plusieurs semaines.

En clair, l’élément essentiel de cette annonce passe souvent inaperçu dans l’actualité. Le taux directeur se situant près de son plancher pour ce cycle et le marché anticipant maintenant un mouvement vers le haut, les emprunteurs qui attendent une baisse des taux fixes risquent de patienter pour rien. Nos prévisions des taux hypothécaires détaillent d’ailleurs les trajectoires possibles pour les prochains mois.

Pourquoi la récession technique n’a pas dicté une baisse de taux

Les chiffres de la croissance économique au Canada ont rendu les explications de la banque centrale particulièrement délicates lors de cette annonce. L’économie canadienne a enregistré une contraction annualisée de 0,1 % au premier trimestre de 2026, après un recul révisé de 1 % à la fin de 2025. Deux trimestres consécutifs de croissance négative correspondent à la définition classique d’une récession technique.

Deux nuances majeures nuancent toutefois ce portrait. Premièrement, la population du Canada a diminué d’une année sur l’autre pour la première fois de l’histoire moderne des données démographiques, ce qui signifie que l’économie progresse en réalité si on la ramène par habitant. Deuxièmement, la désignation officielle d’une récession relève du Business Cycle Council de l’Institut C.D. Howe, qui ne s’est pas prononcé en ce sens. La première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Rogers, a d’ailleurs invité le public à regarder au-delà de l’étiquette de récession technique, évoquant un rebond attendu pour le deuxième trimestre. Ce redressement n’est d’ailleurs plus une simple prévision : l’estimation préliminaire de Statistique Canada indique que l’économie a progressé de 0,4 % en avril, le premier mois du deuxième trimestre, ce qui explique pourquoi la banque centrale a choisi de ne pas s’arrêter aux deux trimestres négatifs précédents.

Le rapport sur l’emploi du mois de mai est venu compliquer l’analyse. Le marché du travail a enregistré un bond de 88 000 emplois, soit le gain le plus important depuis décembre 2024 et un chiffre largement supérieur aux 10 000 postes attendus par les analystes, ce qui a fait glisser le taux de chômage à 6,6 %. Ce recul historique découle en partie d’un effet de structure, un plus grand nombre de jeunes travailleurs ayant décroché des postes à temps plein (données non désaisonnalisées). Quoi qu’il en soit, le ralentissement de la croissance des salaires a apaisé les craintes qu’un marché de l’emploi vigoureux vienne alimenter l’inflation. Les données globales cachent d’ailleurs une réalité plus fragile : malgré la poussée de mai, l’économie canadienne a affiché une légère perte nette d’emplois depuis le début de l’année 2026, et le recul du chômage est attribuable aux départs à la retraite et au ralentissement démographique plutôt qu’à une réelle solidité du marché. Si le portrait de surface laisse croire à une économie en surchauffe, les indicateurs sous-jacents révèlent une économie plus fragile : la croissance des salaires s’est refroidie de manière marquée, les rémunérations hebdomadaires à temps plein ont connu une baisse historique, et une part importante des embauches provient des secteurs de l’hébergement et de la restauration en vue de la Coupe du Monde de la FIFA, un effet de stimulation que les économistes qualifient de passager.

La vague de renouvellements et la véritable nature du risque actuel

Au Canada, le véritable enjeu pour la majorité des ménages réside dans le renouvellement de leur prêt plutôt que dans l’annonce du taux directeur. Environ 1,15 million de prêts hypothécaires canadiens arriveront à échéance en 2026, suivis de 940 000 autres en 2027, et la grande majorité de ces contrats avaient été conclus à des taux de l’ère pandémique nettement inférieurs aux conditions actuelles. Au moment du renouvellement, la hausse moyenne des mensualités s’établit actuellement autour de 15 %.

