Qu’est-ce qu’une reprise d’hypothèque par le vendeur?
Une reprise d’hypothèque par le vendeur est une entente par laquelle le vendeur d’un immeuble finance lui-même une partie du prix d’achat. Au Québec, l’opération porte un nom précis dans l’acte notarié : le solde de prix de vente. L’acheteur devient propriétaire à la signature, et le vendeur conserve une hypothèque conventionnelle publiée au registre foncier jusqu’au remboursement complet.
On présente souvent cette formule comme une solution ingénieuse pour l’acheteur à qui il manque quelques dizaines de milliers de dollars. Elle l’est parfois. Le plus souvent, le projet bloque à l’une de quatre étapes. Les règles des assureurs de prêts, le consentement du premier créancier, les recours prévus au Code civil, puis la facture fiscale du vendeur. Ce guide passe les quatre en revue, puis aborde la clause résolutoire, un recours propre au Québec que peu d’acheteurs connaissent.
Les grandes lignes
- Le solde de prix de vente est une hypothèque privée consentie par le vendeur, donc hors du circuit des prêteurs réglementés et presque toujours plus chère qu’un prêt bancaire.
- Le solde de prix de vente ne peut pas servir de mise de fonds sur un prêt assuré. La SCHL, Sagen et Canada Guaranty exigent toutes que la mise de fonds vienne des ressources de l’acheteur ou d’un don admissible.
- La plupart des actes hypothécaires limitent ce qui peut être publié après eux, alors le consentement écrit du premier créancier détermine si l’opération est même possible.
- La clause résolutoire permet au vendeur impayé de faire annuler la vente, mais seulement si l’acte le prévoit expressément et dans les 5 ans suivant la vente.
- Le vendeur d’un immeuble locatif ou d’un chalet peut étaler le gain en capital sur un maximum de 5 années d’imposition grâce à la provision pour gains en capital.
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Comment fonctionne une reprise d’hypothèque par le vendeur
L’opération repose sur deux ententes signées le même jour. La première est la promesse d’achat devenue acte de vente. La seconde est le financement lui-même, constaté dans l’acte et garanti par une hypothèque conventionnelle en faveur du vendeur. Comme la vente est notariée, c’est le même notaire qui rédige les deux et qui publie l’hypothèque au registre foncier.
Cette particularité change la dynamique. Ailleurs au Canada, l’acheteur et le vendeur arrivent chacun avec leur avocat. Au Québec, un officier public neutre rédige les deux volets de la transaction, ce qui réduit le risque de clauses mal ficelées. Cela ne remplace pas un avis juridique indépendant sur le fond de l’entente.
Le montant financé varie. Le plus souvent, le solde de prix de vente comble l’écart entre le maximum que le prêteur accepte d’avancer et le prix convenu. C’est pourquoi on le voit surtout quand l’évaluation arrive sous le prix de vente. Il peut aussi couvrir une partie des frais, ou le prix entier dans une transaction familiale.
Les termes sont courts, généralement de 1 à 3 ans, et souvent payables en intérêts seulement. Le solde dû à l’échéance est alors identique au solde au départ. Le taux se négocie et ne se compare pas aux taux hypothécaires affichés : il ressemble davantage à ceux d’une hypothèque privée, parce que le vendeur prend rang après le créancier institutionnel.
Vérifiez aussi le mode de calcul des intérêts. Certaines ententes appliquent un intérêt simple sur le solde. D’autres capitalisent les intérêts impayés, si bien que l’acheteur doit plus à l’échéance qu’il n’a emprunté. La périodicité de capitalisation doit être écrite noir sur blanc, avec la distinction entre capital et intérêts.
Le rang de l’hypothèque du vendeur
Au registre foncier, l’ordre de publication fait la loi. L’hypothèque du prêteur institutionnel est publiée en premier, celle du vendeur en second rang. En cas de vente forcée, le produit paie d’abord les taxes et les frais, puis la première hypothèque en entier, et seulement ensuite celle du vendeur. Tout manque à gagner reste au créancier de second rang, soit le vendeur.
