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La Banque du Canada maintient son taux à 2,25 % malgré le choc pétrolier

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La Banque du Canada maintient son taux à 2,25 % alors qu’un choc pétrolier complique la suite des choses

La Banque du Canada a laissé son taux directeur inchangé à 2,25 % ce matin, prolongeant ainsi sa pause actuelle. Le Conseil de direction a dû soupeser le refroidissement de l’économie nationale face à un choc énergétique mondial soudain et sévère. Le taux préférentiel demeure à 4,45 %, offrant une certaine stabilité aux détenteurs d’hypothèques à taux ajustables (ARM) et à taux variables (VRM), au moment même où les signaux économiques tirent la Banque dans deux directions opposées.

Ce statu quo n’a rien de confortable. Le gouverneur Tiff Macklem a clairement indiqué que la Banque navigue dans un scénario de stagflation inhabituel : d’un côté, la fragilité de l’économie domestique justifierait normalement de nouvelles baisses de taux; de l’autre, un choc de l’offre d’énergie risque de propulser l’inflation bien au-delà de la limite supérieure de 3 % de la fourchette cible. Pour les Canadiens qui surveillent les taux hypothécaires, cette décision confirme à court terme les coûts d’emprunt variables, tandis que la volatilité du marché obligataire continue de dicter le sort des taux fixes.

Le choc énergétique qui a changé la donne

La décision de la Banque du Canada s’inscrit dans un contexte davantage façonné par les événements dans le golfe Persique que par ceux de Bay Street. Le conflit au Moyen-Orient a provoqué une fermeture effective du détroit d’Ormuz, perturbant une artère vitale de l’approvisionnement mondial en pétrole et faisant grimper le prix du brut Brent au-dessus de 100 $ US le baril.

L’effet d’entraînement a été immédiat et spectaculaire. Le prix de l’essence a bondi de 21,2 % en un seul mois (un record), portant l’indice des prix à la consommation (IPC) global à 2,4 % en mars. Si ce chiffre semble alarmant à première vue, la Banque a précisé que cette hausse est presque entièrement attribuable à un choc de l’offre. Le Conseil de direction a confirmé qu’il ferait abstraction de l’impact inflationniste immédiat du conflit, à condition que la flambée des prix de l’énergie ne déclenche pas une croissance persistante des prix pour les autres biens et services.

Le Conseil de direction va regarder au-delà de l’impact immédiat de la guerre sur l’inflation, mais si les prix de l’énergie demeurent élevés, nous ne laisserons pas leurs effets se généraliser et se transformer en inflation persistante

– a déclaré le gouverneur Tiff Macklem.

Sous les chiffres globaux, le portrait de l’inflation fondamentale est en fait encourageant. Les mesures de référence préférées se sont stabilisées autour de 2 %, la mesure médiane se situant à 2,3 % et la mesure tronquée tombant à 2,2 %. L’inflation fondamentale annualisée sur trois mois n’a été que de 0,8 %, soit la trajectoire la plus faible depuis la fin de 2020. C’est cette tendance sous-jacente qui a permis à la Banque de maintenir son taux plutôt que de le relever en réponse au choc énergétique.

Une économie nationale fragile

La décision de maintenir le taux reflète également une économie canadienne considérablement plus faible que ce que les chiffres globaux laissent présager. Le PIB du Canada a reculé de 0,6 % au quatrième trimestre de l’année dernière, plombé par une forte réduction des stocks. Les premières données du premier trimestre ont montré une certaine stabilisation, avec une hausse du PIB de 0,1 % en janvier et une progression prévue de 0,2 % en février. On peut difficilement parler d’une reprise vigoureuse.

Détérioration du marché du travail

L’état du marché du travail confirme cette stagnation. Le Canada a perdu 83 900 emplois en février, suivis d’un maigre gain de 14 100 postes en mars. Le taux de chômage est resté figé à 6,7 %, un signe que la croissance démographique stagne et que les intentions d’embauche sont au point mort dans les secteurs liés au commerce. Derrière ces statistiques, c’est l’emploi à temps plein qui écope le plus, tandis que la croissance des salaires ne suffit plus à compenser le coût de la vie pour bien des ménages canadiens.