La bonne nouvelle est que le système financier absorbe bien ce choc. Le taux national de défaut de paiement à 90 jours se situe près de 0,24 %, soit à peine plus que sa norme d’avant la pandémie. Selon le sous-gouverneur Toni Gravelle, la Banque du Canada s’attend à ce que le risque lié aux renouvellements soit entièrement résorbé d’ici la seconde moitié de 2027. En d’autres termes, le test de stress hypothécaire remplit adéquatement sa fonction de protection.

C’est plutôt la nature même du risque qui a changé. Les taux d’intérêt demeurant élevés pour une période prolongée, le danger pour un emprunteur à la limite de sa capacité financière n’est plus le choc soudain de la hausse des paiements au renouvellement, mais plutôt le choc d’une perte d’emploi si le marché du travail se détériore. Ce changement de perspective est crucial pour quiconque envisage un refinancement : environ 4 % des emprunteurs devant renouveler leur prêt en 2027 ne se qualifieraient pas pour un refinancement aux conditions actuelles à l’échelle nationale, une proportion qui atteint près de 9 % à Toronto et qui pourrait s’alourdir si la valeur des propriétés diminuait.

Le dollar canadien, les obligations et la progression des taux fixes

Le rendement des obligations du gouvernement du Canada à 5 ans est passé d’une moyenne d’environ 3,1 % en début d’année à près de 3,36 % à la mi-mai, ce qui explique pourquoi les taux hypothécaires fixes augmentent alors que le taux directeur demeure inchangé. Les taux fixes des prêts résidentiels évoluent en effet en étroite corrélation avec le marché obligataire.

Cette poussée provient en grande partie du sud de la frontière. Une série de rapports solides sur l’emploi aux États-Unis a fait augmenter le rendement des bons du Trésor américain, incitant les investisseurs à écarter l’éventualité d’une baisse de taux par la Réserve fédérale (Fed) pour l’année au profit d’une possible hausse, et les bons du Trésor à 5 ans ont fortement progressé après la publication de ce dernier rapport. Les taux fixes au Canada se stabilisent rarement lorsque les rendements américains progressent.

Trois facteurs soutiennent cette trajectoire ascendante. D’abord, le prix du pétrole s’est de nouveau approché des 100 $ US le baril au début de juin en raison des tensions en Iran, ce qui alimente les craintes d’inflation. Ensuite, la prime de terme, c’est-à-dire le rendement supplémentaire exigé par les investisseurs pour détenir des titres à long terme, s’est élargie, faisant augmenter le rendement des obligations canadiennes à 30 ans à environ 4 %, son plus haut niveau depuis la crise financière de 2008.

Malgré le bruit médiatique, l’impact économique est demeuré circonscrit : environ 87 % des exportations canadiennes sont entrées aux États-Unis en franchise de droits en avril, maintenant le taux de taxation effectif près de 3,2 %, soit bien en deçà des 6,7 % imposés à d’autres partenaires commerciaux. Le véritable risque réside dans les changements que pourraient apporter les négociations de juillet, notamment la révision prévue au 1er juillet de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qui injecte une dose d’incertitude que les marchés tendent à pénaliser. À l’inverse, un contrepoids notable s’est manifesté : les investisseurs étrangers ont injecté un montant record de 78,6 milliards de dollars dans les obligations canadiennes au premier trimestre, un afflux de capitaux refuges qui exerce une pression à la baisse sur les rendements.

Face à cette conjoncture, le gouverneur Tiff Macklem a réitéré au printemps que la politique monétaire de la Banque du Canada devait faire preuve de souplesse. Des hausses de taux demeurent possibles si le coût de l’énergie se répercute sur l’ensemble des prix à la consommation; des baisses pourraient toutefois être envisagées si des barrières commerciales venaient à freiner la croissance économique. La banque centrale choisit ainsi de garder les deux portes ouvertes.

Portrait du marché immobilier à l’échelle du pays

À l’échelle nationale, le prix des propriétés au Canada affiche une diminution d’environ 20 % par rapport au sommet de 2022 et de près de 5 % sur un an, permettant à l’abordabilité de s’améliorer pour un neuvième trimestre consécutif, la plus longue séquence du genre jamais enregistrée. En contrepartie, cette dynamique cache un marché immobilier profondément fragmenté d’une région à l’autre.