Pour le vendeur, le chiffre le plus important de toute la négociation est donc le montant de la dette qui le précède. Reste à savoir s’il y a de la place : une hypothèque subsidiaire est souvent publiée pour un montant supérieur à la somme réellement avancée, ce qui ne laisse aucune marge derrière elle. Sur le plan du risque, un solde de prix de vente équivaut à une deuxième hypothèque.
Les quatre questions qui déterminent si l’opération est possible
Prenez-les dans l’ordre. Si la première échoue, les autres ne se posent plus.
Le prêt principal peut-il rester assuré?
C’est ici que la majorité des projets s’arrêtent. Sous 20 % de mise de fonds, le prêt principal doit être assuré par la SCHL, Sagen ou Canada Guaranty, et les règles de l’assureur gouvernent le dossier. Les critères d’admissibilité de la SCHL prévoient qu’une source de mise de fonds non traditionnelle doit être sans lien de dépendance et sans rapport, direct ou indirect, avec l’achat et la vente de l’immeuble. Un financement consenti par le vendeur est lié à la vente par définition.
Sur un dossier assuré, la question est donc réglée. La mise de fonds doit provenir des ressources de l’acheteur ou d’un don admissible, et le solde de prix de vente n’en finance aucune partie. Canadian Mortgage Trends arrive à la même conclusion et nomme les 3 assureurs plutôt que la SCHL seule. Un cas y est rapporté : une courtière immobilière dont le client voulait proposer un solde de prix de vente. Le prêt principal était à ratio élevé et assuré, ce qui écartait l’option dès le départ. Les exemples de sources non traditionnelles que donne la SCHL sont un prêt personnel non garanti et une marge de crédit non garantie. Ils sont permis sur les propriétés de 1 ou 2 logements dont le rapport prêt-valeur se situe entre 90,01 et 95 %, pour un emprunteur ayant de solides antécédents de crédit. Une charge publiée contre l’immeuble acheté n’apparaît pas sur cette liste.
Sur un dossier non assuré, tout revient à la politique du premier prêteur. La plupart des institutions sous réglementation fédérale refusent une mise de fonds empruntée sur l’immeuble acheté. Elles acceptent rarement un financement secondaire, sauf si le profil de l’emprunteur est solide et que le ratio prêt-valeur combiné reste dans leurs limites. Les prêteurs alternatifs et privés sont plus ouverts, généralement lorsque le ratio combiné demeure sous 80 %.
L’opération se place donc plus facilement derrière un prêt non assuré, quand l’acheteur a déjà 20 % de fonds propres dans la transaction. Elle se place très mal quand l’acheteur n’atteint pas le montant minimal de mise de fonds. Une nuance à valider : certains prêteurs assurent à leurs frais des dossiers à 20 % de mise de fonds, et ces dossiers suivent les mêmes règles. Confirmez le traitement de la prime d’assurance sur votre dossier plutôt que de présumer qu’un prêt conventionnel laisse la voie libre.
Une précision s’impose, parce que l’affirmation contraire circule. Les programmes multilogements de la SCHL, pour les immeubles de 5 logements et plus, autorisent bel et bien des hypothèques de second rang à titre de mesure provisoire. Il s’agit d’un programme d’assurance commercial distinct, avec ses propres règles. Cela ne dit rien de l’assurance prêt hypothécaire pour propriétaires-occupants sur une maison ou un condo. Si vous envisagez d’emprunter pour votre mise de fonds, c’est le second cadre qui s’applique.
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Le premier créancier va-t-il consentir?
Les actes hypothécaires standards encadrent ce qui peut être publié après eux. Certains l’interdisent. La plupart exigent un consentement écrit, et les prêteurs refusent régulièrement, ou acceptent à condition que l’hypothèque du vendeur leur cède rang. Ce consentement se règle avant que la promesse d’achat devienne ferme, pas après.
La divulgation va de pair. Le montant, le taux et les modalités de remboursement du solde de prix de vente sont communiqués par écrit au premier créancier, et à l’assureur lorsque le prêt principal est assuré. La même publication qualifie de fraude hypothécaire le fait de dissimuler l’existence d’un solde de prix de vente au premier créancier.