Cette contraction de l’économie combinée à la flambée des prix de l’énergie place la Banque dans un dilemme de stagflation classique.

La sous-gouverneure Sharon Kozicki l’a bien résumé en mars :

Mais les chocs d’offre peuvent pousser l’économie et l’inflation dans des directions opposées : ils peuvent affaiblir l’économie et faire monter l’inflation au-dessus de la cible. Les banques centrales doivent donc faire des choix difficiles, car un resserrement de la politique monétaire pour contenir l’inflation tend à affaiblir davantage l’économie.

La BDC va-t-elle baisser, hausser ou maintenir son taux d’ici la fin de 2026?

Le chemin à parcourir est loin d’être tracé, comme l’indiquent nos dernières prévisions sur les taux hypothécaires. Les marchés reflètent cette même incertitude. Les courtiers obligataires, qui étaient presque unanimes à prévoir de nouvelles baisses en début d’année, affichent maintenant une vision plus équilibrée. Les données sur les swaps de taux d’intérêt montrent que les marchés accordent une probabilité de 15 % à une hausse de 25 points de base d’ici octobre 2026, le reste des probabilités étant partagé entre d’autres statu quo et un retour aux baisses de taux vers la fin de 2026.

Trois scénarios définissent maintenant les perspectives. Une baisse devient probable si le conflit au Moyen-Orient s’apaise, si les prix du pétrole redescendent sous les 80 $ US le baril et si l’inflation fondamentale continue de frôler les 2 %. Dans ce cas, la Banque pourrait reprendre l’assouplissement dès la réunion de septembre pour soutenir le marché du travail et la croissance du PIB. Une hausse ne deviendrait le scénario de base que si les prix de l’énergie restent au-dessus de 100 $ et se propagent aux coûts des aliments, du transport et du logement, forçant la Banque à défendre son mandat de contrôle de l’inflation, même au prix de nouvelles souffrances économiques. Enfin, un maintien prolongé demeure l’issue la plus probable à court terme, donnant au Conseil de direction le temps d’évaluer si le choc pétrolier est transitoire ou structurel avant de s’engager dans sa prochaine manœuvre.

Pour les emprunteurs hypothécaires, la conclusion concrète est que choisir un taux fixe aujourd’hui offre une protection contre une éventuelle hausse, tandis qu’un taux variable permet de conserver une option intéressante si une baisse se concrétise plus tard cette année.

Rendements obligataires, dollar canadien et votre hypothèque

Les conditions financières mondiales se sont resserrées brusquement en réaction au conflit au Moyen-Orient. Les rendements obligataires ont grimpé, les marchés boursiers ont reculé et les écarts de crédit se sont creusés, les investisseurs cherchant refuge tout en anticipant un risque d’inflation plus élevé. Le rendement des obligations de 5 ans du gouvernement du Canada a bondi de 0,50 % depuis le début du conflit, exerçant une pression directe à la hausse sur les taux hypothécaires fixes.

Les prêteurs ont réagi en ajustant leurs offres. Les taux fixes de 5 ans ont migré vers une fourchette de 4 % (bas à moyen), effaçant une partie du répit dont les emprunteurs avaient bénéficié au cours des derniers mois. Ce mouvement s’est produit indépendamment du taux directeur de la Banque du Canada, illustrant une dynamique que bien des gens comprennent mal : la Banque contrôle les coûts d’emprunt variables via le taux préférentiel, mais c’est le marché obligataire qui dicte le prix des hypothèques à taux fixe.

Le dollar canadien a mieux résisté que ne le prévoyaient plusieurs analystes. Se négociant juste au-dessus de 73 cents par rapport au dollar américain, le « huard » a été soutenu par de forts investissements directs étrangers et des entrées de fonds de pension au pays. L’imprévisibilité de la politique commerciale américaine et la révision prochaine de l’ACEUM demeurent les principaux risques externes, mais aucun n’a déstabilisé la devise de manière significative pour l’instant.