Dans la région du Grand Toronto, les ventes ont augmenté de 14 % en mai par rapport à l’an dernier, même si l’indice des prix a diminué pour s’établir à environ 927 800 $, ce qui accorde un réel pouvoir de négociation aux acheteurs. Des signes de vulnérabilité y sont toutefois visibles, les dossiers de vente sous contrôle de justice et les retards de paiement affichant une légère hausse par rapport à leurs creux historiques. Dans l’Ouest, Calgary et Edmonton ont enregistré leurs premières progressions mensuelles de prix depuis un moment. Le Québec, quant à lui, demeure un marché d’acheteurs où le nombre d’inscriptions atteint des sommets records. Les moyennes nationales masquent ainsi des réalités régionales qui évoluent dans des directions tout à fait opposées.

Meilleurs taux hypothécaires

4,14% 3 ans fixe
4,09% 5 ans fixe
3,60% 3 ans variable
3,40% 5 ans variable

Voir tous les taux

Comment l’abordabilité a évolué à travers le Canada

Comment les changements de taux de la Banque du Canada ont influencé les prix des propriétés, la qualification hypothécaire et les coûts d’intérêt

L’abordabilité du logement au Canada évolue selon trois leviers étroitement liés : les prix des propriétés, les seuils de qualification hypothécaire et le coût courant du service de la dette hypothécaire. En utilisant les prix de référence composites et les hypothèses de tarification assurable de nesto, les tableaux ci-dessous illustrent l’évolution de l’abordabilité partout au pays depuis l’an dernier. Chaque comparaison met en parallèle les données de juin 2026 avec celles de juin 2025, offrant une lecture cohérente de l’effet de la politique monétaire sur les bilans des ménages au fil du temps.

Abordabilité du logement : variation annuelle des prix des propriétés

Le premier facteur, qui est aussi le plus visible, demeure le prix des propriétés. Même si les indices nationaux laissent parfois croire à une stabilisation des prix, les variations d’une province à l’autre peuvent être importantes, modifiant le capital initial requis pour accéder à la propriété. Dans certaines provinces, les prix de référence ont reculé d’une année à l’autre, ce qui a mécaniquement amélioré l’abordabilité. Ailleurs, les prix sont demeurés élevés ou ont continué d’augmenter, renforçant les obstacles à l’achat. Cela dit, les ajustements de prix à eux seuls n’ont pas suffi à améliorer l’abordabilité, surtout là où les coûts de financement demeuraient contraignants.

Prix des maisons
juin 2026
Prix des maisons
juin 2025
Écart annuel en dollars
Canada666 400 $695 200 $28 800 $
Colombie-Britannique889 800 $943 300 $53 500 $
Alberta514 000 $526 900 $12 900 $
Saskatchewan374 300 $358 100 $-16 200 $
Manitoba396 400 $379 800 $-16 600 $
Ontario752 400 $798 000 $45 600 $
Québec550 800 $524 400 $-26 400 $
Nouveau-Brunswick324 400 $320 300 $-4 100 $
Nouvelle-Écosse440 800 $430 500 $-10 300 $
Île-du-Prince-Édouard378 900 $364 300 $-14 600 $
Terre-Neuve339 400 $309 100 $-30 300 $
Les prix de référence correspondent aux valeurs composites de l’ACI. Les comparaisons portent sur le même mois d’une année à l’autre. Les variations annuelles en dollars représentent des changements nominaux.

Abordabilité hypothécaire : revenu requis pour se qualifier pour la même propriété

Les prix des propriétés ne constituent qu’une partie de l’équation. L’abordabilité hypothécaire dépend aussi du revenu requis pour se qualifier, des taux d’intérêt en vigueur et des critères de souscription des prêteurs. Le tableau ci-dessous montre comment le revenu des ménages nécessaire pour être admissible à la même propriété de référence a évolué d’une année à l’autre, selon un cadre de qualification constant. Dans plusieurs provinces, le revenu requis n’a pas évolué au même rythme que les prix des propriétés, les coûts d’emprunt venant neutraliser les baisses de prix. Cette divergence explique pourquoi l’abordabilité peut sembler s’améliorer en théorie, alors que l’accès au crédit hypothécaire demeure limité en pratique.