Deux pièges guettent le vendeur. S’il a encore une hypothèque sur l’immeuble, celle-ci est radiée à la signature : sa capacité à financer l’acheteur dépend donc de l’équité qui reste après ce remboursement. La plupart des actes contiennent aussi des engagements qui limitent les modifications à l’immeuble. Un acheteur qui entreprend des travaux structuraux peut donc placer les deux prêts en défaut technique sans s’en rendre compte.
Que se passe-t-il si l’acheteur cesse de payer?
Au Québec, le créancier ne vend pas de sa propre initiative. Il doit d’abord publier un préavis d’exercice d’un droit hypothécaire au registre foncier. L’acheteur dispose ensuite de 60 jours pour remédier au défaut sur un immeuble, selon les articles 2757 et 2758 du Code civil du Québec.
Le créancier choisit ensuite parmi quatre droits hypothécaires. Ce sont la prise de possession à des fins d’administration, la prise en paiement, la vente par le créancier et la vente sous contrôle de justice, aux articles 2773, 2778, 2784 et 2791. La prise en paiement transfère la propriété au créancier plutôt que de forcer une vente, et elle éteint la créance.
Le vendeur en second rang reçoit le préavis, mais il n’a qu’un seul véritable moyen de protéger sa position : rembourser la première hypothèque en entier. Peu de vendeurs ont cette somme disponible. C’est la raison pour laquelle une entente qui tourne mal se termine plus souvent par une perte totale que par une saisie hypothécaire que le vendeur maîtrise.
Ailleurs au Canada, les mécanismes portent d’autres noms. L’Ontario, l’Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador fonctionnent par vente sous pouvoir de vente, sans passage devant le tribunal. Les autres provinces passent par une vente judiciaire, comme le Québec. Si votre transaction se fait hors Québec, c’est le droit de la province de l’immeuble qui s’applique, pas le Code civil.
Comment le vendeur sera-t-il imposé?
Deux traitements fiscaux avancent en parallèle, et les confondre est l’erreur la plus fréquente. Les intérêts que le vendeur touche sont un revenu d’intérêts, imposable à son taux marginal complet dans l’année de leur réception. Aucun traitement de gain en capital ne s’y applique. Le gain sur l’immeuble est une autre affaire.
S’il s’agissait de la résidence principale du vendeur, l’exemption pour résidence principale élimine généralement le gain et toute la mécanique de report devient sans objet. Pour un immeuble locatif, un chalet ou un placement, le portrait de l’impôt sur les gains en capital change, parce que le produit de vente rentre sur plus d’une année. La provision pour gains en capital de l’Agence du revenu du Canada permet d’en reporter une partie. Elle dure au maximum 4 ans, ce qui oblige à déclarer le gain complet sur 5 années d’imposition, avec au moins 20 % constaté chaque année à partir de l’année de la vente.
Le report est donc réel, mais plus étroit que ce qu’on entend souvent. Un solde de prix de vente sur 5 ans et un autre sur 15 ans donnent droit aux mêmes 5 années. Une provision plus longue, jusqu’à 10 ans, existe uniquement pour les biens agricoles ou de pêche admissibles et les actions de petite entreprise transférées à un enfant ou à un petit-enfant. Elle ne touche donc à peu près jamais un immeuble résidentiel. Faites valider les chiffres par un comptable avant d’intégrer l’avantage fiscal à une offre.
La clause résolutoire, le recours propre au Québec
Le droit québécois offre au vendeur impayé un second recours qui n’a pas d’équivalent direct dans les provinces de common law. L’acte de vente peut contenir une clause résolutoire, qui permet au vendeur de demander l’annulation de la vente elle-même si l’acheteur ne paie pas le solde de prix de vente. Le vendeur ne reprend pas un droit de créance : il reprend l’immeuble.
Deux limites comptent. Selon l’article 1742 du Code civil du Québec, le recours n’existe que si l’acte le stipule expressément, et le vendeur doit l’exercer dans un délai de 5 ans à compter de la vente. Ce délai est de déchéance : il ne s’interrompt pas et ne se suspend pas.