L’impact du statu quo d’avril sur les taux variables, ajustables et fixes

Le maintien du taux directeur aujourd’hui laisse les versements hypothécaires variables et ajustables totalement inchangés. Les détenteurs d’hypothèques à taux variable (VRM) conservent le même paiement mensuel avec la répartition actuelle entre le capital et l’intérêt, tandis que les détenteurs de taux ajustables (ARM) gardent le versement réduit obtenu après la dernière ronde de baisses. En revanche, les taux fixes ont déjà grimpé, sans attendre la décision d’aujourd’hui. La hausse de 0,50 % du rendement des obligations de 5 ans s’est traduite par une pression à la hausse de 30 à 40 points de base sur les offres de taux fixes de 5 ans. Les emprunteurs à la recherche d’un taux fixe devraient considérer les taux actuels comme un plafond qui pourrait encore monter si le pétrole reste cher, et non comme un plancher qui redescendra sous peu.

Ce qui se passe dans l’immobilier

Le marché immobilier canadien a entamé la saison printanière avec beaucoup moins de vigueur que prévu. Le prix de référence national est tombé à 661 100 $, revenant à des niveaux observés au printemps 2021. Les reventes sont demeurées sous pression, avec une baisse de 3,9 % des nouvelles inscriptions en février. Le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions s’est resserré, signalant un marché plus calme alors que les acheteurs restent prudents avant la période cruciale de la vente printanière.

Plusieurs facteurs influencent la demande. La confiance des consommateurs a chuté à son plus bas niveau en 11 mois à mesure que la guerre s’étire et que les prix de l’essence s’envolent. Une majorité de ménages craignent que le conflit affaiblisse l’économie et fasse grimper les prix, ce qui en pousse plusieurs à retarder leurs achats importants. Les vendeurs motivés sont devenus plus ouverts à la négociation et, avec une concurrence réduite, les acheteurs prêts financièrement disposent d’un réel pouvoir.

Est-ce un marché d’acheteurs?

Pour les acheteurs bien préparés, la combinaison actuelle de prix stables, de faible concurrence et d’une meilleure accessibilité crée l’une des fenêtres d’achat les plus favorables des deux dernières années. Le prix de référence est revenu au niveau de 2021, les vendeurs sont prêts à négocier et la confiance des consommateurs est assez basse pour garder les acheteurs hésitants à l’écart. Ce genre d’opportunité se referme souvent rapidement dès que le sentiment change, que ce soit par une résolution du conflit, un retour aux baisses de taux de la BDC ou une stabilisation du marché de l’emploi. Les acheteurs qui ont leur préapprobation en main aujourd’hui ont un levier que les acheteurs d’un marché en pleine reprise n’auront pas.

Meilleurs taux hypothécaires

4,30% 3 ans fixe
4,04% 5 ans fixe
3,60% 3 ans variable
3,40% 5 ans variable

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Comment l’abordabilité a évolué à travers le Canada

Comment les changements de taux de la Banque du Canada ont influencé les prix des propriétés, la qualification hypothécaire et les coûts d’intérêt

L’abordabilité du logement au Canada évolue selon trois leviers étroitement liés : les prix des propriétés, les seuils de qualification hypothécaire et le coût courant du service de la dette hypothécaire. En utilisant les prix de référence composites et les hypothèses de tarification assurable de nesto, les tableaux ci-dessous illustrent l’évolution de l’abordabilité partout au pays depuis l’an dernier. Chaque comparaison met en parallèle les données de avril 2026 avec celles de avril 2025, offrant une lecture cohérente de l’effet de la politique monétaire sur les bilans des ménages au fil du temps.