Revenu requis pour l’admissibilité
juin 2026
Revenu requis pour l’admissibilité
juin 2025
Écart annuel en dollars
Canada126 485 $124 046 $-2 439 $
Colombie-Britannique151 657 $148 400 $-3 257 $
Alberta94 441 $92 559 $-1 882 $
Saskatchewan75 559 $74 190 $-1 370 $
Manitoba80 347 $78 896 $-1 451 $
Ontario147 427 $144 673 $-2 754 $
Québec100 982 $98 966 $-2 016 $
Nouveau-Brunswick67 976 $66 789 $-1 187 $
Nouvelle-Écosse91 489 $89 875 $-1 614 $
Île-du-Prince-Édouard78 976 $77 589 $-1 387 $
Terre-Neuve66 539 $65 296 $-1 242 $
Les revenus de qualification présentés s’appliquent à l’ensemble des achats de propriétés et des refinancements hypothécaires. Ils sont calculés à partir de paiements soumis au test de résistance, selon le taux admissible minimal (TAM), soit le plus élevé entre 5,25 % (taux de référence) ou le taux contractuel majoré de 2 %. Les revenus requis sont calculés en supposant une mise de fonds de 20 %, un ratio prêt-valeur de 80 %, la tarification assurable de nesto, un amortissement brut de la dette (ABD) de 39 % et une période d’amortissement de 25 ans. Les calculs excluent les primes d’assurance prêt hypothécaire et supposent des critères de souscription constants d’une période à l’autre. Les montants indiqués représentent des seuils de qualification, et non des recommandations en matière d’abordabilité.

Abordabilité de l’accession à la propriété : évolution des coûts d’intérêt

Les pressions sur l’abordabilité ne s’arrêtent pas à l’approbation du prêt. Les ménages doivent ensuite assumer le coût courant du service de la dette hypothécaire. La dernière comparaison isole la portion des intérêts des versements afin de montrer comment le coût de détention d’une propriété a évolué d’une année à l’autre. Dans la majorité des provinces, les coûts d’intérêt ont évolué en fonction des taux d’intérêt. Malgré certains ajustements, les coûts de financement demeurent nettement plus élevés qu’avant le cycle de resserrement, ce qui influence les options de renouvellement ou de refinancement et limite l’allègement des paiements à court terme pour plusieurs propriétaires.

Coûts d’intérêt
juin 2026
Coûts d’intérêt
juin 2025
Écart annuel en dollars
Canada102 803 $100 614 $-1 577 $
Colombie-Britannique137 266 $136 520 $-1 806 $
Alberta79 293 $76 256 $-1 713 $
Saskatchewan57 742 $51 827 $-745 $
Manitoba61 151 $54 967 $-1 762 $
Ontario116 069 $115 492 $-1 924 $
Québec84 970 $75 895 $-1 265 $
Nouveau-Brunswick50 044 $46 356 $142 $
Nouvelle-Écosse68 000 $62 305 $-1 390 $
Île-du-Prince-Édouard58 451 $52 724 $-1 013 $
Terre-Neuve52 358 $44 735 $-1 471 $
Les coûts d’intérêt représentent la portion annualisée des intérêts des versements hypothécaires pour un ratio prêt-valeur de 80 %, selon un prêt assurable basé sur les prix de référence composites. Les calculs excluent le remboursement du capital, les taxes foncières, les services publics, les assurances et l’entretien. Les données illustrent la pression liée au financement, et non le coût total de la propriété.