L’article 1743 encadre la marche à suivre. Le vendeur doit d’abord sommer l’acheteur, et tout acquéreur subséquent, de remédier au défaut dans les 60 jours suivant l’inscription de la sommation au registre foncier. Les règles de la prise en paiement s’appliquent alors, avec les adaptations nécessaires. Le vendeur qui reprend l’immeuble le reprend libre de toute charge publiée par l’acheteur après la publication des droits du vendeur.
Ce dernier point explique un réflexe des prêteurs institutionnels : avant d’avancer les fonds, le premier créancier exige presque toujours que le titulaire de la clause résolutoire lui cède rang. Sans cette cession, une hypothèque de premier rang pourrait s’évaporer si la vente était annulée. Réglez la question du rang avec le notaire avant la signature de l’acte. C’est infiniment moins cher que de la régler après.
Ce que coûte un solde de prix de vente à l’acheteur
Voici ce que cela donne sur une transaction concrète. Prenons un achat de 700 000 $ où l’acheteur dispose de 140 000 $ de fonds propres, soit 20 % du prix. Un prêt principal non assuré couvre 490 000 $, soit 70 % du prix, et le vendeur finance les 70 000 $ restants sur 3 ans, en intérêts seulement.
À un taux illustratif de 4,5 % sur un amortissement de 25 ans, le versement du prêt principal tourne autour de 2 712 $ par mois. À un taux illustratif de 9 % en intérêts seulement, le solde de prix de vente ajoute environ 525 $ par mois. Le coût de portage frôle 3 237 $, et les 70 000 $ sont encore dus à la fin de la troisième année. Faites vos propres calculs avec la calculatrice de versements hypothécaires avant de vous engager dans une structure comme celle-là.
Les acheteurs sous-estiment presque toujours ce solde à l’échéance. À la fin de la troisième année, il faut l’éteindre d’une façon ou d’une autre : refinancer les deux soldes en un seul prêt, payer le vendeur avec ses épargnes, ou vendre. Si les valeurs stagnent et que l’amortissement a peu entamé le prêt principal, le refinancement peut ne pas dégager assez de marge. Le versement du solde de prix de vente compte aussi dans les ratios d’endettement, donc il réduit ce que l’acheteur pourra obtenir au renouvellement. Le test de stress s’applique au taux de qualification du nouveau financement, pas à celui de l’ancienne entente.
Prévoyez aussi les frais professionnels. L’hypothèque du vendeur se publie séparément, donc il y a plus d’actes à préparer et souvent des honoraires notariés plus élevés, en plus des frais de clôture habituels.
Ce que la Loi sur l’intérêt limite
Deux règles fédérales protègent l’acheteur sur une entente rédigée entre particuliers, et elles surprennent bien des vendeurs. Selon l’article 4 de la Loi sur l’intérêt, lorsque le taux est exprimé pour une période de moins d’un an sans son équivalent annuel, seul un taux de 5 % par année est recouvrable. Selon l’article 8, aucune amende, pénalité ni taux d’intérêt sur les arrérages d’une hypothèque résidentielle ne peut dépasser le taux exigé sur le capital non en souffrance. Une pénalité de défaut inscrite dans l’entente n’est donc pas exécutoire. Un vendeur qui rédige son propre contrat peut perdre l’essentiel du rendement qu’il croyait obtenir.
Quand l’opération a du sens et quand elle n’en a pas
Les cas où elle fonctionne
- Un immeuble de placement ou commercial, où l’assurance de prêt n’entre pas en jeu et où les deux parties sont à l’aise de négocier des conditions.
- Un transfert familial conclu à la valeur marchande, quand le vendeur n’a pas besoin du produit de la vente à court terme.
- Un immeuble atypique, en zone rurale, à usage mixte ou au zonage particulier, que les prêteurs conventionnels escomptent ou refusent.
- Un vendeur qui souhaite étaler un gain imposable sur quelques années et qui peut assumer le risque de le faire.
Les cas à éviter
- Un achat assuré, où l’acheteur n’atteint pas la mise de fonds minimale et où l’assureur refusera le financement du vendeur.
- Un acheteur sans plan crédible pour éteindre le solde à l’échéance.