Abordabilité du logement : variation annuelle des prix des propriétés

Le premier facteur, qui est aussi le plus visible, demeure le prix des propriétés. Même si les indices nationaux laissent parfois croire à une stabilisation des prix, les variations d’une province à l’autre peuvent être importantes, modifiant le capital initial requis pour accéder à la propriété. Dans certaines provinces, les prix de référence ont reculé d’une année à l’autre, ce qui a mécaniquement amélioré l’abordabilité. Ailleurs, les prix sont demeurés élevés ou ont continué d’augmenter, renforçant les obstacles à l’achat. Cela dit, les ajustements de prix à eux seuls n’ont pas suffi à améliorer l’abordabilité, surtout là où les coûts de financement demeuraient contraignants.

Prix des maisons
avril 2026
Prix des maisons
avril 2025
Écart annuel en dollars
Canada664 400 $696 900 $32 500 $
Colombie-Britannique889 100 $944 300 $55 200 $
Alberta509 200 $527 600 $18 400 $
Saskatchewan374 100 $351 200 $-22 900 $
Manitoba389 800 $378 400 $-11 400 $
Ontario749 200 $801 500 $52 300 $
Québec549 400 $519 300 $-30 100 $
Nouveau-Brunswick329 400 $314 900 $-14 500 $
Nouvelle-Écosse437 200 $422 000 $-15 200 $
Île-du-Prince-Édouard377 000 $366 600 $-10 400 $
Terre-Neuve334 000 $305 600 $-28 400 $
Les prix de référence correspondent aux valeurs composites de l’ACI. Les comparaisons portent sur le même mois d’une année à l’autre. Les variations annuelles en dollars représentent des changements nominaux.

Abordabilité hypothécaire : revenu requis pour se qualifier pour la même propriété

Les prix des propriétés ne constituent qu’une partie de l’équation. L’abordabilité hypothécaire dépend aussi du revenu requis pour se qualifier, des taux d’intérêt en vigueur et des critères de souscription des prêteurs. Le tableau ci-dessous montre comment le revenu des ménages nécessaire pour être admissible à la même propriété de référence a évolué d’une année à l’autre, selon un cadre de qualification constant. Dans plusieurs provinces, le revenu requis n’a pas évolué au même rythme que les prix des propriétés, les coûts d’emprunt venant neutraliser les baisses de prix. Cette divergence explique pourquoi l’abordabilité peut sembler s’améliorer en théorie, alors que l’accès au crédit hypothécaire demeure limité en pratique.

Revenu requis pour l’admissibilité
avril 2026
Revenu requis pour l’admissibilité
avril 2025
Écart annuel en dollars
Canada125 139 $123 683 $-1 456 $
Colombie-Britannique150 234 $148 286 $-1 949 $
Alberta92 840 $91 724 $-1 116 $
Saskatchewan74 971 $74 151 $-820 $
Manitoba78 488 $77 634 $-854 $
Ontario145 713 $144 071 $-1 642 $
Québec99 926 $98 722 $-1 204 $
Nouveau-Brunswick68 492 $67 770 $-722 $
Nouvelle-Écosse90 125 $89 166 $-958 $
Île-du-Prince-Édouard78 042 $77 216 $-826 $
Terre-Neuve65 038 $64 306 $-732 $
Les revenus de qualification présentés s’appliquent à l’ensemble des achats de propriétés et des refinancements hypothécaires. Ils sont calculés à partir de paiements soumis au test de résistance, selon le taux admissible minimal (TAM), soit le plus élevé entre 5,25 % (taux de référence) ou le taux contractuel majoré de 2 %. Les revenus requis sont calculés en supposant une mise de fonds de 20 %, un ratio prêt-valeur de 80 %, la tarification assurable de nesto, un amortissement brut de la dette (ABD) de 39 % et une période d’amortissement de 25 ans. Les calculs excluent les primes d’assurance prêt hypothécaire et supposent des critères de souscription constants d’une période à l’autre. Les montants indiqués représentent des seuils de qualification, et non des recommandations en matière d’abordabilité.