Pourquoi ces mesures d’abordabilité sont importantes pour la politique monétaire

Pris ensemble, ces trois indicateurs expliquent pourquoi l’abordabilité a évolué de façon inégale au cours des 12 derniers mois. Les prix des propriétés ont fluctué différemment selon les régions, la qualification hypothécaire est demeurée très sensible aux taux d’intérêt et les coûts de détention sont restés élevés dans une grande partie du pays. Ces dynamiques confirment que la politique monétaire influence l’abordabilité principalement par les conditions de financement, plutôt que par une simple correction des prix. Elles appuient également une approche prudente et fondée sur les données dans l’orientation de la politique monétaire au fil du temps.


*À des fins illustratives seulement. Comparaisons effectuées à partir du taux fixe assurable le plus bas sur 5 ans de nesto, avec une mise de fonds de 20 % et une période d’amortissement de 25 ans, en utilisant les prix composites moyens au Canada publiés par l’ACI. D’autres modalités s’appliquent. Les taux peuvent changer sans préavis.

Ce que les emprunteurs de nesto choisissent réellement

Les prévisions économiques abondent, mais l’analyse des données en temps réel de nesto révèle les décisions concrètes des acheteurs canadiens, offrant un portrait bien plus fidèle de la réalité que les simples spéculations sur les taux.

On constate d’abord un écart marqué entre l’intention initiale et l’action. Parmi les demandeurs de prêts chez nesto en avril 2026, 71 % exprimaient l’intention de contracter un prêt à taux variable, soit le plus haut niveau d’intérêt pour le taux variable enregistré en 17 mois de données compilées par nesto. Pourtant, au moment de signer leur engagement officiel, seuls 34 % de ces mêmes emprunteurs ont effectivement opté pour un terme variable. L’intérêt pour le taux variable s’est ainsi contracté de plus de la moitié entre la première discussion et la signature du contrat.

Vers quel produit se sont-ils tournés? La majorité a choisi le taux fixe de 5 ans. De tous les emprunteurs ayant officialisé leur prêt ce mois-là, 51,6 % ont sélectionné le taux fixe de 5 ans. Les engagements pour ce produit ont d’ailleurs enregistré une augmentation de 80,6 % d’une année sur l’autre, ce qui représente plus du double de la progression de 32,5 % observée pour le taux variable de 5 ans.

La catégorie affichant la plus forte progression est celle du taux fixe de 3 ans. Sa part dans les contrats signés est passée d’environ 7,8 % en février à 14,3 % en avril, soit un bond de 83 % en seulement deux mois. Au sein de cette cohorte, 93,7 % des emprunteurs ont préféré le taux fixe au taux variable. Pour la vague de propriétaires devant renouveler leur prêt en 2026, l’avantage est évident : obtenir une certitude quant à leurs versements pour une période définie, avec un horizon de renouvellement en 2029 qui s’inscrira dans un contexte de taux que de nombreux analystes prévoient bien différent.

Cette quête de sécurité se manifeste également au sein de la cohorte des prêts de 5 ans. La proportion de taux fixes est passée de 52,8 % en avril 2025 à 60,4 % en avril 2026, ce qui représente un mouvement de 7,6 points de pourcentage vers le taux fixe (et un recul équivalent pour le taux variable), alors même que le taux directeur demeurait stable à 2,25 %. Les emprunteurs ont donc commencé à sécuriser leur taux fixe bien avant que le marché des swaps ne confirme officiellement la trajectoire ascendante des taux.

Votre stratégie hypothécaire selon votre situation financière

Au Canada, le maintien du taux directeur entraîne des conséquences différentes selon votre profil d’emprunteur. Voici comment interpréter cette décision pour vos finances, des scénarios que vous pouvez d’ailleurs tester selon vos propres chiffres grâce à notre calculatrice de versements hypothécaires.

Achat. Les acheteurs conservent un pouvoir de négociation réel dans une grande partie du pays, notamment dans la région du Grand Toronto, mais les coûts de financement ne diminueront pas pour autant. Obtenir une préapprobation hypothécaire s’avère essentiel afin de garantir un taux d’intérêt et de se protéger contre la volatilité du marché obligataire, dont les rendements ont varié de 35 à 40 points de base à la suite d’une seule annonce économique cette année.