- Un vendeur qui a besoin de la totalité du produit pour réaliser son propre achat.
- Toute transaction où le premier créancier n’a pas consenti par écrit.
Quand un prêteur dit non et que le solde de prix de vente se met à ressembler à un contournement, la vraie question est de savoir pourquoi il a dit non. La documentation de revenu, l’historique de crédit et l’immeuble lui-même sont 3 problèmes distincts, chacun avec sa solution, et un seul se règle par un financement du vendeur. Un expert hypothécaire autorisé de nesto peut normalement identifier lequel en une seule conversation.
Les solutions à chiffrer avant
Un prêt obtenu par le réseau de courtage est la première chose à écarter. Les prêteurs monogammes, les caisses et les institutions fédérales de plus petite taille n’ont pas le même appétit que les grandes banques, surtout pour un revenu de travail autonome ou un immeuble non standard. Faire circuler le dossier dans l’ensemble des types de prêteurs hypothécaires ne coûte rien, et cela règle le manque plus souvent que les parties ne le croient. nesto fait cette comparaison sur chaque demande.
Vient ensuite le prêt alternatif. Les taux se situent au-dessus du marché de première qualité, mais bien en dessous de la plupart des taux privés, et le prêt s’accompagne d’un véritable amortissement au lieu d’un solde à l’échéance. Pour un acheteur dont le seul obstacle est la documentation, c’est généralement un meilleur échange.
Une hypothèque privée se chiffre de façon comparable au solde de prix de vente. Elle offre 2 avantages : des documents standardisés et un prêteur privé qui s’attend à être refinancé à l’échéance et qui s’y prépare. Le vendeur, lui, est rarement outillé pour gérer un défaut. Ce segment n’est pas sans risque pour autant. Dans son rapport sur le secteur des prêts hypothécaires résidentiels du printemps 2026, la SCHL note un point qui donne à réfléchir. Les sociétés de placement hypothécaire affichaient le taux d’arriérés de 90 jours et plus le plus élevé de tous les types de prêteurs, à 1,96 % au troisième trimestre de 2025.
Deux autres avenues méritent un coup d’œil. La location avec option d’achat reporte l’achat au lieu de le financer, ce qui convient à l’acheteur qui manque de temps plutôt que d’argent. Un don de mise de fonds d’un proche parent est accepté comme source traditionnelle lorsqu’il n’est pas remboursable, ce qui garde le financement assuré accessible, contrairement au solde de prix de vente. Et acheter dans une gamme de prix inférieure reste sur la table : c’est habituellement l’option la moins chère de la liste.
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Foire aux questions (FAQ) sur la reprise d’hypothèque par le vendeur
Qu’est-ce qu’une reprise d’hypothèque par le vendeur?
Une reprise d’hypothèque par le vendeur est une entente par laquelle le vendeur finance lui-même une partie du prix d’achat plutôt que de l’encaisser à la signature. Au Québec, l’acte notarié parle d’un solde de prix de vente. L’acheteur devient propriétaire et rembourse le vendeur selon les modalités convenues, et le vendeur conserve une hypothèque conventionnelle publiée au registre foncier, généralement en second rang derrière le prêteur institutionnel. Cette position rend l’opération plus risquée et plus coûteuse qu’un prêt bancaire.
Un solde de prix de vente peut-il servir de mise de fonds?
Un solde de prix de vente ne peut pas servir de mise de fonds sur un achat dont le prêt principal est assuré. La SCHL, Sagen et Canada Guaranty exigent toutes que la mise de fonds provienne des ressources de l’acheteur ou d’un don admissible. La SCHL ajoute qu’une source non traditionnelle doit être sans lien de dépendance et sans rapport avec l’achat et la vente de l’immeuble. Le solde de prix de vente peut prendre rang derrière un prêt non assuré quand l’acheteur a déjà investi 20 % de ses propres fonds, mais la politique du premier prêteur tranche encore.
Qu’est-ce qu’une clause résolutoire et pourquoi est-elle importante?