Abordabilité de l’accession à la propriété : évolution des coûts d’intérêt

Les pressions sur l’abordabilité ne s’arrêtent pas à l’approbation du prêt. Les ménages doivent ensuite assumer le coût courant du service de la dette hypothécaire. La dernière comparaison isole la portion des intérêts des versements afin de montrer comment le coût de détention d’une propriété a évolué d’une année à l’autre. Dans la majorité des provinces, les coûts d’intérêt ont évolué en fonction des taux d’intérêt. Malgré certains ajustements, les coûts de financement demeurent nettement plus élevés qu’avant le cycle de resserrement, ce qui influence les options de renouvellement ou de refinancement et limite l’allègement des paiements à court terme pour plusieurs propriétaires.

Coûts d’intérêt
avril 2026
Coûts d’intérêt
avril 2025
Écart annuel en dollars
Canada101 225 $100 860 $-4 257 $
Colombie-Britannique135 460 $136 665 $-5 558 $
Alberta77 580 $76 358 $-3 604 $
Saskatchewan56 996 $50 828 $-3 652 $
Manitoba59 388 $54 764 $-3 756 $
Ontario114 145 $115 998 $-4 625 $
Québec83 704 $75 156 $-3 379 $
Nouveau-Brunswick50 186 $45 574 $-1 753 $
Nouvelle-Écosse66 610 $61 075 $-4 482 $
Île-du-Prince-Édouard57 438 $53 057 $-3 316 $
Terre-Neuve50 887 $44 228 $-2 777 $
Les coûts d’intérêt représentent la portion annualisée des intérêts des versements hypothécaires pour un ratio prêt-valeur de 80 %, selon un prêt assurable basé sur les prix de référence composites. Les calculs excluent le remboursement du capital, les taxes foncières, les services publics, les assurances et l’entretien. Les données illustrent la pression liée au financement, et non le coût total de la propriété.

Pourquoi ces mesures d’abordabilité sont importantes pour la politique monétaire

Pris ensemble, ces trois indicateurs expliquent pourquoi l’abordabilité a évolué de façon inégale au cours des 12 derniers mois. Les prix des propriétés ont fluctué différemment selon les régions, la qualification hypothécaire est demeurée très sensible aux taux d’intérêt et les coûts de détention sont restés élevés dans une grande partie du pays. Ces dynamiques confirment que la politique monétaire influence l’abordabilité principalement par les conditions de financement, plutôt que par une simple correction des prix. Elles appuient également une approche prudente et fondée sur les données dans l’orientation de la politique monétaire au fil du temps.


*À des fins illustratives seulement. Comparaisons effectuées à partir du taux fixe assurable le plus bas sur 5 ans de nesto, avec une mise de fonds de 20 % et une période d’amortissement de 25 ans, en utilisant les prix composites moyens au Canada publiés par l’ACI. D’autres modalités s’appliquent. Les taux peuvent changer sans préavis.

Taux fixe ou variable : quelle stratégie adopter?

Pour les emprunteurs qui évaluent leurs options après l’annonce d’aujourd’hui, le choix entre un taux fixe et un taux variable est plus complexe que jamais. Voici l’état actuel du marché :

Le taux préférentiel demeure à 4,45 %, ce qui maintient les rabais sur les produits à taux ajustable (ARM) et variable (VRM). Les meilleures options de taux variables sur le marché se situent autour de 3,40 %, soit environ 60 points de base de moins que les taux fixes les plus bas. Cet écart s’est considérablement rétréci par rapport au début du cycle d’assouplissement, lorsque le taux variable offrait un avantage de coût plus marqué.

Choisir un taux fixe aujourd’hui offre une protection contre d’éventuelles hausses des rendements obligataires causées par la crise énergétique. Si le prix du brut reste élevé et que la Banque est forcée d’adopter une position plus stricte plus tard en 2026, les détenteurs de taux fixes seront pleinement protégés. À l’inverse, si le choc énergétique s’avère passager et que la Banque reprend ses baisses de taux pour soutenir l’économie, les détenteurs de taux variables et ajustables profiteront d’un répit immédiat.