Renouvellement. L’époque où il était judicieux d’attendre des baisses de taux est révolue. Les taux fixes affichent une tendance à la hausse, et force est d’admettre que de retarder votre renouvellement dans l’espoir d’obtenir un taux inférieur comporte désormais de réels risques financiers. Si la stabilité budgétaire importe plus que la quête du taux plancher, un terme fixe plus court, comme le taux fixe de 3 ans, est l’option privilégiée par une part croissante des emprunteurs de nesto.

Refinancement. La marge de manœuvre pour un refinancement se restreint pour les propriétaires dont la valeur nette sur la propriété s’est amenuisée, et les critères de qualification financière deviennent plus exigeants si le prix des maisons fléchit. Si vous planifiez un refinancement hypothécaire, agir rapidement demeure généralement la stratégie la plus prudente.

Taux variable ou ajustable. Le montant de votre versement hypothécaire mensuel reste inchangé aujourd’hui, mais vous devez vous préparer à composer avec des taux élevés pour une période prolongée plutôt qu’à un allégement imminent. Les prévisions du marché pointant désormais vers une hausse, il est recommandé d’allouer une marge de manœuvre supplémentaire à votre budget plutôt que de parier sur une baisse du taux directeur.

Statu quo ou hausse

Les économistes ne s’entendent pas sur la trajectoire que prendra la politique monétaire au Canada, et cette divergence mérite que l’on s’y attarde. Du côté des analystes plus conciliants, on soutient que la hausse de l’inflation est principalement alimentée par le secteur de l’énergie alors que les prix sous-jacents demeurent stables; la Banque du Canada pourrait donc maintenir son taux ou même l’abaisser, certains experts n’envisageant presque aucune probabilité de hausse en 2026. Les prévisions des grandes institutions financières reflètent d’ailleurs cette division : la TD, la RBC et la CIBC prévoient que le taux directeur demeurera à 2,25 % pour le reste de l’année, tandis que Capital Economics et Desjardins évoquent une probabilité croissante d’une hausse, au moment même où le marché obligataire anticipe une progression des rendements.

À l’opposé, les tenants d’une approche plus stricte mettent en avant des facteurs structurels, tels que la persistance des primes de terme, l’ampleur des déficits publics au sein des pays du G7 et les risques géopolitiques liés au prix du pétrole. L’économiste Royce Mendes, de Desjardins, a résumé ce changement de perspective sans détour en affirmant que les baisses de taux ne sont « tout simplement plus de mise ». Entre ces deux visions, le marché financier s’est clairement rallié au second camp, ce qui explique pourquoi la prochaine variation anticipée est une hausse.

Un cinquième maintien consécutif du taux directeur à 2,25 % présente une image de stabilité en surface, mais comporte des répercussions majeures sous-jacentes. La Banque du Canada choisit de garder toutes les options ouvertes, mais les marchés financiers ont arrêté leur choix : la prochaine variation s’orientera vers le haut, et les taux fixes en témoignent déjà. Pour les emprunteurs, la leçon à retenir est qu’il faut cesser de planifier en fonction de baisses de taux hypothécaires qui pourraient ne jamais se concrétiser, et plutôt bâtir sa stratégie autour de l’environnement financier réel.

C’est précisément le genre de décision qu’il convient d’analyser avec un professionnel du milieu. Les experts hypothécaires de nesto peuvent comparer vos options, bloquer un taux pour vous protéger des fluctuations du marché obligataire et vous guider vers le terme le mieux adapté à votre situation financière, loin du bruit des grands titres.


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À propos des contributeurs

Rédigé par

Samson Solomon

Expert en contenu hypothécaire

Samson est expert en contenu hypothécaire chez nesto, fort de plus de 25 ans d’expérience dans les services bancaires aux…

Révisé par

Chase Belair