Une clause résolutoire est une stipulation de l’acte de vente qui permet au vendeur impayé de demander l’annulation de la vente et de reprendre l’immeuble. Elle n’existe que si l’acte la prévoit expressément, et le vendeur doit l’exercer dans les 5 ans suivant la vente. Le vendeur doit d’abord sommer l’acheteur de remédier au défaut dans les 60 jours suivant l’inscription de la sommation au registre foncier. Comme celui qui reprend l’immeuble le reprend libre des charges publiées après ses droits, le premier créancier exige presque toujours une cession de rang.
La reprise d’hypothèque par le vendeur est-elle légale au Québec?
La reprise d’hypothèque par le vendeur est parfaitement légale au Québec et se pratique couramment, notamment sur les immeubles de placement et les transferts familiaux. Ce qui diffère du reste du Canada, c’est la mécanique juridique. La garantie est une hypothèque conventionnelle publiée par le notaire, les recours viennent du Code civil du Québec plutôt que d’une loi provinciale, et le vendeur peut se réserver une clause résolutoire. Les deux parties devraient obtenir un avis juridique indépendant, puisque l’entente se négocie au cas par cas.
Quel taux d’intérêt s’applique à un solde de prix de vente?
Le taux d’un solde de prix de vente se négocie entre l’acheteur et le vendeur, alors il n’existe aucun taux affiché à consulter. En pratique, il suit le marché des deuxièmes hypothèques privées plutôt que celui des banques, parce que le vendeur prend rang après le créancier institutionnel et assume le risque d’un manque à gagner. Le taux, le terme, le mode de versement et les modalités de remboursement anticipé se négocient tous et doivent être consignés dans l’acte.
Que se passe-t-il si l’acheteur cesse de payer?
Si l’acheteur cesse de payer, le vendeur doit publier un préavis d’exercice d’un droit hypothécaire au registre foncier, et l’acheteur dispose de 60 jours pour remédier au défaut sur un immeuble. Le vendeur choisit ensuite parmi la prise de possession à des fins d’administration, la prise en paiement, la vente par le créancier et la vente sous contrôle de justice. Comme il prend rang après le premier créancier, son seul moyen réel de maîtriser l’issue est de rembourser la première hypothèque en entier, ce que peu de vendeurs peuvent faire.
Faut-il le consentement du premier créancier?
Le consentement du premier créancier est presque toujours nécessaire. Les actes hypothécaires standards interdisent la publication d’une charge additionnelle ou exigent un consentement écrit, et plusieurs prêteurs refusent ou imposent une cession de rang en leur faveur. Le montant, le taux et les modalités du solde de prix de vente doivent aussi être divulgués par écrit. Lorsque le premier créancier a publié une hypothèque subsidiaire, il ne reste souvent aucune marge pour une publication additionnelle.
Comment un solde de prix de vente est-il imposé?
Un solde de prix de vente entraîne deux conséquences fiscales distinctes pour le vendeur. Les intérêts reçus constituent un revenu d’intérêts, pleinement imposable à son taux marginal dans l’année de leur réception. Le gain sur l’immeuble se traite séparément, et lorsqu’il est imposable, le vendeur peut demander une provision pour gains en capital afin d’en reporter une partie. La provision dure au maximum 4 ans, ce qui étale le gain sur 5 années d’imposition, avec au moins 20 % constaté chaque année. La vente d’une résidence principale est généralement exonérée.
En conclusion
Le solde de prix de vente est un outil de financement légitime, pas un raccourci. Il règle un problème précis : un acheteur qui a de véritables fonds propres et à qui il manque une portion du prix sur un immeuble qu’un prêteur ne financera pas en entier. Bien documenté, avec le consentement du premier créancier et une clause résolutoire correctement rédigée, il permet de conclure. Étirez la structure au-delà de ces conditions et elle déplace le risque vers la partie qui la comprend le moins.
Avant d’intégrer un financement du vendeur à une offre, faites régler la question du prêt principal, puisque c’est elle qui détermine si l’opération est même permise. Parlez aux experts hypothécaires autorisés de nesto pour savoir ce que vous pouvez obtenir aux conditions habituelles, puis décidez si le solde de prix de vente ajoute quelque chose qui vaut son coût.
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