L’approche hybride, qui consiste à diviser le solde de l’hypothèque entre un taux fixe et un taux flottant, offre une voie intermédiaire pour les ménages qui souhaitent profiter d’une éventuelle baisse des taux sans s’exposer entièrement au risque d’inflation lié à l’énergie.

Stratégie hypothécaire selon votre profil

Pour les acheteurs : Le contexte actuel favorise la négociation dans la plupart des villes. La concurrence réduite, la stabilisation des prix et une meilleure accessibilité par rapport aux sommets de 2023 créent une fenêtre d’opportunité qui, historiquement, se referme vite dès que le vent tourne. Obtenir une préapprobation permet de garantir votre taux pendant vos recherches, vous mettant à l’abri des soubresauts du marché obligataire.

Pour les renouvellements : Si votre terme vient à échéance en 2026, n’attendez pas la dernière minute. La vague de renouvellements est massive cette année, avec plus d’un million d’hypothèques arrivant à terme. Les prêteurs se livrent une concurrence féroce pour conserver leurs clients, ce qui donne un levier de négociation aux emprunteurs bien préparés. Utiliser un calculateur de versement hypothécaire pour évaluer l’impact de chaque scénario est une première étape essentielle.

Pour les refinancements : Le portrait est plus nuancé. Bien que le taux préférentiel soit stable et que les refinancements sont accessibles, les options à taux fixe ont grimpé avec les rendements obligataires. Consolider des dettes par un refinancement demeure pertinent pour les ménages ayant des dettes de consommation à taux élevé, mais le choix du moment et du taux exige une analyse rigoureuse.

Devrais-je choisir un taux fixe après cette pause d’avril?

Pour la plupart des emprunteurs, opter pour un taux fixe est une décision stratégique logique si la priorité est la stabilité budgétaire. La hausse de 0,50 % des rendements obligataires a déjà fait grimper les offres de taux fixes, et le marché anticipe d’autres risques à la hausse si le pétrole reste cher durant l’été. Les taux fixes de 5 ans les plus bas demeurent raisonnables (autour de 4 %), mais la tendance s’est clairement inversée. Les emprunteurs qui privilégient le coût le plus bas sur toute la durée du prêt et qui ont la souplesse financière nécessaire pour absorber d’éventuelles variations pourraient encore trouver leur compte avec un taux variable ou ajustable. Au final, tout est question de tolérance au risque : le taux fixe offre la paix d’esprit contre une hausse liée à l’énergie, tandis que le taux variable permet de profiter d’un éventuel retour aux baisses de taux.

Pourquoi un taux stable ne signifie pas des coûts stables

Le maintien du taux de la Banque du Canada à 2,25 % n’offre qu’une stabilité de façade. Le Conseil de direction a choisi d’attendre pour déterminer si le choc pétrolier est temporaire ou structurel. Pour les emprunteurs canadiens, le résultat est mitigé : les versements variables et ajustables sont ancrés à un taux préférentiel qui n’a pas bougé, tandis que les taux fixes sont portés par un marché obligataire qui a déjà grimpé de 0,50 % depuis le début du conflit. Un taux directeur inchangé ne signifie pas un marché hypothécaire figé.

La prochaine décision de la Banque est prévue pour le 10 juin. D’ici là, le rapport sur la politique monétaire d’avril fournira des projections actualisées sur l’inflation, le PIB et l’emploi. Vous pouvez suivre le calendrier complet des annonces de la Banque du Canada sur le site de nesto, mis à jour après chaque intervention.

Que vous achetiez une maison, que vous approchiez de votre renouvellement ou que vous envisagiez un refinancement, comprendre l’évolution des taux hypothécaires canadiens est essentiel pour protéger votre budget. Communiquez avec les experts hypothécaires de nesto dès aujourd’hui pour établir une stratégie personnalisée et adaptée à la situation actuelle.

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À propos des contributeurs

Rédigé par

Samson Solomon

Expert en contenu hypothécaire

Samson est expert en contenu hypothécaire chez nesto, fort de plus de 25 ans d’expérience dans les services bancaires aux…

Révisé par

Chase Belair